• 12 novembre 2006

    L'innovation artistique vue par un économiste

    Pourquoi le vingtième siècle a-t-il vu naître un art si différent ? Une étude publiée récemment par David W. Galenson, l'un des grands noms de l'économie de la culture, ne répond pas à cette question, mais en donne une formulation intéressante qui ouvre des pistes nouvelles. Explorons-les.

  • 11 novembre 2006

    Le symptôme irakien

    L'Irak ne fut que la cause immédiate de l'échec des républicains le 7 novembre. Les électeurs ont manifesté leur refus d'un système de gouvernement qui ne reconnaissait aucune limite. C'était une réaffirmation implicite des principes de la démocratie. Mais ce n'était pas une victoire pour les démocrates, qui ont désormais le pouvoir législatif mais aucun programme. --> La mésaventure irakienne ne fut que la cause immédiate de l'échec des républicains le 7 novembre. Alors que les élections de mi-mandat dépendent habituellement des enjeux locaux, les démocrates ont réussi à nationaliser un nombre suffisant de scrutins pour prendre l’avantage. Le président Bush les a bien aidés en resortant un argument qui lui avait déjà servi en 2002 et 2004, la "guerre contre la terreur".

  • 11 novembre 2006

    Comment aider les élus à mieux travailler ?

    La proposition de Ségolène Royal d'instaurer des « jurys citoyens » renvoie à une procédure anglaise de démocratie participative, les citizens juries, étrangère à l'idée d'une évaluation a posteriori du travail des élus. Prenons toutefois le temps de discuter l’idée de panels de citoyens invités à procéder à cette évaluation.

  • 9 novembre 2006

    Démocratie participative : la formule suisse

    La proposition de Ségolène Royal d'instaurer des jurys populaires qui auraient à examiner si les promesses faites avant une élection ont bien été tenues mérite débat. Pour le nourrir, un détour par la Suisse n'est pas forcément inutile. La participation des citoyens y permet par exemple de mieux contrôler les dépenses publiques et d'empêcher certaines hausses d'impôts, en examinant en profondeur des projets particulièrement coûteux, surtout au niveau local. Au niveau de la Confédération, les dépenses publiques sont maîtrisées et cette année l'équilibre financier semble avoir été plus qu'atteint puisque les comptes de l'Etat fédéral présenteront un excédent d'au moins deux milliards de francs suisses. Mais tout cela est-il dû au contrôle populaire exercé par les institutions de démocratie directe ? Rien n'est moins sûr.

  • 8 novembre 2006

    Etats-Unis : l'antiterrorisme va-t-il changer de visage ?

    Si l’élection du 7 novembre semble avoir clos l’ère des victoires électorales du président Bush, la lutte contre le terrorisme international prendra-elle une inflexion nouvelle, aux Etats-Unis, en Irak ou en Europe ? Rien n’est moins sûr, car cinq ans après le 11-Septembre, l’antiterrorisme a déjà atteint un seuil et changé de niveau. -->

  • 7 novembre 2006

    Le marché européen est-il tombé en panne ?

    Une étude récente souligne que 86% de la consommation européenne originaire des pays OCDE serait produite à l'intérieur des frontières nationales contre 10% en provenance des autres pays européens. Cette préférence, que les économistes appellent le biais domestique, aurait diminué fortement pendant la deuxième moitié des années quatre-vingt-dix mais resterait stable depuis, ce qui plaiderait en faveur d'une relance des politiques visant à unifier le marché européen. Il convient toutefois d'éviter de tirer des conclusions trop hâtives de cette observation statistique. L'indicateur de biais domestique retenu par cette étude semble un peu sommaire. Il amène par exemple à conclure que le biais dans la consommation américaine serait plus grand que celui prévalant au sein de l'Union ce qui contredit la littérature sur le sujet. -->

  • 6 novembre 2006

    Et si le microcrédit était étendu aux pays riches…

    Le prix Nobel de la Paix accordé cette année à Muhammad Yunus récompense l’invention du microcrédit. En 1976, celui qui était alors professeur d’économie à l’Université de Chittagong au Bangladesh a fait le pari que les pauvres aussi pouvaient utiliser les services bancaires. En créant la banque Grameen dans le village voisin de Jobra, il a commencé à offrir en crédit, de sa propre poche, de minuscules sommes d’argent à des personnes bien trop pauvres pour apporter des garanties. Son objectif était d’aider les villageois à financer leurs projets d’investissements, en espérant qu’ils échapperaient ainsi, un jour, à la pauvreté. A en juger par le nombre de banques similaires qui se sont multipliées dans les pays en développement et en Europe de l’Est, c’était manifestement une idée superbe. Aujourd’hui, ces banques servent presque sept millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.

  • 3 novembre 2006

    Le vent mauvais du populisme est-européen

    Les populistes de droite en Pologne et de gauche en Slovaquie dirigent maintenant des gouvernement, alliés à des partis nationalistes extrémistes. A Budapest, le principal parti d'opposition, le Fidesz, appelle ses supporters à manifester devant le Parlement pour la démission du gouvernement, le jour même où ce Parlement vient de confirmer par un vote de confiance le résultat des élections de mai dernier. A Prague, un gouvernement minoritaire de droite, qui après cinq mois de querelles et de mobilisation contre la « menace communiste » n'a toujours pas obtenu la confiance du Parlement, mène une purge à grande échelle de la haute administration. Enfin, l'entrée des Bulgares dans l'Union Européenne a été annoncée en transformant la campagne présidentielle en confrontation entre un ex-communiste qui se dit pro-européen et un proto-fasciste qui déclare détester les Turcs, les Tziganes et les Juifs. Pourquoi cette montée du populisme ? -->

  • 1 novembre 2006

    Le grand bêtisier de la dette publique

    Comme toujours à l’approche des élections, on se querelle à propos de « la dette ». M. Breton nous dit que c’est sa préoccupation majeure et dans l’Hebdo des socialistes numéro 421, qui présente les diagnostics et propositions des trois candidats possibles du PS, la dette est le première question de militant « tirée au hasard », selon un protocole sans aucun doute très scientifique. Qu’auraient fait les rédacteurs si la question tirée avait porté sur le trafic de défenses d’éléphants, on se le demande…

  • 31 octobre 2006

    Pourquoi Lula a été réélu

    Les élections brésiliennes d'octobre 2006 auront réservé bien des surprises. Elles concernaient, outre le président de la République, les députés fédéraux, un tiers des sénateurs, ainsi que les gouverneurs et les assemblées législatives des états fédérés. Mais c'est l'élection présidentielle, dont les deux tours ont eu lieu le 1er et le 29 octobre, qui a retenu, à juste titre, l'attention des électeurs et des observateurs.

  • 30 octobre 2006

    Le citoyen, l'expert et la piscine

    Ségolène Royal vient de proposer la création de « jurys de citoyens tirés au sort » qui assureraient « une surveillance populaire sur la façon dont les élus remplissent leur mandat ». Cette proposition vise à reconnecter les Français avec leurs élus en les impliquant dans la gestion des affaires publiques. Par ailleurs, ces commissions pourraient combler le déficit d'évaluation dont souffre l'action publique en France. Ces comités de « citoyens-experts » sont-ils en mesure de résorber à la fois un déficit démocratique et institutionnel ?

  • 29 octobre 2006

    La diversité culturelle ferait-elle peur au consommateur ?

    La diversité culturelle est sous nos yeux : il suffit de prendre la mesure du foisonnement des titres que les industries culturelles nous proposent aujourd'hui. Faut-il le rappeler ? 40 000 nouveautés chaque année du côté de l’édition de livres, 1400 entrées dans les playlists des radios de variétés ce dernier semestre, 240 films français produits en 2005, et plus de 500 films, français et étrangers, présentés sur nos écrans. Des chaînes de télévision à ne plus pouvoir cesser de zapper. Ne boudons donc pas notre plaisir. Nous sommes des consommateurs heureux. Et gâtés. Mais pourquoi alors la consommation se concentre t-elle sur quelques titres seulement ? La richesse de l'offre culturelle ne susciterait-elle pas des comportements de fuite devant la diversité ?

  • 26 octobre 2006

    Arrêtons de taper sur l'Italie !

    Arrêtons de taper sur l'Italie !

    L'abaissement de la note de l'Italie par deux agences de notation financière va sans doute redonner de la vigueur à une théorie qui connu un certain succès sur les marchés, à savoir que l'Italie pourrait bien être la première victime d'une union monétaire mal conçue

  • 25 octobre 2006

    Une nouvelle compréhension des marchés du travail

    Une nouvelle compréhension des marchés du travail

    Que les Américains travaillent plus que les Européens, on le sait. Pourquoi ? Le débat continue entre ceux qui avancent des explications culturelles (l’art de vivre en Europe, la soif d’ascension aux Etats-Unis) et ceux qui privilégient les aspects économiques (les bas salaires aux Etats-Unis, la réglementation en Europe). Une récente étude par Michael C. Burda, Daniel S. Hamermesh et Philippe Weil vient de relancer le débat, en faisant apparaître un phénomène que les auteurs nomment iso-travail. On pourrait le résumer ainsi : à un moment donné, dans un pays développé, la somme des heures de travail effectuées dans un cadre professionnel et à la maison tend à être identique pour les hommes et les femmes. Cette somme varie peu d’un pays à l’autre. Ainsi, aux Etats-Unis, les hommes comme les femmes ont consacré en 2003 un tiers de leur temps au « travail total », un chiffre pas très différent des 30% observés en Allemagne. Cette homogénéité offre un contraste surprenant avec les importantes différences entre hommes et femmes, mais aussi d’un pays à l’autre, quand on considère les heures consacrées au travail formel.

  • 23 octobre 2006

    Le CNE sera-t-il désactivé par le juge ?

    Depuis sa mise en orbite, plutôt réussie, par l'ordonnance estivale du 2 août 2005, le Contrat nouvelle embauche (CNE) a connu bien des avanies qui ont fini par introduire le doute quant à la fiabilité de la formule. Les chiffres annoncés (350 000 contrats conclus) ne doivent pas faire illusion : le CNE n'a pas encore trouvé sa place dans le paysage social et juridique français. Y parviendra-t-il un jour ? Rien n’est moins sûr. --> Son avenir est, en effet, tout entier suspendu au jugement des tribunaux. Plus précisément : que la Cour de cassation approuve un jour l’arrêt très critique du conseil de prud’hommes de Longjumeau confirmé par la Cour d’appel de Paris le 20 octobre, et c’en serait fait d’une formule vouée à rejoindre le CPE au cimetière. L’hypothèse en est à ce point probable que le gouvernement s’est engagé dans de grandes manœuvres visant au dessaisissement du juge judiciaire au profit du juge administratif.

  • 19 octobre 2006

    L'exception culturelle indienne ne ressemble guère à celle de la France

    L'exception culturelle indienne ne ressemble guère à celle de la France

    Premier pays producteur de films au monde, dans le peloton de tête des nations cinéphiles, dotée d'une noria de chaînes de télévision, l'Inde a développé pratiquement sans l'aide de l'Etat une industrie du divertissement de grande ampleur. Comment est-elle parvenue à ce résultat?

  • 18 octobre 2006

    Face au reflux de l'inflation la BCE devra-t-elle baisser ses taux ?

    Face au reflux inexpliqué de l'inflation certains commentateurs annoncent que la BCE devra baisser ses taux. Que faut-il en penser ? -->

  • 12 octobre 2006

    La vraie bombe nord-coréenne n'est pas nucléaire

    La vraie bombe nord-coréenne n'est pas nucléaire

    On ne sait rien de la Corée du Nord, pas même le chiffre exact de sa population qui est, littéralement, un secret d'Etat. Quoi d'étonnant, donc, qu'on ne sache pas, et ne saura peut-être jamais, si Pyongyang a véritablement effectué un test nucléaire, et de quelle sorte ? Le gouvernement américain, terriblement ennuyé par cette fâcheuse initiative, s'est empressé de souligner que la détonation enregistrée en Corée du Nord était de très faible ampleur, bien moindre que celles provoquées par les essais nucléaires indiens et pakistanais qui, eux, étaient bien réels. Et, d'ailleurs, les ingénieurs nord-coréens ont-ils vraiment eu le temps et les moyens de construire une bombe opérationnelle, depuis l'éviction en décembre 2002 des inspecteurs de l'AIEA ? Rien n’est moins sûr. De quoi parle-t-on, alors, lorsqu’on évoque la crise « nucléaire » nord-coréenne ? -->

  • 11 octobre 2006

    Ricardo est mort ! Champagne pour tout le monde ?

    Le débat sur les délocalisations rebondit. On se rappelle que Paul Samuelson avait lancé fin 2004 une controverse sur les bénéfices qu'en tirent les Etats-Unis. Le prix Nobel, revisitant la thèse de l'avantage comparé émise par David Ricardo il y a près de deux siècles, s'était attiré les foudres d'une grande partie de la profession. Un récent article de Gene Grossman et Esteban Rossi-Hansberg, présenté fin août lors d’une conférence organisée sous les auspices de la Federal Reserve Bank of Kansas City, commence à circuler très largement : il propose un paradigme adapté aux formes contemporaines de la mondialisation, remplaçant le concept ricardien d'échange de produits par celui d'échanges de tâches (tasks). Le point crucial est que les gains de productivité associés à cette nouvelle forme d'échange, favorables aux moins qualifiés, auraient probablement été sous-estimés jusqu’ci. Champagne pour tous ?

  • 10 octobre 2006

    Pourquoi les chaussures asiatiques font mal aux Italiens

    La décision de la Commission européenne de proroger pour deux ans les mesures anti-dumping sur les importations de chaussures chinoises et vietnamiennes a été saluée comme une victoire par les producteurs italiens, mais aussi par le ministre du Commerce extérieur, Emma Bonino, qui a activement négocié cette mesure alors même qu’elle est considérée comme la ministre la plus libérale de l'équipe Prodi. On peut cependant émettre quelques doutes quant à l’efficacité de cette mesure pour aider nos entreprises à retrouver des marges de manoeuvre, se réorganiser et faire face la concurrence internationale. --> En premier lieu, ces mesures risquent d'être davantage une fragile protection pour le manque d'efficacité de nos producteurs que la punition de comportements déloyaux.