• 12 janvier 2006

    Elargir l'assiette des cotisations sociales : une bien mauvaise idée

    Le gouvernement envisage d'élargir l'assiette des cotisations sociales à la valeur ajoutée, au moins en partie. Il s'agit d'une mauvaise idée, pour au moins trois raisons : elle est inefficace économiquement, porte atteinte aux principes de la protection sociale, et se heurte à de réelles difficultés de mise en œuvre.

  • 10 janvier 2006

    La licence globale : est-ce bien raisonnable ?

    La licence globale fait l'objet d'un amendement sur le projet de loi relatif au droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information. Faut-il s'en plaindre ou s'en réjouir ?

  • 9 janvier 2006

    BCE : la complainte des gouvernements

    Jeudi prochain, la Banque centrale européenne (BCE) devrait annoncer qu'elle laisse ses taux d'intérêt inchangés. Après les avoir gardés constants depuis juin 2003, elle les a augmentés d'un quart de point en décembre dernier. Pourquoi les augmenter en décembre et pas en janvier ? Sa décision de décembre avait été saluée par une volée de bois vert. De nombreux ministres, dont Jean-Claude Juncker, le ministre des Finances luxembourgeois qui exerce la fonction de président de l'Eurogroupe, avaient alors accusé la BCE de prendre le risque de faire avorter la reprise économique qui s'annonce timidement. Pourquoi tant de malentendus ?

  • 7 janvier 2006

    La guerre du gaz : une monumentale erreur russe

    A Moscou, le 4 janvier au matin, les autorités ukrainiennes et Gazprom sont parvenus à un accord sur les fournitures de gaz en Ukraine. Ce fut à bien des égards un excellent accord, mais surtout pour l'Ukraine.

  • 4 janvier 2006

    " Mauvais " prénom, mauvais boulot ?

    Les émeutes des banlieues ont été interprétées comme l'échec du modèle d'intégration à la française des jeunes issus de l'immigration. Elles traduiraient un soulèvement d'une partie de la jeunesse contre les symboles d'une société qui la discrimine dans son accès au marché du travail, à une éducation de qualité, à un logement décent... Le prénom que vos parents ont choisi est un facteur important de cette discrimination. Il véhicule un signal de votre origine ethnique, mais également de votre environnement socio-culturel, qui peut ensuite être décrypté par ceux qui auront à vous juger, noter, recruter...

  • 4 janvier 2006

    En Colombie, la paix est encore loin...

    La France s'est engagée avec la Suisse et l'Espagne dans une négociation avec le gouvernement colombien et les Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes (FARC) en vue d'un " accord humanitaire ". Après l'adoption durant l'été 2005 d'une loi qui fournit un cadre légal pour la démobilisation des paramilitaires, s'achemine-t-on vers une paix négociée en Colombie après plus de quarante ans de guerre civile ? Il est malheureusement permis d'en douter.

  • 3 janvier 2006

    Emploi : la solution passe par le CUP (contrat unique progressif)

    La France souffre bien d'une fracture sociale : entre ceux qui ont la sécurité de l'emploi et les autres. Les premiers ont des CDI, la sécurité du revenu, la quasi certitude de l'emploi, la retraite assurée. Les autres, qui sont souvent les jeunes, n'ont rien de cela. Dans le meilleur des cas, ils alternent CDD et chômage, ont du mal à en vivre et ne peuvent emprunter pour se loger. S'ils sont optimistes, ils s'accrochent à l'espoir d'un travail permanent. S'ils le sont moins, ils deviennent indifférents à leur environnement de travail, et se résignent à leur sort.

  • 2 janvier 2006

    Unedic Round : les portes claquent mais la réforme se fait attendre...

    L'Unedic Round de 2005 a tenu ses promesses : des jours et des nuits de négociations hachées de suspensions tactiques et de manipulations par presse interposée. Les portes claquent sous l'œil des caméras, mais les réformes de structure attendront.

  • 2 janvier 2006

    Les artistes veulent-ils que la police fouille les cartables ?

    Face à la montée en puissance du téléchargement par Internet d'œuvres artistiques, quelle doit être la réaction appropriée des pouvoirs publics ?

  • 28 décembre 2005

    La présidence britannique : la tête dans le sable

    La longue bataille du budget européen s'est achevée il y a de cela dix jours avec un accord qui laisse tout en l'état. Ce fut un spectacle d'une rare hypocrisie car pour certains des acteurs de cette négociation, le marchandage ne portait que sur des détails. Des Etats dont le budget annuel dépasse les 700 milliards d'euros se sont battus pour quelques millions. Le résultat est un cadre financier 2007-2013 concentré sur des transferts à l'agriculture (42% du budget) et dont les bénéficiaires représentent à peine 3% de la population européenne. Par ailleurs 35% des dépenses continueront à être affectées à des fonds structurels dont l'efficacité est fortement mise en doute.

  • 24 décembre 2005

    Le Cycle de l'OMC : pourquoi pédale-t-on ?

    A présent que le Cycle a été remis sur ses roues à Hong Kong et que l'on s'est remis à pédaler, une question va inévitablement se poser : pourquoi pédale-t-on ?

  • 21 décembre 2005

    L'affaire Fazio ou l'exception (bancaire) italienne

    Au terme de plusieurs mois de combats sombres et de révélations nauséabondes, le gouverneur de la Banque d'Italie a démissionné. La justice se prononcera un jour. La police italienne enquête et la Commission Européenne saisit la Cour Européenne de Justice. Il est bien trop tôt pour savoir exactement ce qui s'est passé et pour condamner Antonio Fazio. Il se peut qu'il se défend parce qu'il n'a rien fait de répréhensible, tout comme il se peut qu'il ne cherche qu'à repousser l'instant du jugement. Mais l'accumulation de révélations l'ont paralysé et, en attendant, son refus, pendant des mois, de démissionner pose la question de l'indépendance des banques centrales.

  • 20 décembre 2005

    Baisser la TVA sur la restauration, une bien mauvaise idée

    Baisser la TVA sur la restauration, une bien mauvaise idée

    Les restaurateurs remettent le couvert à propos de la baisse à 5,5% de la TVA sur la restauration. Développer l'emploi constitue, nous dit-on, la raison première de l'instauration d'une telle mesure. Monsieur Daguin, le président de l'Union des métiers de l'industrie hôtelière, en promet 40 000, qui sont à rapporter au coût brut de cette mesure pour les finances publiques : environ 3 milliards d'euros. Ainsi chaque emploi créé coûterait la bagatelle de 70 000 euros ! La belle affaire ! Les hypothèses qui étayent cette estimation sont plus qu'optimistes.

  • 19 décembre 2005

    Les avancées imprévues du sommet de Bruxelles

    Imaginons la situation en Amérique si les cinquante Etats devaient s'entendre sur le budget. En l'absence de Constitution, l'Europe doit toujours en passer par là et s'en remettre à des Etats qui ne semblent pas toujours comprendre que le budget de l'Union n'est pas construit sur une logique de dépenses, mais d'investissements. Les égoïsmes nationaux pèsent alors de tout leur poids et les négociations se jouent à la baisse. C'est ce qui s'est passé à Bruxelles. Mais ce budget étriqué cache une évolution du jeu des acteurs, qui laisse entrevoir un rebond de l'Europe politique.

  • 19 décembre 2005

    Budget européen : beaucoup de bruit pour presque rien ?

    Il faut sans doute se réjouir de ce que le Conseil européen ait finalement abouti à un accord sur le budget de l'Union. Depuis quelques semaines, il était clair que la négociation s'inscrivait dans un cadre traditionnel et que toute révision ambitieuse des priorités était exclue. Dès lors, mieux valait conclure, pour ne pas prolonger des batailles acrimonieuses et ne pas retarder la préparation des programmes d'aide aux pays de l'élargissement.

  • 19 décembre 2005

    Tony Blair et l'Europe de l'Est : la grande désillusion

    La présidence britannique se termine par un compromis budgétaire dont les principaux bénéficiaires seront les nouveaux pays membres. Pourtant, elle restera aussi comme le début d'un désamour entre Londres et l'Europe de l'Est.

  • 19 décembre 2005

    Budget européen : un compromis au rabais

    Au petit matin du 17 décembre, les chefs d'Etat et de gouvernement sont parvenus à s'entendre sur les perspectives financières européennes pour la période 2007-2013, donnant ainsi un semblant d'unité à une Europe décidément bien malmenée au cours de l'année qui s'achève. Rabais est certainement le mot-clef pour comprendre ce compromis. Il souligne à la fois la place centrale qu'a occupée dans ces débats l'épineuse question de la contribution britannique, la façon dont la plupart des délégations ont gardé le regard obstinément fixé sur leurs intérêts nationaux, et les implications de tout cela pour l'Europe. Si l'accord en question est appliqué, à compter de 2007 le budget européen sera en recul - 1,045 % du PIB au lieu des 1,09% prévus pour 2006 - sans que l'on puisse dire que de nouvelles perspectives aient véritablement été tracées, puisque les choix douloureux ne seront débattus qu'à partir de 2008.

  • 15 décembre 2005

    Un marathonien à Hong Kong

    Autour du centre où se réunissent les délégués croisent de petits bateaux, avec à leur bord des policiers. J'aimerais croire qu'ils ont pour mission de protéger toutes les parties prenantes de l'OMC, les manifestants comme les ministres, afin de rendre le débat aussi productif et pacifique que possible. Pas facile, car ce n'est pas seulement d'économie qu'il s'agit. Il y a deux jours, la ministre tchadienne a fait une intervention remarquée lors de la plénière du soir. Elle a parlé de misère et de pauvreté, de dignité humaine et de coopération. Son sujet ? Les négociations sur le coton.

  • 13 décembre 2005

    Vers un budget européen au rabais

    Vers un budget européen au rabais

    L'une des questions centrales du dernier sommet européen concerne le fameux chèque britannique. C'est un mécanisme assez complexe, mais en substance la ristourne accordée à la Grande-Bretagne représente environ les deux tiers des contributions nettes au budget communautaire.

  • 12 décembre 2005

    Les chiffres du chômage sont-ils tronqués ?

    Si dans le langage de tous les jours, le terme de « chômage » ne prête guère à confusion, sa réalité économique est pourtant très difficile à mesurer, tant les frontières entre chômage et inactivité sont floues et poreuses. On compte pas moins de sept mesures de chômage, allant de la plus stricte à la plus généreuse, les dernières incluant des catégories de travailleurs découragés, ne cherchant que des emplois à temps partiel ou ayant travaillé un petit nombre d’heures dans le mois précédent la publication des chiffres.