
Charles Wyplosz edit
Professeur d'économie, Institut de Hautes Etudes Internationales et du Développement (Genève) Site personnel de l'auteur Écrivez à Charles Wyplosz-
22 mars 2009
Relance : pourquoi les Américains ont raison
La préparation du G20, qui devait sceller la coopération internationale face à la crise, est en train de creuser un profond fossé entre l'Europe et les Etats-Unis. Les Américains ont lancé un appel pour une relance budgétaire coordonnée. Ils ont reçu le soutien actif du FMI, des Anglais, des Japonais et même des Chinois. Mais les Européens, emmenés par l'habituel tandem franco-allemand, plaident plutôt pour un renforcement de la réglementation des marchés financiers. Les raisons de ce dialogue de sourds sont multiples, et pas forcément à l'avantage des Européens. lire la suite
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10 février 2009
L'Europe à la traîne
Les taux d’intérêt aux États-Unis, en Grande-Bretagne ou au Japon sont pratiquement à 0% mais la BCE a choisi de rester inactive en février, avec un taux directeur à 2%. Obama presse le Congrès d’adopter une relance budgétaire de l’ordre de 7% du PIB alors que les gouvernements européens donnent l’impression de faire de l’audace avec des gestes qui ne pèsent que 1%. La différence entre un taux d’intérêt à 2% ou à 0% n’est pas extraordinaire, mais ce qui frappe, c’est la différence de réaction. Certes, la crise est « made in USA » c’est aux États-Unis que la récession est la plus profonde. Il est donc normal que les autorités réagissent avec plus de vigueur. Mais la relative passivité des Européens est spectaculaire. Les autorités européennes – BCE, gouvernements – ne semblent pas avoir pris la mesure des dangers et, pire encore, semblent coincées par des considérations idéologiques d’un autre temps. Au moment où l’on nous annonce une nouvelle initiative Merkel-Sarkozy, on peut se demander quelles sont les raisons de cette passivité. lire la suite
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17 décembre 2008
Le mirage de la relance ciblée
La relance budgétaire est une opération de bon sens. On ne devrait jamais accepter un déficit budgétaire de bon cœur car il est rarement justifié. Après trois décennies de gabegie, la dette publique est élevée et pèse sur l’économie. Mais il n’y a pas le choix. À situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Bravo, donc, pour la relance et, courage. Si les prévisionnistes ne se trompent pas – ce serait original ! – il en faudra sans doute beaucoup plus. Mais il est étrange de voir comment une bonne idée peut être immédiatement galvaudée. Tous les groupes d’intérêt n’ont compris qu’une chose : le porte-monnaie de l’État – le vôtre, le mien, celui des contribuables – s’entrouvre. Et le gouvernement semble avoir compris la même chose : le temps est aux bonnes œuvres, celles qui vous valent des reconnaissances durables. À ce jeu très en vogue, ce n’est ni le sens de l’intérêt général ni la qualité du raisonnement économique qui compte, mais le toupet et la gourmandise. De quoi faire pâlir les banquiers. lire la suite
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17 novembre 2008
Le G7 est mort. Vive le G20 ?
Comme prévu, le sommet du G20 aura accouché de vœux pieux et d’une longue déclaration qui promet des lendemains qui chantent. Rien de ce qui figure dans la déclaration finale n’est nouveau. Un sommet inutile, donc ? Oui, sauf que sa tenue est intéressante en soi si elle signale la mort du G7. Or rien n’est moins sûr. lire la suite
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19 octobre 2008
Envoyons vite un chèque à tous les ménages !
Il est encore trop tôt pour pousser un ouf de soulagement, mais il se pourrait bien que la crise financière tire à sa fin. Il faut à présent penser à ses effets sur l’économie réelle – croissance, emploi – qui va devenir notre première préoccupation. Une relance budgétaire s’impose, et vite. La solution ? Envoyer vite un chèque à tous les ménages.--> lire la suite
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- Alberto Alesina
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Crise financière: que faire?
L'Europe est au milieu d'une crise comme on n’en connaît qu’une fois dans une vie. Chacun sait ce qui est arrivé quand les marchés financiers ont cessé de fonctionner durant les sombres années 30. Il n'est pas exagéré de dire que cela pourrait arriver à nouveau si les gouvernements n'agissent pas. Nous ne disons pas que cela va arriver, mais il est essentiel de savoir ce qui est en jeu. lire la suite
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18 septembre 2008
La fin du capitalisme ? Non, bien au contraire…
Les événements des derniers jours confirment que la crise actuelle est, de loin, la plus grave de toute l’histoire bancaire. Wall Street est décimée, et ce n’est pas terminé. D’autres fleurons de la finance internationale vont sans doute disparaître dans les jours ou les semaines qui viennent. Ce n’est ni surprenant, ni désolant, ni même particulièrement inquiétant. lire la suite
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9 septembre 2008
Le temps de la rigueur est-il venu ?
Une fois de plus, la classe politique débat du déficit budgétaire. Une fois de plus, le débat est conduit à coups d'affirmations péremptoires qui laissent de côté les principes économiques un peu plus compliqués que " c'est bien-c'est mal ", et une fois de plus il manque la perspective d'une stratégie à long terme. lire la suite
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11 juillet 2008
Choc pétrolier : restons calmes…
Le quadruplement des prix du brut depuis 2003 représente une grosse ponction sur le pouvoir d’achat des consommateurs. Malheureusement pour les gouvernements, et pour leurs concitoyens, ils ne peuvent pas faire grand-chose à court terme. La hausse des prix du pétrole ressemble à s’y méprendre à une taxe et la ponction est inévitable. Il faut donc éviter certaines erreurs… lire la suite
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7 mai 2008
Les réformes et l’Europe : rendez-vous manqué
En annonçant la rupture avec les archaïsmes franco-français, le candidat Sarkozy se présentait comme celui qui mettrait un terme à la marginalisation de la France dans les affaires européennes. Certes, son ardeur à promouvoir les entreprises françaises inquiétait nos partenaires, mais l’idée d’une France profondément réformée soulevait bien des espoirs. C’était bien parti. lire la suite
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28 mars 2008
Bonne nouvelle : l’euro est fort !
L’euro est fort, et alors ? Oui, c’est une mauvaise nouvelle pour nos exportateurs qui doivent serrer leurs marges. Au fait, où étaient-ils quand l’euro ne valait que la moitié de sa valeur actuelle ? On ne les entendait pas plus à l’époque que l’on n’entend aujourd’hui les agriculteurs, maintenant que les prix des céréales et du lait explosent. lire la suite
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6 mars 2008
BCE : comment elle peut mieux faire
La plus grande incertitude règne aujourd’hui en ce qui concerne les intentions de la BCE. L’inflation augmente, la croissance ralentit, les marchés financiers ne parviennent pas à sortir de leurs profondes difficultés : tout cela complique sa tâche. Mais son véritable défi est un déclin de sa crédibilité. lire la suite
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4 février 2008
Sarkozy : premier bilan à froid
Durant la campagne, Nicolas Sarkozy a articulé un programme d'une densité inhabituelle. Pas un pan de la vie des Français n'a été oublié, les propositions étaient audacieuses et, en général, bonnes. La rupture a été plébiscitée. Arrivé à l'Elysée, Sarkozy martèle les mêmes thèmes, entame son programme mais, comme on aurait pu s'y attendre, nombre de ses projets semblent absorbés par les sables mouvants de la politique. La méthode qui consiste à ouvrir simultanément une multitude de fronts commence à montrer ses limites. lire la suite
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28 janvier 2008
Le pouvoir d’achat est au bout de l'emploi
Nicolas Sarlozy a ouvert la boîte de Pandore du pouvoir d’achat et il va avoir bien du mal à la refermer. Le problème, pour lui, c’est que le pouvoir d’achat n’augmentera plus vite que lorsque le chômage aura diminué, et que cela va prendre beaucoup de temps, à supposer qu’il y parvienne. lire la suite
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6 décembre 2007
L’euro trop fort : le début de la fin ?
Il monte, il monte, l’euro. Le seuil de 1,5 dollars pour un euro est en vue, et sera sans doute franchi très bientôt. En octobre 2000, dans une période de faiblesse qui avait alors beaucoup frappé les esprits, l’euro ne valait que 0,85 dollars. Depuis le début de cette année seulement, il s’est apprécié de près de 15%, toujours vis-à-vis du dollar. Alors il souffle un vent de panique. Airbus a même indiqué que son existence était en jeu. Tout cela est-il justifié ? Non, pour deux raisons principales. D’abord, mesurer l’euro par rapport au dollar est un peu de la supercherie. Ensuite, rien ne dit que la situation va durer bien longtemps. lire la suite
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17 octobre 2007
Pourquoi il faut renationaliser le Pacte de stabilité
Le Conseil européen, qui se réunit le 18 octobre à Lisbonne pour finaliser le projet de Traité simplifié, ferait bien de se pencher avec un peu plus d’imagination sur la manière dont la zone euro est gouvernée. Lundi nous abordions la question de la place de la BCE dans cette gouvernance. Aujourd’hui, nous abordons un second volet dans lequel nous proposons ni plus ni moins que la renationalisation du Pacte de stabilité et de croissance. lire la suite
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15 octobre 2007
Comment mieux gouverner la zone euro ?
Le Conseil européen se réunit le 18 octobre à Lisbonne pour finaliser le projet de Traité simplifié. Mais une des questions qui se posent concerne la manière dont la zone euro doit être gouvernée, une zone prise entre les impératifs d’indépendance de la BCE et les impératifs politiques de l’Eurogroupe. C’est un sujet sur lequel la France s’est souvent distinguée mais sans jamais convaincre ses partenaires. Les idées, pourtant, ne manquent pas. En voici quelques-unes concernant la question de l’indépendance de la BCE. Un deuxième article présentera mercredi d’autres idées concernant le Pacte de stabilité et de croissance. lire la suite
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22 septembre 2007
Pourquoi la BCE ne bouge pas ?
La banque centrale américaine a amorcé la décrue des taux d'intérêt, avec une baisse d'une ampleur (un demi pour cent) qui a un peu surpris. Est-ce un signal que vont suivre les autres banques centrales, dont la BCE ? C'est peu probable, à ce stade. lire la suite
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14 juin 2007
Tax-free extra hours worked: not such a bad idea, after all
As a candidate, Sarkozy promised to reform labour markets. His first move concerns the infamous 35 hours workweek, not really a surprise. The shorter workweek had been introduced by the socialist government of Jospin with the explicit aim of sharing work to increase employment. It followed on earlier moves under President Mitterrand in the 1980s and under President Chirac in the 1990s. That the idea was mistaken may be obvious to (non-French) economists, but it remains controversial in France because substantial subsidies, introduced when the Jospin government realized that the measure could, well, actually reduce employment, make it difficult to identify its effects. lire la suite
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5 juin 2007
Heures supplémentaires : une fausse mauvaise idée
La défiscalisation des heures supplémentaires au-delà des 35 heures peut paraître politiquement habile. On ne s'attaque pas au symbole, mais on le vide de sa substance. Cette mesure n’échappe pas entièrement à la logique qu'il s’agit de remettre en cause. Pourtant, même si elle fait l'objet d’abus, la mesure va réduire les charges salariales et réduire le coût du travail. lire la suite
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