Charles Wyplosz edit

Professeur d'économie, Institut de Hautes Etudes Internationales et du Développement (Genève) Site personnel de l'auteur Écrivez à Charles Wyplosz
  • 13 novembre 2018

    Lutte contre le réchauffement climatique: les leçons de Nordhaus

    Lutte contre le réchauffement climatique: les leçons de Nordhaus

    L’actualité se télescope. Une fronde contre les hausses du prix de l’essence se développe juste après que le Prix Nobel d’économie ait été attribué à William Nordhaus pour ses travaux sur le réchauffement climatique. Soit Nordhaus a tout faux, soit la fronde qui monte revient à refuser de lutter contre le réchauffement climatique.

  • 30 octobre 2018

    Italie: moins désastreux que ça en a l'air

    Italie: moins désastreux que ça en a l'air

    L’alliance de la carpe nationaliste et du lapin populiste a remporté les élections sur des promesses électorales clairement énoncées. Toute la question, depuis lors, était de savoir ce qu’ils allaient vraiment faire, et le budget allait fournir un test important de leurs intentions. Or ils ont choisi une voie médiane. Ils sortent des clous européens, mais pas beaucoup. Ils sont économiquement moins déraisonnables que l’on ne le craignait et plus subtils politiquement qu’ils en avaient l’air.

  • 27 septembre 2018

    Macron, les sondages et les réformes

    Macron, les sondages et les réformes

    Il ne faut pas croire ceux qui dénoncent la modestie des réformes. En un peu plus d’un an, la liste et l’ampleur des réformes adoptées sont fascinantes. Le pays y gagnera, mais les réformes de structure mettent du temps à produire leurs effets. Dans l’immédiat les perdants donnent de la voix et la cote de popularité de Macron ne cesse de chuter. Est-ce une fatalité?

  • 3 septembre 2018

    La punition économique des autocrates

    La punition économique des autocrates

    Maduro, Mugabe, les époux Kirchner et Erdogan (entre autres) ont en commun d’être des autocrates. Ils partagent aussi le privilège douteux d’avoir plongé leur pays dans le chaos économique. Ils rejoignent une longue lignée de dirigeants trop sûrs de leur génie pour prendre des conseils et laisser des personnes compétentes s’occuper des questions économiques. Les démocraties ne sont pas à l'abri de ces errances.

  • 15 juin 2018

    Et de gauche, et de droite, mais pas en même temps

    Et de gauche, et de droite, mais pas en même temps

    La note, confidentielle, mais publiée par Le Monde, de trois économistes qui ont été au cœur de la campagne présidentielle suscite un réel intérêt, et pour de bonnes raisons. Ils reprochent au président de faire une politique de droite et de prendre ainsi le risque de perdre l’électorat de gauche. Ce qu’ils craignent, ce sont des défaites électorales à venir. Leur rappel des mesures « sociales » du programme est utile. Mais l’esprit de la note est pour le moins surprenant.

  • 23 mai 2018

    Italie: le mauvais diagnostic

    Italie: le mauvais diagnostic

    Un éminent groupe d’économistes italiens avance une proposition audacieuse: que le Trésor émette de la dette qui serait utilisable par les contribuables pour payer leurs impôts deux ans plus tard. C’est une manière détournée de créer de la monnaie et une tentative de contourner le Pacte de Stabilité, en gros du bricolage aux limites des normes de fonctionnement de l’union monétaire. C’est aussi la mauvaise solution parce qu’elle est basée sur un diagnostic erroné.

  • 13 mai 2018

    Comment faire avancer l’Europe?

    Comment faire avancer l’Europe?

    S’il veut faire avancer l’Europe, Emmanuel Macron devra accepter que l’heure est plus aux ajustements tristement techniques, voire technocratiques, qu’aux avancées qui font rêver. Quatre problèmes doivent être traités.

  • 14 mars 2018

    Croissance et réforme

    Croissance et réforme

    L’Allemagne, le Portugal et la crise se sont réformés par temps de crise, le dos au mur en quelque sorte. Emmanuel Macron, lui, a engagé un considérable programme de réformes au début d’un cycle de croissance. Le moment choisi peut avoir un impact intéressant.

  • 22 janvier 2018

    Shutdown: peut-on mieux faire?

    Shutdown: peut-on mieux faire?

    Le 19 janvier à minuit, le gouvernement fédéral des États-Unis s’est retrouvé brutalement sans budget, forcé de « fermer » la boutique. Tout ne s’arrête pas, mais le Gouvernement doit se limiter au budget voté pour l'année. Il doit donc couper immédiatement une partie des dépenses. L’idée que le gouvernement du pays le plus puissant de la planète « ferme » est spectaculaire. En fait, c’est la conséquence d’un mécanisme bien archaïque.

  • 7 décembre 2017

    Angela Merkel ou le malheur des uns peut-il faire le bonheur des autres?

    Angela Merkel ou le malheur des uns peut-il faire le bonheur des autres?

    À en croire les commentaires quasi-unanimes, la toute puissante chancelière Merkel est entrée dans une phase déclinante et ce serait une très mauvaise nouvelle pour l’Europe. N’en déplaise aux uns et aux autres, s’il s’avère exact qu’Angela Merkel est définitivement affaiblie, il n’est pas évident que l’Europe en pâtisse...

  • 13 novembre 2017

    Le Fonds monétaire européen: une fausse bonne idée

    Le Fonds monétaire européen: une fausse bonne idée

    L’intérêt de créer un FME, en plus du FMI, est bien limité, voire nul. Certes, le Mécanisme européen de stabilité créé en 2012 souffre d’importantes imperfections. On pourrait le réformer ou mettre un terme à cette expérience une fois ses missions accomplies. Cette logique a peu de chance de prévaloir, cependant, car chaque pays a ses propres raisons de vouloir un FME.

  • 11 octobre 2017

    L’Europe selon Macron: Jacques Fayette revient sur les analyses de Charles Wyplosz qui lui répond

    L’Europe selon Macron: Jacques Fayette revient sur les analyses de Charles Wyplosz qui lui répond

    Charles Wyplosz a publié dans Telos deux analyses critiques des institutions européennes. Pour Jacques Fayette, ces critiques sont excessives et suggèrent la tentation du retour à un système purement intergouvernemental. Procès d’intention, répond Charles Wyplosz !

  • 28 septembre 2017

    Macron et l’Europe 2.0

    Macron et l’Europe 2.0

    Macron est pro-européen, nous le savions, mais il n'avait jusqu’ici fourni que peu de détails sur sa future politique. Véritable pas en avant, son discours de la Sorbonne contient nombre propositions bien pensées, dont certaines très originales.

  • 6 septembre 2017

    Macron et l’Europe

    Macron et l’Europe

    Le candidat Macron avait bien travaillé sa copie dans de nombreux domaines. Il avait analysé la question, s’était bien entouré et avait formulé des projets solides, n’hésitant pas à sortir des chemins battus. Sur l’Europe, en revanche, ses prises de position reflètent les poncifs hexagonaux, ignorés par la plupart de nos partenaires. Tout le défi est de définir des propositions maintenant.

  • 18 juillet 2017

    Le mur contre les réformes

    Le mur contre les réformes

    Ça y est, c’est parti! La petite musique lancinante a commencé. Les maires, les militaires, les syndicats, les magistrats, et tous les groupes de pression commencent à se plaindre du tout début des intentions de changement de Macron. Face à une pression qui va aller crescendo, le président va devoir affronter le grand défi que tout réformateur connaît un jour ou l’autre.

  • 7 juillet 2017

    Le programme économique du Premier ministre

    Le programme économique du Premier ministre

    Au début d’un quinquennat, on guette les petits signaux qui pourraient indiquer ce qui va se passer. Avec un programme économique qualitativement bien pensé, qui suggérait une remise en cause de la passivité économique de ses prédécesseurs, Macron a soulevé de très grands espoirs. Hélas! Le soufflé est retombé.

  • 4 juillet 2017

    Encore une fois, le déficit budgétaire sort des clous

    Encore une fois, le déficit budgétaire sort des clous

    La Cour des Comptes a remis en cause les prévisions de déficit budgétaire pour 2017. L’affaire est grave. Elle nuit à la réputation de la France, elle met le nouveau gouvernement sous pression dès le départ, et surtout elle révèle l’incapacité de l’État à gérer un budget qui représente plus de la moitié du PIB. Il faut le dire : nos institutions sont dysfonctionnelles. Sans changement, cela se reproduira.

  • 15 juin 2017

    Faillites et chômage: il est facile d’oublier les chiffres

    Faillites et chômage: il est facile d’oublier les chiffres

    On n’est pas près d’oublier les visites de Macron et Le Pen à Whirlpool à Amiens, ni les bonbonnes de gaz prêtes à exploser chez GM&S dans la Creuse, tout ça au cœur de la campagne électorale. Ces événements illustrent la volonté de certains syndicats à exploiter un moment de vulnérabilité politique et la tentation des politiques à jouer le jeu pour marquer des points ou par crainte d’apparaître détachés des soucis des Français.

  • 31 mai 2017

    Martine Aubry atterrit, mais s’écrase

    Martine Aubry atterrit, mais s’écrase

    Martine Aubry partage avec bien de ses collègues de droite et de gauche deux caractéristiques. Tout d’abord, elle fonde sa réflexion sur des convictions idéologiques: des croyances qui ne sont pas susceptibles d’être évaluées par une confrontation à la réalité. L’autre caractéristique est le fameux volontarisme politique, l’idée que l’on peut soumettre les (horribles) mécanismes économiques à des décisions politiques, grâce à un État stratège.

  • 10 mai 2017

    Les réformes économiques seront très difficiles

    Les réformes économiques seront très difficiles

    En fin de campagne, Macron a affirmé comprendre la colère des perdants du progrès technologique et de la mondialisation. Le progrès est inéluctable, bien heureusement. Il produit la destruction créatrice, une idée développée il y trois quarts de siècle par Joseph Schumpeter et popularisée en France par Philippe Aghion. Les réformes vont faire de nombreux perdants, ils le savent et sont déjà en colère. Ces perdants doivent être protégés. Comment? Les solutions sont diverses en fonction de chaque réforme.

  • 4 mai 2017

    Cafouillage sur l’euro

    Cafouillage sur l’euro

    Une monnaie, une banque centrale. Marine Le Pen propose deux monnaies, une banque centrale. Ça n’existe pas, ça n’a jamais existé, c’est impossible. Soit elle et ses conseillers ne comprennent pas ce qu’est la monnaie, soit ils le savent et essaient de tromper les électeurs. Peut-être même les deux en même temps.

  • 11 avril 2017

    Pourquoi ce rejet de l’Europe?

    Pourquoi ce rejet de l’Europe?

    Vilipender l’Europe fait recette ces jours-ci. Il y a toujours eu des souverainistes, c’est bien normal, mais ils constituaient une petite minorité ésotérique, essentiellement positionnée aux extrêmes de l’échiquier politique. Ce n’est plus le cas, et ce n’est même plus surprenant. L’explication habituelle est le syndrome de Barbe Bleue.

  • 27 mars 2017

    Irréformable, la France?

    Irréformable, la France?

    Le pari de Fillon est qu’il y a une soif de réformes en France. Celui de Macron est qu’il faut avancer prudemment. Au-delà de ces différences, la France semble sur le point de devenir réformable.

  • 1 mars 2017

    Hamon, Mélenchon et Le Pen sont dans un bateau - et ils naviguent dans l’irréel

    Hamon, Mélenchon et Le Pen sont dans un bateau - et ils naviguent dans l’irréel

    Le malaise économique de la France est bien réel. Ceux qui l’étudient depuis longtemps partagent très largement le diagnostic et les mesures qui s’imposent. On pourrait croire que cette masse de connaissances ne demandent qu’à être utilisées, adaptées en fonction des opinions politiques de chacun. Et bien, non.

  • 15 février 2017

    Le mirage du Plan Juncker

    Le mirage du Plan Juncker

    L’engouement français pour le Plan Juncker est bien dans les traditions nationales. On adore un miracle, la transformation de 60 milliards en 315 milliards. On plébiscite le secteur public comme roue de secours pour le secteur privé. On s’émerveille des grosses sommes annoncées. On ne se pose pas trop de questions sur la justification du plan. La réalité est beaucoup plus prosaïque, hélas.

  • 31 janvier 2017

    Vieilles lunes et autres fadaises économiques

    Vieilles lunes et autres fadaises économiques

    Durant les primaires du PS, pardon de la BAP, Benoît Hamon n’a cessé de contraster le caractère innovant de ses propositions avec les vieilles idées recyclées par Manuel Valls. Le plus stupéfiant est que Valls n’a jamais su renverser cette contre-vérité. Les propositions phares de Hamon, le revenu minimum et les 32 heures, sont de vieilles lunes et leurs justifications font partie du panthéon des erreurs de raisonnement. Le PS va se noyer dans le Loch Ness à force d’y repêcher le vieux monstre des fadaises économiques.

  • 9 janvier 2017

    Les deux gauches: deux candidats au banc d’essai

    Les deux gauches: deux candidats au banc d’essai

    Sur Telos et ailleurs, Gérard Grunberg développe le thème des deux gauches: celle qui entend gouverner et celle qui entend s’opposer au gouvernement. Ce prisme permet d’analyser la primaire. Au vu des programmes économiques des candidats, c’est la gauche d’opposition qui, seule, est en piste.

  • 5 janvier 2017

    Une réforme, une seule, mais la bonne

    Une réforme, une seule, mais la bonne

    Si la France n’a pas connu, depuis des décennies, une seule vraie réforme, c’est que personne n’a essayé d’en conduire une seule. Parce que les dirigeants politiques ont, au fond, une âme de bureaucrate, ils préfèrent proposer des catalogues.

  • 8 décembre 2016

    L’économie selon Fillon

    L’économie selon Fillon

    Il est de bonne guerre de la part de ses futurs adversaires de diaboliser François Fillon. Il n’est pas surprenant que les syndicats le considèrent comme un danger. Comme toujours, la réalité est plus compliquée. En matière d’économie, son programme est solide, ce qui est historiquement très rare. Est-il politiquement viable? C'est une autre histoire.

  • 23 novembre 2016

    Le discret aggiornamento de la Commission Européenne

    Le discret aggiornamento de la Commission Européenne

    La Commission Européenne vient de publier une communication sur la politique budgétaire. Elle contient le ronronnement habituel sur la nécessité de respecter les limites des déficits et quelques critiques vis-à-vis de ceux qui ne le font pas (dont la France). Mais, au détour d’un paragraphe, on y trouve un véritable aggiornamento, même un chemin de Canossa.

  • 8 septembre 2016

    En défense du référendum

    En défense du référendum

    Réagissant au vote britannique sur le Brexit, Elie Cohen, Gérard Grunberg et Bernard Manin ont publié sur Télos un article qui affirme que le référendum est un instrument défectueux. En tant qu’économiste, je suis incompétent pour traiter d’une question aussi riche, mais en tant que Français résident en Suisse depuis deux décennies et ayant aussi vécu aux États-Unis, je perçois qu’il y a quelque chose qui ne peut pas être exact dans leur conclusion.

  • 27 juin 2016

    Après le Brexit, le temps de la réflexion

    Après le Brexit, le temps de la réflexion

    Le verdict du référendum est une très mauvaise nouvelle pour la Grande-Bretagne et une menace potentiellement létale pour l’UE. Ce qui se passe après est aussi important que ce qui s’est passé avant.

  • 7 juin 2016

    La loi travail confrontée aux principes des réformes économiques

    La loi travail confrontée aux principes des réformes économiques

    Il y a quelque chose de pathétique dans la saga de la loi travail. Au départ, il y avait deux objectifs : un objectif politique, montrer que le gouvernement veut conduire des réformes jusqu’au bout du quinquennat, et un objectif économique, s’attaquer à une des principales causes du chômage de masse. Que restera-t-il de ces objectifs à l’arrivée?

  • 23 mai 2016

    Quelles sont les conditions minimales pour la survie de l’euro?

    Quelles sont les conditions minimales pour la survie de l’euro?

    La crise de la zone euro a montré que l’union monétaire ne peut se limiter au partage des politiques monétaires. On peut identifier quatre conditions minimales pour solidifier l’union monétaire. Dans le cas de la politique budgétaire, cela signifie une solution décentralisée. Dans le cas de la surveillance financière, comme dans celui de la politique monétaire, la centralisation est sans ambiguïté la réponse appropriée. Dans le cas d’une quatrième condition, la restructuration de la dette, deux approches sont possibles, mais la meilleure solution consiste à restructurer la dette au niveau central, tout en répartissant les coûts au niveau national.

  • 12 mai 2016

    La révolte mondiale des sans-grade

    La révolte mondiale des sans-grade

    Une colère grandissante fermente dans les pays démocratiques. Il est tentant d’expliquer chaque pays comme un cas particulier, mais ce n’est plus guère possible. Quelque chose de grave est en train de se passer.

  • 23 mars 2016

    Le roi Draghi est nu, vive la relance budgétaire!

    Le roi Draghi est nu, vive la relance budgétaire!

    La BCE a encore annoncé une série de mesures destinées à renforcer une croissance anémique. Elle a poussé ses taux d’intérêts encore plus bas, en-dessous de zéro, et elle a décidé d’augmenter encore la masse de monnaie, déjà pléthorique. Les marchés financiers sont contents, ils ont de quoi jouer. Mais il est de plus en plus difficile de croire que ce genre de mesures va produire des effets tangibles. En vérité, la BCE et les autres banques centrales sont arrivées au bout de ce qu’elles peuvent faire. On ne peut pas en dire autant des gouvernements.

  • 15 février 2016

    Rapport Badinter: beaucoup de bruit pour rien

    Rapport Badinter: beaucoup de bruit pour rien

    Le Rapport Badinter souffre de deux limites importantes. Il ne concerne que le contenant, et il est rédigé uniquement par des juristes. Ce n’est pas un reproche à ses auteurs, ils n’ont fait qu’exécuter la tâche qui leur avait été confiée comme elle leur a été confiée. Dès le départ, le ver était dans le fruit.

  • 22 janvier 2016

    Globalement correct

    Globalement correct

    Chaque année, Davos prend la tournure d’un gigantesque salon parisien. On s’y retrouve entre gens-qui-comptent. On fait assaut de bons mots et de pensées profondes, on y pratique avec ardeur l’admiration mutuelle ou la vacherie bien tournée, on offre aux caméras le sourire le moins carnassier possible. Les médias se pressent pour diffuser le menu du jour de ce gratin de l’importance.

  • 5 janvier 2016

    Ce qu’il faut craindre en 2016

    Ce qu’il faut craindre en 2016

    La croissance est revenue. Très modeste, mais après quatre années de quasi stagnation, tout est bon à prendre. C’est un signe des temps, que l’on en vient à se réjouir d’une croissance attendue entre 1% et 1,5%. C’est un autre signe des temps que l’on se demande aussitôt quelles sont les mauvaises surprises à redouter. Le plus déprimant, c’est qu’il ne manque pas de raisons de s’inquiéter.

  • 12 novembre 2015

    Brexit

    Brexit

    C’est une banalité de rappeler que la Grande-Bretagne est une île. Elle n’a rejoint l’UE que tard et elle n’y a jamais trouvé sa place. Elle a considéré qu’elle ne pouvait pas rester en dehors du grand marché unique – alors plus modestement appelé commun. Le reste, les visions plus ambitieuses de destinée partagée, elle n’en a jamais voulu.

  • 2 octobre 2015

    Où en est la BCE?

    Où en est la BCE?

    Récession molle et déflation menacent toujours la zone euro. Ce qui amène naturellement à se poser la question : que fait la BCE ? On a envie de répondre : « elle fait ce qu’elle peut, mais elle ne peut pas beaucoup ». C’est à peu près le cas, mais pas tout à fait.

  • 31 août 2015

    La fin du miracle chinois?

    La fin du miracle chinois?

    La bourse de Shanghai a lourdement dévissé au mois d’août et le taux de change du RMB a (un peu) baissé. Dans la foulée, toutes les grandes bourses du monde se sont affaissées et bien des devises de pays émergents ont carrément plongé. Des fameux BRICS, il ne reste guère que l’Inde à bien se porter, et encore. Mais que se passe-t-il donc en Chine?

  • 30 juin 2015

    Quelle politique économique pour la Grèce? Une réponse à Elie Cohen

    Quelle politique économique pour la Grèce? Une réponse à Elie Cohen

    Comme toujours, Elie Cohen nous offre une analyse lucide de la crise grecque et arrive aux bonnes conclusions. Enfin, presque. C’est vrai que la Grèce a laissé ses coûts de production dériver jusqu’au moment où elle a été frappée en plein vol par la crise. C’est vrai que c’est un pays qui exporte peu et plutôt mal. Mais la bonne réponse ne peut pas être de prôner diverses formes de politique industrielle, et ce pour quatre raisons.

  • 2 juin 2015

    Les prochains défauts de paiement de la Grèce

    Les prochains défauts de paiement de la Grèce

    Il est peu probable que la Grèce et ses créditeurs parviennent à se mettre d’accord à temps pour éviter des défauts en série. Sans accord, personne ne prêtera à la Grèce l’argent dont elle a besoin pour rembourser des prêts précédents qui arrivent à maturité. Que se passera-t-il alors ? Il semble que tout dépendra des choix de la BCE. La littérature économique fournit deux enseignements utiles : les défauts sur des dettes publiques sont fréquents et banals ; historiquement, la Grèce est le pays qui a fait le plus de défauts. Ce qui est nouveau c’est que les défauts à venir se produiront au sein d’une union monétaire.

  • 13 mai 2015

    Les élections britanniques: une chance pour l’Europe?

    Les élections britanniques: une chance pour l’Europe?

    Il y aura bien un référendum sur l’Europe en Grande-Bretagne, c’est la conséquence immédiate de la réélection de David Cameron. Pour de nombreux commentateurs, les jeux sont faits et il y aura bien un Brexit. Mais auparavant, il faudra bien négocier et, quelle que soit l’issue du vote britannique, il peut se passer des choses utiles.

  • 24 avril 2015

    Les prophéties de Jamie Dimon

    Les prophéties de Jamie Dimon

    Le patron de la banque JP Morgan Chase s’est offert un petit succès médiatique en parlant d’un ton inquiet de la prochaine crise financière. Ce qu’il a dit n’est pas vraiment original, mais l’intérêt est ailleurs : ce qui compte, c’est qui le dit, et pourquoi.

  • 25 mars 2015

    C’est l’économie, idiot!

    C’est l’économie, idiot!

    Nos politiques feraient bien de méditer ce peu élégant mais efficace mot d’ordre de la campagne de Bill Clinton en 1992, qui lui permit de battre le sortant, George Bush le Père. Il n’est pas surprenant d’observer un certain nombre de développements durant une période de déprime économique particulièrement longue. La réponse au FN doit avant tout être économique. Bien sûr, une solide reprise ne fera pas disparaître tous ces symptômes, mais c’est une condition nécessaire. Et les électeurs sont capables de soutenir un projet de réforme ambitieux.

  • 10 mars 2015

    Mosco I et Mosco II

    Mosco I et Mosco II

    L’ironie du dernier avertissement adressé par la Commission Européenne à la France n’a échappé à personne. Au delà du talent caméléonique du nouveau commissaire et ancien ministre, le dernier épisode du long feuilleton en cours illustre le triste état des mécanismes de discipline budgétaire de la zone euro.

  • 16 février 2015

    L’incontournable question des dettes publiques

    L’incontournable question des dettes publiques

    Le succès de Syriza a le mérite d’avoir brisé le pesant silence officiel sur la question des dettes publiques. La question ne pouvait pas être plus abordée que celle du sexe au temps de la reine Victoria: y penser toujours, n’en parler jamais.

  • 22 janvier 2015

    Lorsqu’il pleut des billets…

    Lorsqu’il pleut des billets…

    Dans un livre publié en 1969, Milton Friedman voulait démontrer que la création de monnaie permet à coup sûr de relancer l’économie et contrer, au besoin, le risque de déflation. Il décrivait un hélicoptère qui faisait pleuvoir des billets sur le bon peuple. Ainsi équipés, les consommateurs se devaient de dépenser ce don imprévu: la relance économique était donc assurée. Après des années de valse-hésitation, la BCE vient de se décider à pratiquer l’assouplissement quantitatif en espérant que ça marche aussi bien que la monnaie-hélicoptère. Or rien n'est moins sûr.

  • 8 novembre 2013

    La lente dégringolade de la France

    La lente dégringolade de la France

    Et voilà, la note de la France par Standard & Poors a été dégradée. Un coup de canif sous Sarkozy, un coup de canif sous Hollande. À chaque fois, l’explication est la même : pas de croissance suffisante en vue, pas de réformes sérieuses en cours.

  • 16 septembre 2013

    La crise, c’est fini?

    La crise, c’est fini?

    Le président l’avait annoncé, la croissance est revenue. Si c’était vrai ! Un mois ou deux de bons chiffres – plus précisément, de chiffres moins catastrophiques – ne signalent pas une reprise économique. Il est très prématuré d’annoncer la victoire. Il est toujours aussi crucial d’arrêter le jeu de massacre de l’austérité. La situation est loin d’être claire.

  • 1 juillet 2013

    Le nœud se resserre

    Le nœud se resserre

    Depuis une trentaine d’années, dans un bel élan anti-anglo-saxon, la France rame à contre-courant. Alors que nos partenaires du nord réforment, nous défendons fièrement nos acquis sociaux. Alors que l’accent est mis chez nos partenaires performants sur un État plus modeste et plus efficace et sur le reflux des dépenses publiques, nous défendons notre fonction publique, la meilleure du monde paraît-il. Alors que partout les départs à la retraite sont décalés en proportion de l’allongement de l’espérance de vie, nous privilégions la qualité de la vie en réduisant le temps passé à travailler (des 35 heures aux sacro-saints 60 ans quelque peu écornés par des trompe-l’œil). Ce n’est pas une question de droite ou de gauche, mais de refus de la logique économique toujours présentée comme la tyrannie des marchés. Alors, la France décline avec fierté.

  • 6 mai 2013

    La BCE peut plus mais pas tout…

    La BCE peut plus mais pas tout…

    La BCE vient de baisser ses taux. Mais le mouvement est modeste et les marges de manœuvre quasi inexistantes. Maintenant que la récession est installée en Europe, la BCE doit aller plus loin, bien plus loin.

  • 29 mars 2013

    Et si Hollande avait raison de ne rien faire ?

    Et si Hollande avait raison de ne rien faire ?

    L’interview de François Hollande s’est révélée intéressante. En matière économique au moins, il tâtonnait depuis son élection entre réalisme et fidélité à des promesses électorales étrangement déconnectées d’une situation économique plus inquiétante que jamais depuis 1945, en raison d’une dette publique à la limite du niveau qui déclenche une crise de première grandeur. Des tâtonnements, hélas, ne remplacent pas une stratégie. Près d’un an après l’élection, le Président sait-il maintenant où il va ? Il a décidé de ne rien faire en matière budgétaire. Curieusement, ce pourrait être une bonne idée.

  • 24 mars 2013

    Pourquoi Chypre menace la zone euro

    Pourquoi Chypre menace la zone euro

    Cela fait presque deux ans que l’on sait que Chypre se trouve dans une situation intenable. Malgré cela, la mise en œuvre du plan de sauvetage a été marquée par un extraordinaire degré d’improvisation. Les premières décisions ont été si manifestement inappropriées qu’il fallut immédiatement reprendre les discussions. Au passage, la crédibilité de la zone euro, déjà mal en point après tant d’erreurs précédentes, a encore baissé au point que la survie de l’euro devient de plus en plus menacée.

  • 26 février 2013

    Pour une rigueur sans austérité

    Pour une rigueur sans austérité

    Ce fut d’abord la Cour des Comptes  qui l’a dit : non, la France n’atteindra pas les 3% du PIB pour son déficit 2013. Puis ce fut le FMI. Maintenant c’est la Commission européenne qui annonce ses propres chiffres. Pourquoi l’objectif ne sera-t-il pas atteint ? On va nous dire que c’est parce que la croissance est moins rapide que prévu. C’est exact, mais cela soulève deux questions. Pourquoi la croissance est-t-elle si faible, voire négative ? Pourquoi ne l’a-t-on pas prévu ? La réponse à la première question est : la politique d’austérité. La réponse à la seconde : la dénégation des effets contractionnistes de l’austérité.

  • 4 janvier 2013

    La compétitivité est aussi un business !

    La compétitivité est aussi un business !

    Cela ne se discute pas: la France ne tient pas le rythme international en matière de productivité internationale et son industrie s’étiole. Il est donc urgent de prendre les mesures qui s’imposent pour redresser la situation. Nous avons d’ailleurs un ministère entièrement consacré à cette tâche prioritaire. Et si tout ceci n’était qu’une vaste exagération ? Ces milliards gaspillés à résoudre un problème qui n’existe pas ne sont pas perdus pour tout le monde, bien sûr.

  • 21 novembre 2012

    La France est-elle vraiment l’homme malade de l’Europe ?

    La France est-elle vraiment l’homme malade de l’Europe ?

    L’hebdomadaire The Economist l’a dit, la presse et les milieux économiques allemands en débatent quotidiennement, le FMI s’en inquiète ouvertement. Après l’Espagne ce sera l’Italie, et après l’Italie c’est la France qui entrera en crise de la dette publique. Ce pourrait être alors la fin de l’euro, parce que la France, c’est trop gros, et parce que la France pourrait entraîner l’Allemagne si d’aventure elle essayait de sauver la France. Que penser de cette montée d’angoisse ?

  • 3 septembre 2012

    Un tunnel peut en cacher un autre

    Un tunnel peut en cacher un autre

    On savait bien que le plus difficile pour François Hollande n’était pas de se faire élire mais de prendre le pays en charge à un moment extraordinairement difficile sur le plan économique. Son silence sur ces questions durant la campagne pouvait soit être de la tactique politique, soit l’absence de plan stratégique. Quatre mois après son élection, il n’a pas encore articulé sa vision d’une crise qui ne cesse de s’aggraver dans la zone euro. En mettant bout à bout les petites phrases des uns et des autres, on sent le débat et, peut-être la direction dans laquelle Hollande semble se diriger, et ce n’est pas très rassurant.

  • 10 juillet 2012

    Pourquoi la méthode suisse est préférable à la règle d’or

    Pourquoi la méthode suisse est préférable à la règle d’or

    Le président Hollande a réussi un coup politique : transformer son acceptation du pacte budgétaire en succès domestique. Il a désormais la possibilité de sortir la France de l’ornière dans laquelle elle se trouvait lorsqu’il est arrivé à l’Élysée. Il reste à se préoccuper du contenu de la version française du pacte. La question est d’importance stratégique. Si la réponse est la bonne, la France peut échapper à la contagion et réduire sa dette.

  • 28 juin 2012

    Euro : regardons plutôt vers les Etats-Unis !

    Euro : regardons plutôt vers les Etats-Unis !

    A suivre les débats sur le sauvetage de l’euro, le choix serait entre plus d’Europe et la fin de la monnaie unique. Et bien, c’est inexact. En dehors du modèle allemand, il nous faut peut-être revisiter le modèle américain.

  • 20 juin 2012

    Hollande : comment gérer l’après Merkozy ?

    Hollande : comment gérer l’après Merkozy ?

    Avant même son élection, François Hollande a changé les termes du débat sur la crise de la zone euro. En remettant en cause les politiques d’austérité prônées par Merkozy, il tirait les conclusions d’un échec qui devenait tous les jours plus évident. Les difficultés commencent maintenant, sur les questions internes bien sûr, mais aussi sur la question européenne. Parce que la crise s’aggrave jour après jour, Hollande n’a pas le loisir de choisir son tempo. Il doit maintenant articuler un contre-projet susceptible de remettre l’Europe dans le bon sens, enfin, après deux années catastrophiques.

  • 18 mai 2012

    Grèce : la catastrophe qui arrive…

    Grèce : la catastrophe qui arrive…

    Une sortie de la Grèce de la zone euro n’a aucun sens, ni économique, ni politique. Et pourtant la probabilité qu’elle se produise s’accroît. Une telle catastrophe serait le résultat d’une suite insensée d’erreurs techniques par des dirigeants dépassés et incroyablement obnubilés par leurs intérêts étroits. Mais il n’est pas trop tard pour qu’ils se montrent à la hauteur d’un événement historique.

  • 23 avril 2012

    Bon courage, monsieur le futur président !

    Bon courage, monsieur le futur président !

    La campagne du premier tour n’a pas vraiment abordé les deux sujets les plus importants : la crise de la dette publique et le chômage. Sans aucun doute, il en ira de même pour la campagne du second tour. Mais François Hollande, dont la victoire semble assurée, va devoir méditer très précisément ce qu’il dit et, surtout ce qu’il va faire. Un petit tour des questions économiques critiques.

  • 6 mars 2012

    Les sept péchés économiques de Sarkozy

    Les sept péchés économiques de Sarkozy

    Les économistes ont compris depuis longtemps que Nicolas Sarkozy ne sera pas réélu. Un sortant ne peut pas gagner quand le chômage est en train d’augmenter, c’est aussi simple que ça. Gordon Brown, Brian Cowen, José-Luis Zapatero, José Socrates l’ont découvert à leurs dépens. Il est stupéfiant que Sarkozy n’ait rien fait pour éviter ce piège entièrement prévisible. Ce n’est en fait que l’une des sept erreurs économiques majeures du quinquennat. Toutes révèlent une caractéristique du président sortant : sa conviction que le politique prime sur l’économique. Le volontarisme, érigé en règle de gouvernement, consiste à croire que tout problème économique a une solution purement politique. L’expérience, mille fois répétée, est que l’on ne viole pas impunément les principes économiques.

  • 9 février 2012

    Une révolution sans bonnet phrygien : la discipline budgétaire permanente

    Une révolution sans bonnet phrygien : la discipline budgétaire permanente

    Ceux qui aspirent à présider la France ne semblent pas avoir compris qu’ils vont devoir effectuer un virage historique à 180 degrés : l’ère des déficits budgétaires est terminée. Depuis 1974, bientôt quarante ans, aucun gouvernement n’a équilibré ses comptes. Le moyen d’échapper à la loi d’airain de la discipline budgétaire est de repousser les échéances en empruntant, mais le risque est, bien sûr, d’emprunter sans limite. C’est très joli de pester contre les agences de notation, de les qualifier d’anglo-saxonnes pour suggérer un complot ou une déviance psychiatrique. Mais la discipline budgétaire n’est pas une question de gauche ou de droite, et encore moins de volontarisme politique. Elle s’impose à tous et, un jour ou l’autre, il faut s’y mettre. Ce jour est arrivé, c’est le sens profond de la crise des dettes souveraines dans laquelle l’Europe se débat.

  • 8 janvier 2012

    Le modèle allemand est mité

    Le modèle allemand est mité

    Des deux côtés du Rhin, il est admis que, en ce qui concerne la discipline budgétaire, l’Allemagne est vertueuse et la France frivole. Cette vision a le mérite de conforter les préjugés ethniques qui servent de mode de raisonnement, mais elle a l’inconvénient de ne pas correspondre à la réalité. Si l’on classe les 27 pays de l’Union Européenne en fonction de la taille de leur dette publique (en pourcentage du PIB), l’Allemagne occupe la 8e position, juste derrière la Grande-Bretagne et la France, mais ces trois pays arrivent dans un mouchoir de poche. Ils sont effectivement ex æquo en 6e position. Depuis quarante ans, les dettes publiques de la France et de l’Allemagne ont considérablement augmenté et ont presque toujours été pratiquement égales. Contrairement aux préjugés ethniques, les Allemands parlent beaucoup de leur vertu et les Français s’autoflagellent.

  • 21 novembre 2011

    Lettre ouverte au président de la Bundesbank

    Lettre ouverte au président de la Bundesbank

    Cher Jens*, de plus en plus nombreux sont les économistes qui arrivent à la conclusion que la crise des dettes souveraines ne s’arrêtera que lorsque la BCE sera intervenue comme prêteur en dernier ressort. Vous avez affirmé la position inverse. Ma question est : pourquoi ?

  • 8 novembre 2011

    Plan Fillon : triple A ou triple 0

    Plan Fillon : triple A ou triple 0

    Le deuxième plan d’austérité est un contresens économique dramatique. Tout le monde à Paris semble convaincu que c’est le prix à payer pour éviter de perdre le AAA. C’est en fait le meilleur moyen d’y arriver. D’ailleurs les marchés n’ont pas réduit les primes de risques sur la dette française après l’annonce de ce plan.

  • 1 octobre 2011

    La BCE doit garantir les dettes publiques

    La BCE doit garantir les dettes publiques

    La crise des dettes publiques s’aggrave et va continuer de s’aggraver tant que les autorités ne feront pas leur devoir. En l’occurrence, la responsabilité revient maintenant à la BCE qui seule a les moyens d’agir. Toutes les autres idées qui fleurissent un peu partout sont vouées à l’échec parce qu’elles ne prennent pas en compte les ordres de grandeur faramineux qui sont désormais en jeu. Mais, pour arrêter la crise, la BCE doit changer de registre : au lieu de réagir aux événements en courant derrière les marchés, elle doit à présent les devancer en offrant une garantie partielle des dettes publiques de la zone euro.

  • 26 août 2011

    Crise des dettes publiques : toujours pas de stratégie en France

    Crise des dettes publiques : toujours pas de stratégie en France

    Les mesures budgétaires annoncées par le Premier ministre le 24 août sont désespérantes. Elles confirment, s’il en était besoin, que le gouvernement n’a pas pris la mesure de la difficulté de la situation et des défis qui nous attendent. Les chiffres sont homéopathiques, les mesures vont dans le mauvais sens et les prévisions restent trop optimistes pour être crédibles.

  • 27 juin 2011

    Finances publiques : la faute de la gauche

    Finances publiques : la faute de la gauche

    Nicolas Sarkozy a décidé de remiser son projet d’inscrire l’équilibre budgétaire dans la Constitution. Il devait pour cela obtenir deux tiers des voix au Congrès de Versailles. Le rejet du projet par le PS a signé l’arrêt de mort de ce projet. Il reste à espérer que la France ne sera pas emportée dans la crise des dettes souveraines européennes, qui pourrait bien n’en être que dans sa première phase.

  • 27 mai 2011

    Grèce : dernière ligne droite avant le rééchelonnement ?

    Grèce : dernière ligne droite avant le rééchelonnement ?

    Rien ne va plus dans la zone euro. La Grèce est sur la sellette un an après avoir sauvée par le programme concocté par le FMI et la Commission européenne. L’Espagne tangue et l’Italie a été placée sous surveillance par Standard and Poor’s. Les députés de la CDU sont en rébellion contre Angela Merkel, qui subit défaite électorale après défaite électorale. Son ministre des Finances, qui avait secoué les marchés financiers en évoquant publiquement un rééchelonnement de la dette grecque, vient de changer d’avis. Jean-Claude Trichet rabroue Jean-Claude Juncker qui envisageait de « re-profiler » cette dette grecque et menace de ne plus alimenter les banques grecques. Une responsable de ce pays indique que, dans ce cas, il faudrait quitter la zone euro. Voici, en gros, l’état des lieux qui résulte de la remarquable solidarité européenne promise par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Il y a de quoi se poser des questions.

  • 7 avril 2011

    Et de trois ! Le Portugal suit le mouvement

    Et de trois ! Le Portugal suit le mouvement

    À son tour le Portugal demande l’aide du FMI et de l’Union européenne. Cela faisait des mois que la manœuvre était devenue inéluctable, des mois durant lesquels le gouvernement portugais a expliqué que le Portugal n’est pas la Grèce (irresponsable) ni l’Irlande (avec sa bulle immobilière). Mais le Portugal est comme tout le monde. Si les marchés financiers ont conclu que le gouvernement portugais ne peut pas emprunter ce dont il a besoin, il ne pourra pas financer ses déficits et, comme il lui est impossible de les éliminer, il ne lui restait plus qu’à aller obtenir un financement au FMI et au Fonds de l’UE. C’est aussi simple que cela.

  • 1 février 2011

    Banques centrales : une indépendance en question

    Banques centrales : une indépendance en question

    Durant les années 1990, on a assisté à un mouvement spectaculaire : pays après pays, les banques centrales ont acquis un statut formel d’indépendance à l’égard des politiques. Partie de Nouvelle-Zélande, cette vague s’est étendue à l’ensemble des pays développés puis aux pays émergents. Certes, il y avait déjà quelques banques indépendantes, en Allemagne et en Suisse, et leur succès, fait de monnaie forte et d’inflation basse, a joué un rôle important. Bien sûr, certains pays émergents n’ont pas suivi, en particulier la Chine où la notion même d’indépendance est séditieuse. Mais la conversion a été presque totale.

  • 6 janvier 2011

    2011 : une bonne annnée pour l’Europe ?

    2011 : une bonne annnée pour l’Europe ?

    2010 a été une année terrible pour l’Europe. Il y a un an exactement, on avait de bonnes raisons de s’inquiéter de la Grèce et de ce que signifierait pour la zone euro une crise de sa dette publique. Pourtant, personne n’attendait réellement la fin d’année que nous avons connue. On pouvait envisager une contagion de la crise à d’autres pays de la zone euro dans des situations budgétaire difficiles, mais la vraie surprise a été sa mauvaise gestion. Aujourd’hui, l’architecture de la zone euro est en ruines. Les nombreux plans qui ont été avancés, annoncés sans avoir été élaborés soigneusement, se sont effondrés l’un après l’autre, et la fin n’est pas en vue.

  • 23 décembre 2010

    The European debt crisis: worrisome delusion

    The European debt crisis: worrisome delusion

    In the December 17 issue of the Financial Times, Lorenzo Bini-Smaghi has produced a brilliant, if slightly patronizing, defense of the no-default strategy currently pursued by the euro area authorities. His arguments are that public debts are widely-held instruments so that a default would harm domestic banks and domestic citizens, possibly triggering bank runs and forcing governments to take administrative measures like the Argentinean corralito, that true democracies do not do this kind of things, that it would be a “quick fix” with much worse consequences than tight fiscal policies and structural reforms. These are mostly solid arguments though it would be interesting to understand why democracies cannot default and what structural reforms have to do with fiscal discipline and, if they do, how soon their beneficial effects can be felt. (in French; an English version has been published on VoxEU)

  • 23 décembre 2010

    La BCE doit se préparer au pire

    La BCE doit se préparer au pire

    Dans le Financial Times du 17 décembre, Lorenzo Bini-Smaghi, membre du directoire de la Banque centrale européenne, a donné une défense magistrale, quoiqu’un rien condescendante, de la stratégie zéro-défaut actuellement menée par les autorités de la zone euro. Ses arguments sont que comme les titres de dette publique sont détenus par de très nombreux agents, un défaut nuirait aussi bien aux banques qu’aux citoyens européens, déclenchant probablement des paniques bancaires et forçant les gouvernements à prendre des mesures autoritaires analogues au corralito argentin de 2001 ; or comme les vraies démocraties ne s’autorisent pas ces pratiques on aurait donc une solution de fortune, aux conséquences bien pires que celles de politiques fiscales restrictives et de réformes structurelles.

  • 19 novembre 2010

    L’échec annoncé de la Présidence française du G20

    L’échec annoncé de la Présidence française du G20

    La réforme des retraites engrangée et le nouveau gouvernement en place, Nicolas Sarkozy va pouvoir élargir son horizon et déployer son énergie proverbiale à réformer le monde. Ce ne sont pas les ambitions qui lui manquent. Il a l’intention de reconstruire le système financier mondial, de réaliser un monde multipolaire, et de remettre à leur place les spéculateurs, sans compter les incendies qu’il devra éteindre, en partenariat ou concurrence avec DSK, si la crise économique et financière qui couve se déclare à nouveau. Et pourtant, il va droit à l’échec, parce qu’il n’a pas pris le soin de comprendre comment fonctionne le système monétaire international ni même à quoi sert la finance.

  • 16 septembre 2010

    Bank regulation reform: moving, ever so slowly in Europe

    Bank regulation reform: moving, ever so slowly in Europe

    Three years after the bank crisis began, two years after it exploded, the policymaking response is moving forward, but surprisingly slowly. Two important steps have just been taken, a superficial one at the European level, a more fundamental one at the international level. In the EU politicians seem unable to resist the powerful lobbying of the banking industry while Basel III has so far side-stepped the all-important issue of systemically-important financial institutions. (in French)

  • 15 septembre 2010

    Où en est la réforme bancaire ?

    Où en est la réforme bancaire ?

    Voici trois ans que la grande crise bancaire s’est mise en route et deux ans qu’elle a explosé. La vraie surprise est la lenteur avec laquelle les responsables politiques avancent pour prendre les mesures que réclame la dure leçon de ces événements. Deux étapes viennent d’être franchies, l’une superficielle au niveau de l’Union européenne, l’autre plus fondamentale au niveau international. Jusqu'à quel point les gouvernements ont-ils résisté à l'intense lobbying des banques ?

  • 16 juillet 2010

    The Great Crisis: European Lessons yet to be learned

    The Great Crisis: European Lessons yet to be learned

    Banking regulation and supervision can only be carried out at the European level. A common currency and a single market for banking services calls for centralization in these matters. On the other hand, fiscal discipline is a matter of national sovereignty and calls for national institutional reforms that come to grip with several decades of public debt accumulation. The stability pact ought to be decentralized. (in French)

  • 15 juillet 2010

    Europe : rien n’est vraiment réglé….

    Europe : rien n’est vraiment réglé….

    L’adoption de la monnaie unique aurait dû être accompagnée d’une mise en commun des régulations et des supervisions bancaires dans la zone euro. Mais des réflexes souverainistes ou protectionnistes ont bloqué toute avancée sur le sujet. Les leçons de cette insuffisance ont-elles été au moins tirées ? Pas du tout, du moins pour l’instant.

  • 23 juin 2010

    Emergency vs. Emergency

    Emergency vs. Emergency

    In 1980, the French public debt amounted to 20% of GDP. In 2007, before the crisis, it had risen to 65%. By 2011, it could exceed 85%. The time has come to roll the debt back. It is an urgent task to design a process that reverses the political failures of the last thirty years. But it is equally important to ensure that the weak recovery under way does not stall or, worse, that we end up with a new recession. Thus we face two seemingly incompatible emergencies. Governments seem owed by the financial markets’ “request” for stern deficit-cutting measures, but the markets seem to understand that a new recession will deepen the deficit. This article argues that there is no such incompatibility. (in French)

  • 23 juin 2010

    De la rigueur

    De la rigueur

    En 1980, la dette publique de la France représentait 20% du PIB. En 2007, avant la crise, elle était de 65%. En 2011, elle pourrait dépasser 85%. La crise est historique et justifie l’utilisation des déficits publics pour soutenir l’activité et empêcher une explosion du chômage. La hausse en cours, pour une valeur de 20% du PIB, est donc vertueuse. Celle des trente précédentes années, pour une valeur de 45% du PIB, est inexcusable. Certes, il y a eu des périodes délicates durant ces trente années, qui justifiaient des déficits, mais il y a eu aussi des années fastes qui auraient dû être consacrées à rembourser.

  • 13 mai 2010

    Le pari risqué de l’Europe

    Le pari risqué de l’Europe

    En mettant 750 milliards d’euros sur la table, les autorités européennes ont montré qu’elles ont enfin pris la mesure des enjeux qui mobilisent les marchés financiers. Le seul problème est que l’argent n’est pas vraiment là. L’idée est qu’il n’a pas besoin d’être là puisqu’il s’agit de garanties, pas de prêts. L’Union Européenne va simplement se porter garante des dettes publiques espagnole ou portugaise. Il ne faudra lever des fonds que si les gouvernements espagnols ou portugais font défaut, ce qu’ils n’ont aucune raison de faire si les marchés continuent à leur prêter de l’argent, ce que les marchés n’ont aucune raison de ne pas faire si les dettes sont garanties. Bloquer la contagion de la crise sans dépenser un euro, il fallait y penser !

  • 30 avril 2010

    L’appel au FMI reste la meilleure solution !

    L’appel au FMI reste la meilleure solution !

    Après la Grèce, le Portugal. Après le Portugal, l’Espagne. Après l’Espagne l’Italie ? Le jeu de massacre semble devoir se prolonger. Faut-il donc craindre pour l’euro ? Pas forcément : le Traité européen a prévu la situation dans laquelle nous nous trouvons et préconise la bonne solution. À Maastricht, le choix était entre une union monétaire imparfaite et pas d’union du tout. C’est très clairement le premier choix qui a été fait. Quelles en sont les conséquences ?

  • 16 mars 2010

    Fonds monétaire européen : une bien mauvaise idée

    Fonds monétaire européen : une bien mauvaise idée

    Il n’y aura pas de Fonds monétaire européen. C’est une idée saugrenue qui répond à des motivations largement infondées. C’est aussi un projet complexe dont les défenseurs ne mesurent ni les implications, ni les conditions de succès.

  • 13 février 2010

    Seul le FMI peut sauver la Grèce

    Seul le FMI peut sauver la Grèce

    Après plusieurs jours de spéculation (intellectuelle), d’échanges et de déclarations plus ou moins claires, les dirigeants européens ont produit une déclaration de solidarité magnifique avec la Grèce qui n’a qu’un inconvénient : elle manque de substance. Tout y est : solidarité entre Européens, fermeté vis-à-vis d’une Grèce qui a ignoré les sages principes de discipline budgétaire et a même truqué ses comptes, mise à l’écart subtile du FMI.

  • 28 janvier 2010

    En 2012 Sarkozy devra prôner la rupture !

    En 2012 Sarkozy devra prôner la rupture !

    Rappelez-vous l’an dernier. Le modèle français était en train de faire la preuve de sa supériorité sur le « marché à tout va » anglo-saxon. Même Nicolas Sarkozy, qui avait bâti sa campagne sur le thème de la rupture avec un modèle français obsolète, a changé de casaque et s'en est allé donner des leçons à ses « amis » Barack et Gordon. C’est vrai que le poids de l’État et l’importance du filet social ont puissamment amorti le choc. Le chômage a explosé aux États-Unis et en Grande-Bretagne, il a simplement augmenté en France. Victoire totale, donc ?

  • 8 janvier 2010

    Lisbonne : à ne refaire sous aucun prétexte !

    Lisbonne : à ne refaire sous aucun prétexte !

    « L’Union s’est aujourd’hui fixé un nouvel objectif stratégique pour la décennie à venir : devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale. » (Déclaration de Lisbonne, 24 mars 2000) Et bien nous y sommes, la décennie est passée. Je n’imagine personne qui pense que la mission a été accomplie. L’échec était annoncé, mais il faudrait à présent faire un bilan et tirer les conséquences d’un projet qui a absorbé bien des efforts et occulté bien des erreurs.

  • 13 décembre 2009

    Soleil noir sur la Grèce

    Soleil noir sur la Grèce

    Le début de panique sur la dette publique grecque est entièrement injustifié. Le gouvernement grec n’a aucun intérêt à faire défaut, et aucun besoin de le faire tant que les marchés financiers ne s’affolent pas. Certes, pendant plus de trente ans les gouvernements successifs se sont adonnés à une flagrante indiscipline fiscale. La pression renouvelée des marchés financiers devrait être prise comme un signal que la fête est finie. Il est temps pour la Grèce d’adopter deux mesures simultanées : tailler sérieusement dans les dépenses et réformer le processus budgétaire afin de pouvoir prendre l’engagement crédible d’une plus grande discipline.

  • 22 novembre 2009

    Emprunt : un dernier verre avant la sobriété ?

    Emprunt : un dernier verre avant la sobriété ?

    Comme tous ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy a promis de faire reculer la dette de l’État ; le faire aurait à coup sûr représenté une rupture. Mais voilà que, non seulement la dette est en train de bondir, crise financière oblige, mais de surcroît on nous propose un Grand Emprunt. Cette décision soulève deux questions : est-ce un bon déficit ? Est-ce la fin de la gabegie ?

  • 2 novembre 2009

    La fin du roi dollar ?

    La fin du roi dollar ?

    Le dollar baisse, apparemment inexorablement. La Chine, suivie par la Russie et un cortège d’autres pays, demande une monnaie internationale de remplacement. Un rapport des Nations-Unies s’est emparé du sujet. En France on n’a pas oublié le « privilège exorbitant », dénoncé par de Gaulle. Approchons-nous de la fin du roi dollar ?

  • 21 septembre 2009

    Désolé, mais le capitalisme n’est toujours pas mort…

    Désolé, mais le capitalisme n’est toujours pas mort…

    Mais que s’est-il passé depuis le sommet de la crise financière ? Rappelez-vous. La faillite d’un des fleurons de Wall Street, Lehman Brothers, suivie d’une panique comme on n’en avait pas vue depuis 1929. Des injections publiques de plusieurs centaines de milliards d’euros dans les plus grandes maisons de la finance aux États-Unis, mais aussi en Europe. Des quasi-nationalisations à New York et Londres ! Tout ceci, bien sûr, a été suivi par une récession mondiale dont on n’a pas fini de mesurer les dégâts. Un événement historique, mais quelles conséquences ?

  • 26 mai 2009

    Sarkozy : regard froid sur un premier bilan

    Sarkozy : regard froid sur un premier bilan

    Evaluer les deux premières années de Nicolas Sarkozy pose un problème de mesure. Faut-il le comparer à ses prédécesseurs ? Dans ce cas, oui, il y a bien eu rupture. Rupture de style et de management, bien sûr. Le président est aux commandes, rejetant le modèle coupe-circuit cultivé par tous les présidents de la Ve République. Plutôt une présidence de type américain, sans les contre-pouvoirs du Parlement, encore que la réforme des institutions encourage les députés à plus d’audace qu’auparavant. Le changement est tellement visible que l’on parle d’hyper-président. On peut approuver ou non cette évolution, mais le modèle précédent était celui d’un président peu visible et surtout peu actif, avec comme résultat plusieurs décennies de réformes sans cesse différées. Mesurée ainsi, la rupture est réalisée.

  • 22 mars 2009

    Relance : pourquoi les Américains ont raison

    Relance : pourquoi les Américains ont raison

    La préparation du G20, qui devait sceller la coopération internationale face à la crise, est en train de creuser un profond fossé entre l'Europe et les Etats-Unis. Les Américains ont lancé un appel pour une relance budgétaire coordonnée. Ils ont reçu le soutien actif du FMI, des Anglais, des Japonais et même des Chinois. Mais les Européens, emmenés par l'habituel tandem franco-allemand, plaident plutôt pour un renforcement de la réglementation des marchés financiers. Les raisons de ce dialogue de sourds sont multiples, et pas forcément à l'avantage des Européens.

  • 10 février 2009

    L'Europe à la traîne

    L'Europe à la traîne

    Les taux d’intérêt aux États-Unis, en Grande-Bretagne ou au Japon sont pratiquement à 0% mais la BCE a choisi de rester inactive en février, avec un taux directeur à 2%. Obama presse le Congrès d’adopter une relance budgétaire de l’ordre de 7% du PIB alors que les gouvernements européens donnent l’impression de faire de l’audace avec des gestes qui ne pèsent que 1%. La différence entre un taux d’intérêt à 2% ou à 0% n’est pas extraordinaire, mais ce qui frappe, c’est la différence de réaction. Certes, la crise est « made in USA » c’est aux États-Unis que la récession est la plus profonde. Il est donc normal que les autorités réagissent avec plus de vigueur. Mais la relative passivité des Européens est spectaculaire. Les autorités européennes – BCE, gouvernements – ne semblent pas avoir pris la mesure des dangers et, pire encore, semblent coincées par des considérations idéologiques d’un autre temps. Au moment où l’on nous annonce une nouvelle initiative Merkel-Sarkozy, on peut se demander quelles sont les raisons de cette passivité.

  • 17 décembre 2008

    Le mirage de la relance ciblée

    Le mirage de la relance ciblée

    La relance budgétaire est une opération de bon sens. On ne devrait jamais accepter un déficit budgétaire de bon cœur car il est rarement justifié. Après trois décennies de gabegie, la dette publique est élevée et pèse sur l’économie. Mais il n’y a pas le choix. À situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Bravo, donc, pour la relance et, courage. Si les prévisionnistes ne se trompent pas – ce serait original ! – il en faudra sans doute beaucoup plus. Mais il est étrange de voir comment une bonne idée peut être immédiatement galvaudée. Tous les groupes d’intérêt n’ont compris qu’une chose : le porte-monnaie de l’État – le vôtre, le mien, celui des contribuables – s’entrouvre. Et le gouvernement semble avoir compris la même chose : le temps est aux bonnes œuvres, celles qui vous valent des reconnaissances durables. À ce jeu très en vogue, ce n’est ni le sens de l’intérêt général ni la qualité du raisonnement économique qui compte, mais le toupet et la gourmandise. De quoi faire pâlir les banquiers.

  • 17 novembre 2008

    Le G7 est mort. Vive le G20 ?

    Le G7 est mort. Vive le G20 ?

    Comme prévu, le sommet du G20 aura accouché de vœux pieux et d’une longue déclaration qui promet des lendemains qui chantent. Rien de ce qui figure dans la déclaration finale n’est nouveau. Un sommet inutile, donc ? Oui, sauf que sa tenue est intéressante en soi si elle signale la mort du G7. Or rien n’est moins sûr.

  • 19 octobre 2008

    Envoyons vite un chèque à tous les ménages !

    Envoyons vite un chèque à tous les ménages !

    Il est encore trop tôt pour pousser un ouf de soulagement, mais il se pourrait bien que la crise financière tire à sa fin. Il faut à présent penser à ses effets sur l’économie réelle – croissance, emploi – qui va devenir notre première préoccupation. Une relance budgétaire s’impose, et vite. La solution ? Envoyer vite un chèque à tous les ménages.-->

  • 6 octobre 2008

    Crise financière : que faire ?

    Crise financière : que faire ?

    L'Europe est au milieu d'une crise comme on n’en connaît qu’une fois dans une vie. Chacun sait ce qui est arrivé quand les marchés financiers ont cessé de fonctionner durant les sombres années 30. Il n'est pas exagéré de dire que cela pourrait arriver à nouveau si les gouvernements n'agissent pas. Nous ne disons pas que cela va arriver, mais il est essentiel de savoir ce qui est en jeu.

  • 18 septembre 2008

    La fin du capitalisme ? Non, bien au contraire…

    La fin du capitalisme ? Non, bien au contraire…

    Les événements des derniers jours confirment que la crise actuelle est, de loin, la plus grave de toute l’histoire bancaire. Wall Street est décimée, et ce n’est pas terminé. D’autres fleurons de la finance internationale vont sans doute disparaître dans les jours ou les semaines qui viennent. Ce n’est ni surprenant, ni désolant, ni même particulièrement inquiétant.

  • 9 septembre 2008

    Le temps de la rigueur est-il venu ?

    Le temps de la rigueur est-il venu ?

    Une fois de plus, la classe politique débat du déficit budgétaire. Une fois de plus, le débat est conduit à coups d'affirmations péremptoires qui laissent de côté les principes économiques un peu plus compliqués que " c'est bien-c'est mal ", et une fois de plus il manque la perspective d'une stratégie à long terme.

  • 11 juillet 2008

    Choc pétrolier : restons calmes…

    Choc pétrolier : restons calmes…

    Le quadruplement des prix du brut depuis 2003 représente une grosse ponction sur le pouvoir d’achat des consommateurs. Malheureusement pour les gouvernements, et pour leurs concitoyens, ils ne peuvent pas faire grand-chose à court terme. La hausse des prix du pétrole ressemble à s’y méprendre à une taxe et la ponction est inévitable. Il faut donc éviter certaines erreurs…

  • 7 mai 2008

    Les réformes et l’Europe : rendez-vous manqué

    Les réformes et l’Europe :  rendez-vous manqué

    En annonçant la rupture avec les archaïsmes franco-français, le candidat Sarkozy se présentait comme celui qui mettrait un terme à la marginalisation de la France dans les affaires européennes. Certes, son ardeur à promouvoir les entreprises françaises inquiétait nos partenaires, mais l’idée d’une France profondément réformée soulevait bien des espoirs. C’était bien parti.

  • 28 mars 2008

    Bonne nouvelle : l’euro est fort !

    Bonne nouvelle : l’euro est fort !

    L’euro est fort, et alors ? Oui, c’est une mauvaise nouvelle pour nos exportateurs qui doivent serrer leurs marges. Au fait, où étaient-ils quand l’euro ne valait que la moitié de sa valeur actuelle ? On ne les entendait pas plus à l’époque que l’on n’entend aujourd’hui les agriculteurs, maintenant que les prix des céréales et du lait explosent.

  • 6 mars 2008

    BCE : comment elle peut mieux faire

    BCE : comment elle peut mieux faire

    La plus grande incertitude règne aujourd’hui en ce qui concerne les intentions de la BCE. L’inflation augmente, la croissance ralentit, les marchés financiers ne parviennent pas à sortir de leurs profondes difficultés : tout cela complique sa tâche. Mais son véritable défi est un déclin de sa crédibilité.

  • 4 février 2008

    Sarkozy : premier bilan à froid

    Sarkozy : premier bilan à froid

    Durant la campagne, Nicolas Sarkozy a articulé un programme d'une densité inhabituelle. Pas un pan de la vie des Français n'a été oublié, les propositions étaient audacieuses et, en général, bonnes. La rupture a été plébiscitée. Arrivé à l'Elysée, Sarkozy martèle les mêmes thèmes, entame son programme mais, comme on aurait pu s'y attendre, nombre de ses projets semblent absorbés par les sables mouvants de la politique. La méthode qui consiste à ouvrir simultanément une multitude de fronts commence à montrer ses limites.

  • 28 janvier 2008

    Le pouvoir d’achat est au bout de l'emploi

    Le pouvoir d’achat est au bout de l'emploi

    Nicolas Sarlozy a ouvert la boîte de Pandore du pouvoir d’achat et il va avoir bien du mal à la refermer. Le problème, pour lui, c’est que le pouvoir d’achat n’augmentera plus vite que lorsque le chômage aura diminué, et que cela va prendre beaucoup de temps, à supposer qu’il y parvienne.

  • 6 décembre 2007

    L’euro trop fort : le début de la fin ?

    L’euro trop fort : le début de la fin ?

    Il monte, il monte, l’euro. Le seuil de 1,5 dollars pour un euro est en vue, et sera sans doute franchi très bientôt. En octobre 2000, dans une période de faiblesse qui avait alors beaucoup frappé les esprits, l’euro ne valait que 0,85 dollars. Depuis le début de cette année seulement, il s’est apprécié de près de 15%, toujours vis-à-vis du dollar. Alors il souffle un vent de panique. Airbus a même indiqué que son existence était en jeu. Tout cela est-il justifié ? Non, pour deux raisons principales. D’abord, mesurer l’euro par rapport au dollar est un peu de la supercherie. Ensuite, rien ne dit que la situation va durer bien longtemps.

  • 17 octobre 2007

    Pourquoi il faut renationaliser le Pacte de stabilité

    Pourquoi il faut renationaliser le Pacte de stabilité

    Le Conseil européen, qui se réunit le 18 octobre à Lisbonne pour finaliser le projet de Traité simplifié, ferait bien de se pencher avec un peu plus d’imagination sur la manière dont la zone euro est gouvernée. Lundi nous abordions la question de la place de la  BCE dans cette gouvernance. Aujourd’hui, nous abordons un second volet dans lequel nous proposons ni plus ni moins que la renationalisation du Pacte de stabilité et de croissance.

  • 15 octobre 2007

    Comment mieux gouverner la zone euro ?

    Comment mieux gouverner la zone euro ?

    Le Conseil européen se réunit le 18 octobre à Lisbonne pour finaliser le projet de Traité simplifié. Mais une des questions qui se posent concerne la manière dont la zone euro doit être gouvernée, une zone prise entre les impératifs d’indépendance de la BCE et les impératifs politiques de l’Eurogroupe. C’est un sujet sur lequel la France s’est souvent distinguée mais sans jamais convaincre ses partenaires. Les idées, pourtant, ne manquent pas. En voici quelques-unes concernant la question de l’indépendance de la BCE. Un deuxième article présentera mercredi d’autres idées concernant le Pacte de stabilité et de croissance.

  • 22 septembre 2007

    Pourquoi la BCE ne bouge pas ?

    Pourquoi la BCE ne bouge pas ?

    La banque centrale américaine a amorcé la décrue des taux d'intérêt, avec une baisse d'une ampleur (un demi pour cent) qui a un peu surpris. Est-ce un signal que vont suivre les autres banques centrales, dont la BCE ? C'est peu probable, à ce stade.

  • 14 juin 2007

    Tax-free extra hours worked: not such a bad idea, after all

    As a candidate, Sarkozy promised to reform labour markets. His first move concerns the infamous 35 hours workweek, not really a surprise. The shorter workweek had been introduced by the socialist government of Jospin with the explicit aim of sharing work to increase employment. It followed on earlier moves under President Mitterrand in the 1980s and under President Chirac in the 1990s. That the idea was mistaken may be obvious to (non-French) economists, but it remains controversial in France because substantial subsidies, introduced when the Jospin government realized that the measure could, well, actually reduce employment, make it difficult to identify its effects.

  • 5 juin 2007

    Heures supplémentaires : une fausse mauvaise idée

    Heures supplémentaires : une fausse mauvaise idée

    La défiscalisation des heures supplémentaires au-delà des 35 heures peut paraître politiquement habile. On ne s'attaque pas au symbole, mais on le vide de sa substance. Cette mesure n’échappe pas entièrement à la logique qu'il s’agit de remettre en cause. Pourtant, même si elle fait l'objet d’abus, la mesure va réduire les charges salariales et réduire le coût du travail.

  • 10 mai 2007

    Européens, faites partir Wolfowitz !

    Européens, faites partir Wolfowitz !

    Le FMI et la Banque mondiale sont-ils des agents des Etats-Unis qui cherchent à imposer au monde entier les idées anglo-saxonnes ? L'idée est populaire, mais bien loin de la réalité. L'affaire Wolfowitz offre une intéressante illustration de la manière dont fonctionnent ces institutions. Pour ceux qui l'ignorent, Wolfowitz est le président de la Banque mondiale. Il a une belle carrière derrière lui : ancien vice-ministre de la Défense de Bush, il est l'un des plus flamboyants « néo-cons », terme réservé aux Etats-Unis pour identifier les néoconservateurs qui ont pris le pouvoir avec l'arrivée de George W. à la Maison blanche. Après avoir « brillamment » réussi à monter la guerre en Irak, il a obtenu son bâton de maréchal à la tête de la Banque mondiale, une marque de profonde gratitude de son président.

  • 5 avril 2007

    L'Europe dans la campagne

    L'Europe dans la campagne

    L’Europe n’est pas vraiment un sujet chaud de la campagne. Question inintéressante ou trop délicate ? Il est difficile de croire que les Français se désintéressent de l’Europe et que les candidats n’ont rien à leur dire sur la question. Il est probable qu’ils évitent un sujet qui fâche. Mais à ne pas parler des questions importantes, on ne fait guère avancer les choses. Il ne faut pas s’étonner, dès lors, que la France, autrefois à la pointe de la construction européenne, ait beaucoup perdu de son influence. La raison ? Deux profonds malentendus aux effets désastreux qu’il serait bon d’aborder.

  • 5 mars 2007

    Les déficits des candidats

    Les déficits des candidats

    Il est rare de voir les principaux candidats d'accord sur un sujet. Or tous les trois semblent convaincus que la réduction de la dette publique est prioritaire. La Commission européenne, qui s'est érigée en gardien du temple des dettes publiques, doit se frotter les mains, mais est-ce vraiment une des priorités de la France ?

  • 28 février 2007

    La fin des privilèges : Payer pour réformer

    La France est-elle vraiment irréformable ? La cause serait entendue, au vu du nombre de réformes retirées ou édulcorées par les gouvernements sous la pression de la rue et des lobbies. Face au blocage, trois stratégies sont envisageables : le passage en force à la Thatcher, impossible en France ; un grand compromis social global, impossible en l'absence de coopération des partenaires sociaux ; le rachat des rentes et des avantages acquis en échange de grandes réformes. C'est cette troisième voie que Jacques Delpla et Charles Wyplosz explorent ici en proposant la suppression des avantages acquis, dans l'apaisement. L'État devra, pour y parvenir, offrir à chaque perdant un paiement, solde de tout compte, qui compense le sacrifice exigé. Pour la première fois en France, deux économistes évaluent le coût financier de chacune de ces réformes. Leur conclusion est sans appel : pour réformer la France, il faut impérativement payer les rentiers. Acheter le livre sur Amazon

  • 4 février 2007

    Budget européen : Blair pose les bonnes questions

    Il faudra bien arriver à un accord sur le budget européen, sous une présidence ou une autre. Partant du principe que l’argent est le nerf de la guerre, Tony Blair a essayé d’utiliser le budget pour forcer une réforme en profondeur de l’Union Européenne. Ça n’a pas marché, et on s’achemine vers une négociation traditionnelle, où des petits compromis permettent aux petits égoïsmes de protéger leurs petits intérêts. La routine. Tony Blair a cependant posé les bonnes questions. Il a été trop audacieux pour réussir, mais trop timoré face au scandale que représente le budget européen.

  • 11 janvier 2007

    Le Monde selon Telos

    Le Monde selon Telos

    En décembre 2005 paraissaient les premières tribunes de Telos, une agence intellectuelle en ligne conçue pour faire surgir l'expertise académique dans le débat public. C'est aujourd'hui un livre. Présenté par Zaki Laidi (Sciences Po), ce volume est publié sous la direction de Lionel Fontagné (Université Paris I), Richard Robert (Sciences Po) et Charles Wyplosz (Hautes études internationales, Genève)

  • 18 octobre 2006

    Face au reflux de l'inflation la BCE devra-t-elle baisser ses taux ?

    Face au reflux inexpliqué de l'inflation certains commentateurs annoncent que la BCE devra baisser ses taux. Que faut-il en penser ? -->

  • 18 septembre 2006

    FMI : qu'attendre de Singapour ?

    Le FMI et la Banque Mondiale tiennent ces lundi et mardi leurs réunions annuelles à Singapour. Ces réunions ont une composante folklorique. Tout ce que la terre compte de financiers (ministres, banquiers centraux, banquiers privés, universitaires) pour le FMI, et de spécialistes du développement pour la Banque Mondiale, se retrouve pour la grand-messe annuelle. Depuis quelques années, invitées pour montrer l'ouverture du Fonds et de la Banque à la société civile, des milliers d'ONG se mêlent à la cohue et expriment leurs préoccupations. A l'extérieur, ceux qui ne sont pas invités brisent quelques vitrines, encore que cette année ils vont découvrir ce qu'est une police dans un pays autocratique. Et puis les feux s'éteignent et chacun rentre à la maison, fier d'avoir participé à un non-événement.

  • 1 septembre 2006

    La cagnotte est de retour...

    En 1999, la croissance économique battait son plein. Les Français gagnaient et dépensaient plus et, bien sûr, les recettes fiscales augmentaient. Comme par enchantement, le déficit budgétaire se réduisait et la dette publique augmentait moins vite que le revenu national. Fin tacticien mais piètre économiste, toujours obsédé par son boulot de dans deux ans, Chirac piégeait Jospin. Dans son allocution du 14 juillet, il feignait de découvrir une cagnotte et exigeait de « rendre aux Français une part de ce que l'on leur a pris ».

  • 26 juin 2006

    L'euro-révisionnisme

    Dans son discours d'Agen, Nicolas Sarkozy a dit des choses très justes sur l'Europe. Il a fustigé le « court-termisme » du Pacte de stabilité et suggéré qu'il pouvait y avoir de bons déficits publics dès lors qu'ils permettaient de financer réformes et croissance. Mais sur l'Euro et la BCE, ses remarques sont pour le moins contestables. Il dénonce l'euro fort, propose de rediscuter le statut et les objectifs de la BCE, et reprend à son compte la légende selon laquelle l'introduction de l'euro « s'est bel et bien accompagnée d’une forte hausse du coût de la vie et d’une chute du pouvoir d’achat ».

  • 12 juin 2006

    Le G7 est mort, vive le G5 !

    Décidément, ce que l'on appelle l'architecture monétaire internationale est en ébullition. La manœuvre avait commencé lors de l'assemblée générale du FMI en avril dernier. Constatant que le G7 n'était pas arrivé à progresser sur les grands déséquilibres mondiaux - le déficit externe vertigineux des Etats-Unis, la grotesque accumulation de réserves des pays asiatiques et la question de la surévaluation présumée de leurs monnaies - les ministres des finances et banquiers centraux de la planète avaient prié le FMI de se saisir de la question. Le signal était donc donné : pour la première fois, le G7, incapable de démêler la question monétaire internationale du jour, charge le FMI de se saisir du problème.

  • 8 juin 2006

    Ça bouge au FMI

    Ça bouge au FMI. Il y a deux mois, le Gouverneur de la Banque d’Angleterre avait tiré une première salve. Il exprimait le souhait que l'on repense la gouvernance du FMI. Cela faisait longtemps – au moins depuis la crise asiatique en 1997-1998 – que les observateurs étaient arrivés à la même conclusion, mais le monde officiel gardait une attitude plus que prudente sur un sujet qui fâche. Et voici qu'Anne Krueger, numéro deux du Fonds, avance des propositions concrètes. Elle propose d'accroître, automatiquement si possible, le poids des pays asiatiques. En creux, cela signifie que le poids des autres pays devrait diminuer. Evidemment, personne ne se porte volontaire, et c'est bien là toute la difficulté de la question. Il est vrai qu'Anne Krueger est sur le départ. Peut-être est-ce la raison d'une prise de position qui va irriter plus d'un gouvernement...

  • 12 avril 2006

    Non monsieur Timbeau, l'Europe a bien un problème d'offre

    La thèse de Xavier Timbeau est qu'en se lançant dans un effort de réduction des coûts, l'Allemagne a non seulement vu sa croissance ralentir, mais a déprimé l'ensemble de l'économie européenne. Son pronostic est que d'autres pays suivront la même démarche, notamment la France et l'Italie. Sa conclusion est que « le gain de compétitivité par les coûts ne fonctionne pas pour produire la croissance ». Sa contre-proposition subliminale est qu’une bonne relance par la demande vaut mieux qu'une réforme de l'offre. S'il pouvait avoir raison…

  • 10 avril 2006

    En économie, peut-on dire n'importe quoi ?

    Le Monde a publié dans son numéro daté du 11 avril un article de Thomas Coutrot et Michel Husson critiquant les évaluations des effets du CNE produites par Pierre Cahuc et Stéphane Carcillo, ainsi que la réponse de ces derniers. La critique porte sur la méthodologie adoptée pour effectuer le chiffrage - les modèles d'appariement qui décrivent comment employés et employeurs se rencontrent sur le marché du travail - qui est présentée comme « baroque ».

  • 3 mars 2006

    Sale temps pour la nouvelle Europe

    Les nouveaux membres de l’UE ont vocation à adopter l’euro dès que possible. La définition du mot « possible » est claire : comme les pays de la vieille Europe, ils doivent satisfaire aux critères de convergence de Maastricht. Or la Commission a récemment publié son évaluation de la situation. Un seul pays, la Slovénie, peut envisager d’adopter l’euro en 2007, la date la plus rapprochée prévue. Recalées l’Estonie et la Lituanie qui ont adopté l’euro de facto depuis plusieurs années. Recalés tous les autres pays qui, pourtant, souhaitaient devenir des membres à part entière de l’Union.

  • 14 février 2006

    Laisse passer Trichet, je laisserai passer Stark

    Juergen Stark vient d’être nommé au conseil d’administration de la Banque centrale européenne (BCE), en remplacement de son compatriote Otmar Issing, qui termine son mandat de huit ans, non renouvelable. Avec lui, tous les six membres initialement nommés quand la BCE a été créée auront été remplacés. Et les grands pays (Allemagne, Espagne, France et Italie) ont réussi le coup de se réserver chacun un des quatre sièges. Comme tous les autres anciens et nouveaux membres du Conseil d’administration, Stark vient de la haute administration économique (ministères des Finances ou banques centrales, parfois les deux). Cela garantit un conseil homogène, sans opinions divergentes. La machine va pouvoir ronronner à l’abri de toute influence pernicieuse sur son mode de pensée et surtout sans débat interne sur sa compréhension de ce qu’est, ou doit être, la politique monétaire.

  • 9 janvier 2006

    BCE : la complainte des gouvernements

    Jeudi prochain, la Banque centrale européenne (BCE) devrait annoncer qu'elle laisse ses taux d'intérêt inchangés. Après les avoir gardés constants depuis juin 2003, elle les a augmentés d'un quart de point en décembre dernier. Pourquoi les augmenter en décembre et pas en janvier ? Sa décision de décembre avait été saluée par une volée de bois vert. De nombreux ministres, dont Jean-Claude Juncker, le ministre des Finances luxembourgeois qui exerce la fonction de président de l'Eurogroupe, avaient alors accusé la BCE de prendre le risque de faire avorter la reprise économique qui s'annonce timidement. Pourquoi tant de malentendus ?

  • 21 décembre 2005

    L'affaire Fazio ou l'exception (bancaire) italienne

    Au terme de plusieurs mois de combats sombres et de révélations nauséabondes, le gouverneur de la Banque d'Italie a démissionné. La justice se prononcera un jour. La police italienne enquête et la Commission Européenne saisit la Cour Européenne de Justice. Il est bien trop tôt pour savoir exactement ce qui s'est passé et pour condamner Antonio Fazio. Il se peut qu'il se défend parce qu'il n'a rien fait de répréhensible, tout comme il se peut qu'il ne cherche qu'à repousser l'instant du jugement. Mais l'accumulation de révélations l'ont paralysé et, en attendant, son refus, pendant des mois, de démissionner pose la question de l'indépendance des banques centrales.

  • 12 décembre 2005

    Budget européen : Blair pose les bonnes questions

    Il faudra bien arriver à un accord sur le budget européen, sous une présidence ou une autre. Partant du principe que l’argent est le nerf de la guerre, Tony Blair a essayé d’utiliser le budget pour forcer une réforme en profondeur de l’Union Européenne. Ça n’a pas marché, et on s’achemine vers une négociation traditionnelle, où des petits compromis permettent aux petits égoïsmes de protéger leurs petits intérêts. La routine. Tony Blair a cependant posé les bonnes questions. Il a été trop audacieux pour réussir, mais trop timoré face au scandale que représente le budget européen.