• 14 avril 2006

    Quand le CNE passera devant le juge : trois scénarios possibles

    À supposer que le CNE survive politiquement au retrait du CPE, trois scénarios semblent envisageables dans la façon dont le juge tranchera d'éventuels conflits du travail dans le cadre de ce contrat.

  • 12 avril 2006

    Non monsieur Timbeau, l'Europe a bien un problème d'offre

    La thèse de Xavier Timbeau est qu'en se lançant dans un effort de réduction des coûts, l'Allemagne a non seulement vu sa croissance ralentir, mais a déprimé l'ensemble de l'économie européenne. Son pronostic est que d'autres pays suivront la même démarche, notamment la France et l'Italie. Sa conclusion est que « le gain de compétitivité par les coûts ne fonctionne pas pour produire la croissance ». Sa contre-proposition subliminale est qu’une bonne relance par la demande vaut mieux qu'une réforme de l'offre. S'il pouvait avoir raison…

  • 12 avril 2006

    La course déprimante à la compétitivité

    Depuis 2000, l'Allemagne fait tout pour réduire le coût du travail. Réforme de la protection sociale, réforme de l'allocation chômage, réforme du marché du travail avec l'introduction des mini-jobs, marginalisation des accords de branches dans les négociations salariales, politiques budgétaires restrictives et, malgré cela, réductions d’impôts pour les sociétés. La nouvelle division du travail entre les vieux pays de l'euroland et les anciens de l'est contribue à alimenter, particulièrement en Allemagne, la pression concurrentielle.

  • 12 avril 2006

    Europe: l'impôt sur les sociétés est-il condamné ?

    Europe: l'impôt sur les sociétés est-il condamné ?

    La possible harmonisation des bases de l'impôt sur les sociétés était à l'ordre du jour de la réunion des ministres des Finances de l'Union européenne (UE), vendredi et samedi derniers à Vienne. Elle a donné lieu à une passe d'armes entre partisans et adversaires d'une telle harmonisation. Les crispations ont pour origine l'intensification de la concurrence fiscale entre Etats membres, induite notamment par l'élargissement de 2004.

  • 12 avril 2006

    Un euro fort ne favorise pas les réformes

    La récente appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar résulte d'un double changement de 'rating' sur les marchés des changes : pessimisme accru quant aux perspectives à court terme de l'économie américaine, et optimisme renforcé quant à la croissance européenne à moyen terme. Cela soulève deux questions. L'une conjoncturelle : l'euro continuera-t-il à être la seule variable d'ajustement face à la dépréciation cyclique du dollar ? L'autre structurelle : un euro fort est-il un moyen de pression efficace pour les réformes de fond dont l'Europe a tant besoin ?

  • 11 avril 2006

    CPE : post mortem

    Ainsi la courte vie du CPE a pris fin. Les lycéens et étudiants vont, difficilement, rentrer au bercail. Les organisations syndicales vont savourer leur victoire. Les parlementaires vont voter le texte qui leur a été concocté pour remplacer l'article 8 de la loi sur l'égalité des chances. Et maintenant ?

  • 10 avril 2006

    En économie, peut-on dire n'importe quoi ?

    Le Monde a publié dans son numéro daté du 11 avril un article de Thomas Coutrot et Michel Husson critiquant les évaluations des effets du CNE produites par Pierre Cahuc et Stéphane Carcillo, ainsi que la réponse de ces derniers. La critique porte sur la méthodologie adoptée pour effectuer le chiffrage - les modèles d'appariement qui décrivent comment employés et employeurs se rencontrent sur le marché du travail - qui est présentée comme « baroque ».

  • 8 avril 2006

    Pour les marchés financiers l'Europe n'est plus un espace pertinent

    Nombreux étaient ceux qui pensaient que l'introduction de l'euro avait sonné le glas des marchés nationaux en Europe, et obligerait à organiser les structures du marché des capitaux à l'échelle du continent. Mais l'offre du Nasdaq sur le London Stock Exchange nous ramène à une nouvelle réalité : celle d'un marché financier qui a déjà dépassé l'étape européenne pour devenir résolument transatlantique. Le retrait de la proposition américaine le 30 mars n'y change rien : l'important, c'est qu'une telle offre est devenue tout à fait envisageable.

  • 6 avril 2006

    CPE : les conséquences juridiques d'une vraie-fausse promulgation

    La position exposée par le Président de la République dans sa déclaration du 31 mars 2006 pose problème au regard du droit constitutionnel et du droit du travail.

  • 5 avril 2006

    Italie: une grenouille dans l'eau froide

    Italie: une grenouille dans l'eau froide

    En 15 ans, la part de l'Italie dans les exportations mondiales a perdu un point, passant de 4 à 3%. Depuis le début de l'union monétaire, le volume des exportations italiennes est resté pratiquement plat, alors qu'il augmentait de 25% en Allemagne, de 20% en Espagne et de 10% en France. C'est le résultat d'une compétitivité qui se dégrade rapidement, un problème sérieux pour un pays où, comme en Allemagne, les exportations ont traditionnellement été le principal moteur de la croissance. En 2005, après avoir atteint une moyenne de 1% pendant les quatre dernières années, la croissance est restée au point mort.

  • 5 avril 2006

    La préférence pour l'immobilisme

    Depuis 20 ans, les jeunes, notamment les étudiants, ont refusé toutes les réformes concernant l'accès aux études supérieures ou au marché du travail : en 1986 la réforme Devaquet (actuel conseiller du Président Chirac) ponctuée par la mort tragique de Malik Oussekine, en 1993 le CIP d'Edouard Balladur, et plus récemment la réforme du baccalauréat prévue par François Fillon et les tentatives timides de Luc Ferry d'accorder plus d'autonomie aux universités : toutes ces réformes et beaucoup d'autres ont suscité l'hostilité des jeunes et ont été finalement abandonnées. Certaines d'entre elles étaient sans doute bonnes, d'autres peut-être mauvaises, mais ce qui frappe c'est la systématicité du refus. Le CPE va s'inscrire, selon toute probabilité, dans cette longue liste des réformes avortées, dans le domaine de l'enseignement et de l'insertion professionnelle.

  • 4 avril 2006

    La mort du CPE reposera-t-elle l'avenir du CNE ?

    La décision du Président de la République sur l'avenir du CPE est pour le moins insolite. Tout a été dit sur la bizarrerie d'une solution qui passe par la promulgation d'une loi dont un article ne devra pas être appliqué avant d'être modifié par une nouvelle loi. En outre, ce n'est pas l'exécutif qui établira le nouveau projet, mais, pour aller plus vite, pour contourner le Conseil d'Etat et probablement aussi pour amadouer le président de l'UMP, c'est aux députés de la majorité que le Chef de l'Etat demande directement de déposer une proposition de loi. La Constitution est bonne fille et le " couple exécutif ", comme on dit, montre une belle capacité de contorsion.

  • 3 avril 2006

    L'Europe a besoin d'un accès libre aux pipelines russes

    La Russie a choisi de faire de la sécurité énergétique le thème dominant du sommet du G-8 qui aura lieu mi-juin à Saint-Pétersbourg. C'est un bon choix. La demande mondiale de pétrole s'élève désormais à presque 85 millions de barils par jour. Les pessimistes soutiennent que la production pétrolière mondiale est à son pic, alors que les optimistes suggèrent qu'en 2020 elle peut atteindre 105 millions de barils ; mais cela ne fait pas grande différence.

  • 31 mars 2006

    Même si le CPE est retiré les syndicats devront bouger...

    Un droit du travail trop strict a tendance à diminuer le taux d'emploi des jeunes et des femmes et augmenter la durée de chômage dans les pays de l'OCDE. Avec un ensemble législatif parmi les plus protecteurs de l'OCDE et un des plus hauts salaires minimaux touchant 15 % des salariés, la France est clairement dans ce cas. A priori, on devrait bien accueillir une réforme comme le CPE (mais aussi le CNE), qui s'attaque à la question du droit des CDI.

  • 31 mars 2006

    Pour savoir si les réformes marchent il faut pouvoir les évaluer

    En France, comme l'a dit en son temps François Mitterrand, on a tout essayé en matière d'emploi. Mais la plupart du temps et faute de consensus les réformes se font à toute petite dose, ou bien à la marge - ce qui est d'ailleurs le cas du CNE. Serait-il possible de tenter plus ou mieux ? Il faudrait, pour cela, avoir la certitude que les réformes vont marcher. Or pour savoir ce qui marche et ce qui ne marche pas il faut disposer d'instruments d'évaluation. Mais c'est précisément là où le bât blesse en France. Le pays a du mal à évaluer ses réformes et ce pour deux raisons : l'une est culturelle, les ministères ne délèguent pas toujours facilement aux chercheurs le soin d'évaluer ; l'autre est structurelle, le manque d'instruments de mesure.

  • 28 mars 2006

    CPE : un regard italien

    La flexibilité du marché du travail est en France comme en Italie au centre des débats politiques. Le CPE du gouvernement Villepin a suscité des manifestations étudiantes comme on n'en avait pas vu depuis 1968. Dans l'arène politique italienne, le thème s'impose aussi comme l'un des plus marquants à la veille des élections générales prévues début avril. Cette semaine marque aussi le quatrième anniversaire de l'assassinat de Marco Biagi, un universitaire tué par les terroristes pour ses idées et ses essais de réforme du marché du travail italien.

  • 27 mars 2006

    CNE / CPE : un peu trop ou pas assez ?

    Les nouveaux contrats proposés par le gouvernement constituent une véritable révolution. En suspendant les lois qui réglementent le marché du travail, ils résolvent d'une façon radicale le problème d'une doctrine trop rigide sur le licenciement. Pourtant, en s’en tenant aux deux ans de la durée du contrat, ils ne modifient qu’à la marge la flexibilité réelle, tout en renforçant le dualisme inefficace et injuste du marché du travail.

  • 26 mars 2006

    Et si la réforme du code du travail passait par des expérimentations locales

    Comment réformer le marché du travail en France ? La tâche semble impossible au regard de l'ampleur des manifestations contre le CPE, ce qui prouve une fois de plus qu'une majorité à l'Assemblée, au Sénat et un soutien de l'Élysée ne suffisent pas.

  • 23 mars 2006

    TTU : France cherche politique européenne

    Depuis le 29 mai, les augures européens scrutent l’horizon politique français. Parce qu’ils concernent un grand pays, à l’origine des principales étapes de la construction européenne, les états d’âme de la France ont des implications fondamentales pour l’ensemble du projet européen.

  • 22 mars 2006

    Les dessous du patriotisme économique

    Les hommes politiques européens ne sont pas toujours cohérents. Ils passent leur temps à rivaliser pour attirer les capitaux étrangers. Et puis, de temps à autre, ils luttent activement contre ces mêmes capitaux. Les événements récents ont donné une nouvelle illustration de ce phénomène, avec un gouvernement français qui essaie d'empêcher une grande entreprise de passer entre des mains étrangères, tout en expliquant que la France n'est pas protectionniste, puisqu'elle reçoit beaucoup d'investissements directs. Ce n'est d'ailleurs qu'un exemple, car beaucoup d'autres Etats se comportent de la même façon. Comment juger ce comportement apparemment incohérent ?