• March 27, 2006

    CNE / CPE : un peu trop ou pas assez ?

    Les nouveaux contrats proposés par le gouvernement constituent une véritable révolution. En suspendant les lois qui réglementent le marché du travail, ils résolvent d'une façon radicale le problème d'une doctrine trop rigide sur le licenciement. Pourtant, en s’en tenant aux deux ans de la durée du contrat, ils ne modifient qu’à la marge la flexibilité réelle, tout en renforçant le dualisme inefficace et injuste du marché du travail.

  • March 26, 2006

    Et si la réforme du code du travail passait par des expérimentations locales

    Comment réformer le marché du travail en France ? La tâche semble impossible au regard de l'ampleur des manifestations contre le CPE, ce qui prouve une fois de plus qu'une majorité à l'Assemblée, au Sénat et un soutien de l'Élysée ne suffisent pas.

  • March 20, 2006

    De l'ignorance économique

    On peut parfaitement être hostile au CPE. Sur Telos, Bernard Brunhes et Eric Chaney nous ont fourni des éléments convaincants sur ce point. Mais cela ne justifie pas pour autant que l’on dise sur l’emploi à peu près n’importe quoi. C’est pourtant ce que la lecture d’un tract contre le CPE, signé par les sections d'Attac, du PS, du PCF, du 13e arrondissement fait craindre : « A l'opposé du CPE et des choix libéraux du gouvernement, il faut prendre sur les bénéfices des actionnaires pour financer la création massive d'emplois et l'augmentation du pouvoir d'achat (...) S'attaquer réellement au chômage, ce serait par exemple : créer massivement des emplois dans les services publics et la fonction publique (enseignement, hôpitaux), réduire le temps de travail en imposant des embauches correspondantes, redonner du pouvoir d'achat en augmentant les salaires pour tous contre la précarité, faire du CDI la norme. » Comment peut-on oser dire (penser ?) de telles âneries ? Comment peut-on avoir une telle méconnaissance des mécanismes économiques ?

  • March 19, 2006

    Pourquoi le CPE n'est pas la solution

    Les politiques ont la mémoire courte. Il y a presque exactement treize ans, un gouvernement fraîchement désigné a tenté de changer les règles du salaire minimal pour que les jeunes sans qualification puissent être embauchés à moindre coût. Le « Smic jeunes », comme on l’a vite surnommé, a envoyé des milliers d'étudiants et de lycéens dans la rue, avant d’être retiré par le Premier ministre d’alors, Edouard Balladur. On tourne actuellement à Paris une nouvelle version de ce mauvais film : Dominique de Villepin voit se dresser contre son CPE une nouvelle génération d'étudiants. Le film pourrait bien finir de la même façon.

  • March 14, 2006

    Pourquoi tant d’intermittents ?

    Aujourd’hui, les activités artistiques sont dotées d’un puissant pouvoir d’attraction, et ne semblent plus réservées aux ambitions de jeunes de banlieue. Une partie des enfants de la moyenne ou grande bourgeoisie aspire à y développer une activité. Les engorgements du système de l’intermittence reflètent à la fois les contradictions culturelles du capitalisme, entre logique productiviste et individualisme hédoniste, et la situation dans la société française faite aux jeunes adultes pour qui, quitte à être « précaire », autant l’être dans un métier créatif.

  • March 6, 2006

    Réformer le code du travail, mais pas sans concertation

    En France, on ne sait pas réformer. Du moins on ne sait plus. Les gouvernants ont beaucoup de mal à imaginer les processus de décision qui permettent de faire évoluer une société. Dans une grande entreprise, lorsque l’on veut opérer une transformation, un virage, un changement, on construit un « projet ». L’Etat ne connaît pas ces règles du jeu. Les objectifs ne sont pas avoués (pour ne pas effaroucher sa propre majorité) ; le ministère du Budget ne consent pas à dégager les crédits nécessaires ; le comité de pilotage n’existe pas ou il n’est qu’un faux semblant : ce sont les cabinets qui, quand ils en ont le temps, font les arbitrages.

  • Feb. 12, 2006

    Bolkestein : les marchés de la vieille Europe ne sont pas plus ouverts que ceux de la nouvelle Europe

    L’une des raisons majeures qui ont motivé cette directive était que le marché des services, entravé par les règlements nationaux, est beaucoup moins intégré que celui des marchandises, qui était l’objet principal du programme de 1992. Cette justification est-elle corroborée par les données dont nous disposons ?

  • Feb. 12, 2006

    Du bon usage de la Directive Bolkestein

    Dès l’origine, le débat à propos de la Directive Services n’a cessé d’entremêler chicaneries de techniciens et controverses sur les principes. La discussion de fond peut cependant se ramener à trois questions : faut-il ouvrir les marchés des services à la concurrence ? Selon quelles bases organiser la compétition entre prestataires appartenant à des pays de niveaux de développement très distants ? L’unification du droit doit-elle reposer sur le principe du pays d’origine ? Reprenons-les successivement.

  • Feb. 12, 2006

    Bolkestein : la mort du principe du pays d’origine ?

    Les 14 et 16 février 2006, le Parlement européen votera en première lecture sur la proposition de directive relative au marché intérieur des services (dite « Bolkestein »). Certains éléments de la proposition semblent satisfaire tout le monde (simplification des procédures, guichet unique, droit à l’information, qualité des services, assistance mutuelle, etc.). D’autres cristallisent encore les tensions et les négociations au sein du Parlement européen et avec la Commission. Il en est ainsi du principe dit du pays d’origine (PPO) sur lequel un compromis devrait être dégagé pour en rejeter la formulation mais en conserver l’esprit. Il en est de même du champ d’application du texte au regard des activités de service public. Ces deux points posent en fait une question commune : peut-on vraiment traiter la libre prestation des services comme l’on a traité jusqu’à présent la libre circulation des marchandises ?

  • Feb. 8, 2006

    Contrat de travail unique, problèmes multiples

    Avec le Contrat première embauche qui suit de peu le Contrat nouvelle embauche, on est naturellement conduit à se demander s’il n’y a pas là l’amorce d’un processus d’unification des contrats dans une formule inspirée du CNE-CPE. Une telle perspective est désormais plausible et l’on murmure que le gouvernement explorerait sérieusement cette voie.

  • Jan. 31, 2006

    Face aux disparités régionales, la régionalisation des salaires est-elle une solution ?

    Les disparités régionales dans l’Union européenne restent fortes. En comparant un groupe représentatif de 50 régions européennes et les Etats-Unis, les variations en termes de revenu par habitant étaient à la fin des années 1990 deux fois plus fortes chez nous. La combinaison entre rigidité des salaires et faible mobilité de la main-d’œuvre contribue à creuser d’inacceptables inégalités entre les régions ; les décideurs auront à faire des choix, soit en faveur d’une plus grande mobilité de la main-d’œuvre, soit d’une plus grande flexibilité des salaires.

  • Jan. 31, 2006

    Peut-on mesurer " froidement " les chiffres du chômage ?

    Les chiffres officiels du chômage cumulent deux propriétés démocratiquement incompatibles. La première est qu'ils sont excessivement imprécis puisque l'écart peut atteindre 10%, soit 200 000 chômeurs, selon l'interprétation retenue pour la notion floue de " recherche active d'un emploi " alors même que les variations mensuelles, abondamment commentées, atteignent rarement le dixième de ce chiffre. La seconde est justement que ces chiffres sont abondamment commentés, comme étant le révélateur du succès ou de l'échec des gouvernants, et donc sont susceptibles de manipulation.

  • Jan. 12, 2006

    Débat : l'ouverture des marchés peut-elle profiter aux non qualifiés ?

    Le modèle de Grossman et Rossi-Hansberg, qui aboutit à la conclusion selon laquelle les délocalisations peuvent améliorer le salaire des travailleurs non qualifiés, a soulevé d'énormes débats aux Etats-Unis. Hervé Boulhol en a parlé sur Telos le 11 octobre. L'une des questions posées par ce modèle est qu'il ignore certains effets des délocalisations ; il serait donc intéressant de savoir si ces effets peuvent être inclus dans le modèle. -->

  • Jan. 4, 2006

    " Mauvais " prénom, mauvais boulot ?

    Les émeutes des banlieues ont été interprétées comme l'échec du modèle d'intégration à la française des jeunes issus de l'immigration. Elles traduiraient un soulèvement d'une partie de la jeunesse contre les symboles d'une société qui la discrimine dans son accès au marché du travail, à une éducation de qualité, à un logement décent... Le prénom que vos parents ont choisi est un facteur important de cette discrimination. Il véhicule un signal de votre origine ethnique, mais également de votre environnement socio-culturel, qui peut ensuite être décrypté par ceux qui auront à vous juger, noter, recruter...

  • Dec. 12, 2005

    Les chiffres du chômage sont-ils tronqués ?

    Si dans le langage de tous les jours, le terme de « chômage » ne prête guère à confusion, sa réalité économique est pourtant très difficile à mesurer, tant les frontières entre chômage et inactivité sont floues et poreuses. On compte pas moins de sept mesures de chômage, allant de la plus stricte à la plus généreuse, les dernières incluant des catégories de travailleurs découragés, ne cherchant que des emplois à temps partiel ou ayant travaillé un petit nombre d’heures dans le mois précédent la publication des chiffres.