• 24 novembre 2006

    Controverse : à propos de la taxe de monsieur Hulot

    Dans les colonnes de Telos, Urs Luterbacher propose une lecture critique du projet de taxation du CO2 du Pacte Ecologique de Nicolas Hulot. Selon lui, la proposition ne prend pas en compte l’agriculture qui représente un secteur important pour les émissions de gaz à effet de serre autres que le CO2. Elle serait surtout inefficace car, contrairement aux permis d’émission, elle n’inciterait pas à la mise en œuvre des solutions permettant les plus fortes réductions d’émission. -->

  • 21 novembre 2006

    Que se passe t-il à Oaxaca ?

    Le conflit local entre gouverneur et manifestants condense une série d'enjeux qui le rendent symptomatique d’une crise profonde du régime politique mexicain. L'autonomie croissante des gouverneurs, qui agissent parfois en véritables caudillos régionaux, atteste la fin du « présidentialisme impérial » et prouve à quel point ils sont devenus de véritables chefs politiques et non plus seulement les relais du pouvoir fédéral. -->

  • 20 novembre 2006

    Les négociations à l'OMC et les élections américaines

    Après la suspension des négociations du Cycle de Doha en juillet dernier, les négociateurs espéraient une reprise des pourparlers début 2007. Après une brève période de récupération, il était en effet envisageable de voir reprendre le Cycle après les élections au Congrès américain. Ces élections étaient en effet interprétées comme interdisant aux négociateurs américains de faire en 2006 des concessions supplémentaires sur les subventions agricoles. Maintenant que les résultats de ces élections sont connus, peut-on s'attendre à une reprise et une conclusion des négociations du Cycle de Doha ?

  • 17 novembre 2006

    La taxe de monsieur Hulot

    Le dernier livre de Nicolas Hulot, Pour un pacte écologique, contient une proposition pour combattre le changement climatique à l'aide d’une taxe sur le carbone. Trois questions méritent d’être posées à cet égard. Est-ce vraiment nouveau ? La taxe Hulot permettrait-elle d'atteindre l’objectif visé ? Ce projet est-il cohérent avec une politique climatique au niveau mondial ? Sur ces trois points il convient d'être extrêmement prudent. -->

  • 15 novembre 2006

    Le « critère caché » de Copenhague

    L'adhésion à l'Union Européenne est conditionnée par trois critères : l'économie de marché, l'Etat de droit et l'assimilation de l'acquis communautaire. S'y ajoute un critère dont on a peu parlé jusqu'à présent, la « capacité d'absorption » de l'Union européenne. Pour limiter l'entrée de nouveaux membres comme la Turquie et régler ainsi la question des frontières de l'Europe, l'UE ne serait-elle pas tentée de recourir à ce critère qui offre l'avantage politique d'être fort imprécis sans forcer l'Europe à s'en expliquer ? --> Certains discours politiques ont aujourd’hui tendance à affirmer que, puisque la Constitution n’a pu être ratifiée, le processus d'élargissement a désormais atteint les limites de sa capacité d’absorption. L’Europe souffrirait d'une maladie appelée la « fatigue de l’élargissement », et il conviendrait donc d’arrêter les dégâts pour enfin tracer les « frontières définitives » de l'UE.

  • 13 novembre 2006

    Comment le rapport Stern peut relancer les politiques climatiques

    Commandé par Gordon Brown au lendemain du sommet de Gleneagles, le Rapport Stern sur l’économie du changement climatique a été remis à Tony Blair le 30 octobre. Ses conclusions sont sans équivoque : l’analyse des impacts du changement climatique et de leurs coûts dans le scénario du laisser-faire indique qu’ils pourraient représenter une perte de PIB mondial de 5 à 20 % en 2050. A l’inverse, un scénario de maîtrise des émissions et de stabilisation rapide des concentrations de GES à un niveau faible, de 500 à 550 ppmv (parties par million en volume) pour l’ensemble des gaz, ne représenterait, si les meilleures technologies étaient utilisées partout, qu’un coût de l’ordre de 1% du PIB mondial.

  • 12 novembre 2006

    L'innovation artistique vue par un économiste

    Pourquoi le vingtième siècle a-t-il vu naître un art si différent ? Une étude publiée récemment par David W. Galenson, l'un des grands noms de l'économie de la culture, ne répond pas à cette question, mais en donne une formulation intéressante qui ouvre des pistes nouvelles. Explorons-les.

  • 11 novembre 2006

    Le symptôme irakien

    L'Irak ne fut que la cause immédiate de l'échec des républicains le 7 novembre. Les électeurs ont manifesté leur refus d'un système de gouvernement qui ne reconnaissait aucune limite. C'était une réaffirmation implicite des principes de la démocratie. Mais ce n'était pas une victoire pour les démocrates, qui ont désormais le pouvoir législatif mais aucun programme. --> La mésaventure irakienne ne fut que la cause immédiate de l'échec des républicains le 7 novembre. Alors que les élections de mi-mandat dépendent habituellement des enjeux locaux, les démocrates ont réussi à nationaliser un nombre suffisant de scrutins pour prendre l’avantage. Le président Bush les a bien aidés en resortant un argument qui lui avait déjà servi en 2002 et 2004, la "guerre contre la terreur".

  • 11 novembre 2006

    Comment aider les élus à mieux travailler ?

    La proposition de Ségolène Royal d'instaurer des « jurys citoyens » renvoie à une procédure anglaise de démocratie participative, les citizens juries, étrangère à l'idée d'une évaluation a posteriori du travail des élus. Prenons toutefois le temps de discuter l’idée de panels de citoyens invités à procéder à cette évaluation.

  • 9 novembre 2006

    Démocratie participative : la formule suisse

    La proposition de Ségolène Royal d'instaurer des jurys populaires qui auraient à examiner si les promesses faites avant une élection ont bien été tenues mérite débat. Pour le nourrir, un détour par la Suisse n'est pas forcément inutile. La participation des citoyens y permet par exemple de mieux contrôler les dépenses publiques et d'empêcher certaines hausses d'impôts, en examinant en profondeur des projets particulièrement coûteux, surtout au niveau local. Au niveau de la Confédération, les dépenses publiques sont maîtrisées et cette année l'équilibre financier semble avoir été plus qu'atteint puisque les comptes de l'Etat fédéral présenteront un excédent d'au moins deux milliards de francs suisses. Mais tout cela est-il dû au contrôle populaire exercé par les institutions de démocratie directe ? Rien n'est moins sûr.

  • 8 novembre 2006

    Etats-Unis : l'antiterrorisme va-t-il changer de visage ?

    Si l’élection du 7 novembre semble avoir clos l’ère des victoires électorales du président Bush, la lutte contre le terrorisme international prendra-elle une inflexion nouvelle, aux Etats-Unis, en Irak ou en Europe ? Rien n’est moins sûr, car cinq ans après le 11-Septembre, l’antiterrorisme a déjà atteint un seuil et changé de niveau. -->

  • 7 novembre 2006

    Le marché européen est-il tombé en panne ?

    Une étude récente souligne que 86% de la consommation européenne originaire des pays OCDE serait produite à l'intérieur des frontières nationales contre 10% en provenance des autres pays européens. Cette préférence, que les économistes appellent le biais domestique, aurait diminué fortement pendant la deuxième moitié des années quatre-vingt-dix mais resterait stable depuis, ce qui plaiderait en faveur d'une relance des politiques visant à unifier le marché européen. Il convient toutefois d'éviter de tirer des conclusions trop hâtives de cette observation statistique. L'indicateur de biais domestique retenu par cette étude semble un peu sommaire. Il amène par exemple à conclure que le biais dans la consommation américaine serait plus grand que celui prévalant au sein de l'Union ce qui contredit la littérature sur le sujet. -->

  • 6 novembre 2006

    Et si le microcrédit était étendu aux pays riches…

    Le prix Nobel de la Paix accordé cette année à Muhammad Yunus récompense l’invention du microcrédit. En 1976, celui qui était alors professeur d’économie à l’Université de Chittagong au Bangladesh a fait le pari que les pauvres aussi pouvaient utiliser les services bancaires. En créant la banque Grameen dans le village voisin de Jobra, il a commencé à offrir en crédit, de sa propre poche, de minuscules sommes d’argent à des personnes bien trop pauvres pour apporter des garanties. Son objectif était d’aider les villageois à financer leurs projets d’investissements, en espérant qu’ils échapperaient ainsi, un jour, à la pauvreté. A en juger par le nombre de banques similaires qui se sont multipliées dans les pays en développement et en Europe de l’Est, c’était manifestement une idée superbe. Aujourd’hui, ces banques servent presque sept millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.

  • 3 novembre 2006

    Le vent mauvais du populisme est-européen

    Les populistes de droite en Pologne et de gauche en Slovaquie dirigent maintenant des gouvernement, alliés à des partis nationalistes extrémistes. A Budapest, le principal parti d'opposition, le Fidesz, appelle ses supporters à manifester devant le Parlement pour la démission du gouvernement, le jour même où ce Parlement vient de confirmer par un vote de confiance le résultat des élections de mai dernier. A Prague, un gouvernement minoritaire de droite, qui après cinq mois de querelles et de mobilisation contre la « menace communiste » n'a toujours pas obtenu la confiance du Parlement, mène une purge à grande échelle de la haute administration. Enfin, l'entrée des Bulgares dans l'Union Européenne a été annoncée en transformant la campagne présidentielle en confrontation entre un ex-communiste qui se dit pro-européen et un proto-fasciste qui déclare détester les Turcs, les Tziganes et les Juifs. Pourquoi cette montée du populisme ? -->

  • 1 novembre 2006

    Le grand bêtisier de la dette publique

    Comme toujours à l’approche des élections, on se querelle à propos de « la dette ». M. Breton nous dit que c’est sa préoccupation majeure et dans l’Hebdo des socialistes numéro 421, qui présente les diagnostics et propositions des trois candidats possibles du PS, la dette est le première question de militant « tirée au hasard », selon un protocole sans aucun doute très scientifique. Qu’auraient fait les rédacteurs si la question tirée avait porté sur le trafic de défenses d’éléphants, on se le demande…

  • 31 octobre 2006

    Pourquoi Lula a été réélu

    Les élections brésiliennes d'octobre 2006 auront réservé bien des surprises. Elles concernaient, outre le président de la République, les députés fédéraux, un tiers des sénateurs, ainsi que les gouverneurs et les assemblées législatives des états fédérés. Mais c'est l'élection présidentielle, dont les deux tours ont eu lieu le 1er et le 29 octobre, qui a retenu, à juste titre, l'attention des électeurs et des observateurs.

  • 30 octobre 2006

    Le citoyen, l'expert et la piscine

    Ségolène Royal vient de proposer la création de « jurys de citoyens tirés au sort » qui assureraient « une surveillance populaire sur la façon dont les élus remplissent leur mandat ». Cette proposition vise à reconnecter les Français avec leurs élus en les impliquant dans la gestion des affaires publiques. Par ailleurs, ces commissions pourraient combler le déficit d'évaluation dont souffre l'action publique en France. Ces comités de « citoyens-experts » sont-ils en mesure de résorber à la fois un déficit démocratique et institutionnel ?

  • 29 octobre 2006

    La diversité culturelle ferait-elle peur au consommateur ?

    La diversité culturelle est sous nos yeux : il suffit de prendre la mesure du foisonnement des titres que les industries culturelles nous proposent aujourd'hui. Faut-il le rappeler ? 40 000 nouveautés chaque année du côté de l’édition de livres, 1400 entrées dans les playlists des radios de variétés ce dernier semestre, 240 films français produits en 2005, et plus de 500 films, français et étrangers, présentés sur nos écrans. Des chaînes de télévision à ne plus pouvoir cesser de zapper. Ne boudons donc pas notre plaisir. Nous sommes des consommateurs heureux. Et gâtés. Mais pourquoi alors la consommation se concentre t-elle sur quelques titres seulement ? La richesse de l'offre culturelle ne susciterait-elle pas des comportements de fuite devant la diversité ?

  • 26 octobre 2006

    Arrêtons de taper sur l'Italie !

    Arrêtons de taper sur l'Italie !

    L'abaissement de la note de l'Italie par deux agences de notation financière va sans doute redonner de la vigueur à une théorie qui connu un certain succès sur les marchés, à savoir que l'Italie pourrait bien être la première victime d'une union monétaire mal conçue

  • 25 octobre 2006

    Une nouvelle compréhension des marchés du travail

    Une nouvelle compréhension des marchés du travail

    Que les Américains travaillent plus que les Européens, on le sait. Pourquoi ? Le débat continue entre ceux qui avancent des explications culturelles (l’art de vivre en Europe, la soif d’ascension aux Etats-Unis) et ceux qui privilégient les aspects économiques (les bas salaires aux Etats-Unis, la réglementation en Europe). Une récente étude par Michael C. Burda, Daniel S. Hamermesh et Philippe Weil vient de relancer le débat, en faisant apparaître un phénomène que les auteurs nomment iso-travail. On pourrait le résumer ainsi : à un moment donné, dans un pays développé, la somme des heures de travail effectuées dans un cadre professionnel et à la maison tend à être identique pour les hommes et les femmes. Cette somme varie peu d’un pays à l’autre. Ainsi, aux Etats-Unis, les hommes comme les femmes ont consacré en 2003 un tiers de leur temps au « travail total », un chiffre pas très différent des 30% observés en Allemagne. Cette homogénéité offre un contraste surprenant avec les importantes différences entre hommes et femmes, mais aussi d’un pays à l’autre, quand on considère les heures consacrées au travail formel.