• 3 juillet 2015

    Taxer la bande passante: vrai problème, mauvaise solution

    A défaut de taxer les revenus des géants du Net, peut-on taxer la bande passante? La proposition est tentante. Récemment remise en avant par la ministre de la Culture Fleur Pellerin, elle ressurgit régulièrement dans le débat public. Mais trois contre-arguments de poids s'y opposent.

  • 2 juillet 2015

    La Grèce et la malédiction des pays aidés

    Depuis qu’elle est membre de l’Union européenne, la Grèce a bénéficié de transferts assez massifs, avoisinant les 4 à 5% de son PIB chaque année, via les fonds structurels ou la politique agricole commune. Son inclusion dans la zone euro, par les taux d'intérêt très bas qu’elle a permis au moins jusqu'à la crise de 2008, a occasionné un autre transfert, implicite celui-ci, de plus de la moitié du précédent. On lit partout que la Grèce n’a pas su profiter de ces transferts pour s’adapter, c'est-à-dire développer une base productive solide lui assurant un développement autonome. Et on agonit ses élites pour leur irresponsabilité. Avec ce schéma en tête, les pays partenaires ne peuvent que douter de la capacité du gouvernement grec d’irriguer correctement vers le pays toute libéralité qui leur serait fait

  • 1 juillet 2015

    Les enjeux du referendum grec… s’il a lieu !

    Le président de la Commission européenne a dit la vérité sur le prochain referendum grec. Il en a donné le sens, à l’opposé de celui que lui donne le gouvernement grec.

  • 30 juin 2015

    Quelle politique économique pour la Grèce? Une réponse à Elie Cohen

    Comme toujours, Elie Cohen nous offre une analyse lucide de la crise grecque et arrive aux bonnes conclusions. Enfin, presque. C’est vrai que la Grèce a laissé ses coûts de production dériver jusqu’au moment où elle a été frappée en plein vol par la crise. C’est vrai que c’est un pays qui exporte peu et plutôt mal. Mais la bonne réponse ne peut pas être de prôner diverses formes de politique industrielle, et ce pour quatre raisons.

  • 29 juin 2015

    Russie et Occident: le fossé grandissant entre les opinions publiques

    Le Pew Resarch Center a publié le 10 juin dernier une enquête du plus grand intérêt sur l’état actuel des opinions publiques russe et occidentales. Ses principaux résultats méritent un examen attentif car ils font ressortir le fossé croissant qui les sépare.

  • 26 juin 2015

    Leçons grecques pour l’Europe

    Que faut-il faire, au-delà de la crise présente, pour que la Grèce soit durablement ancrée en Europe et en Eurozone? Et au-delà que faire pour que d'autres pays au sein de l’Eurozone ne connaissent pas le sort de la Grèce? Cinq principes se dégagent de la double expérience du quasi-défaut grec et des faiblesses révélées par la crise de l’architecture de Maastricht.

  • 25 juin 2015

    La tragédie grecque, ou l’art de donner du temps au temps

    À s’en tenir aux termes officiels du débat, on a du mal à garder son sérieux et à trouver une justification à une négociation qui a détruit, en cinq mois, plus de valeur pour l’économie grecque que le montant total des concessions arrachées lors du nième sommet de la dernière chance. En fait, lorsqu’on traite de la crise grecque, on confond en permanence trois horizons.

  • 24 juin 2015

    De la Magna Carta au Brexit: les droits fondamentaux au Royaume-Uni

    Si l’on évoque beaucoup la perspective d’un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne en 2017, la question du rapport qu’entretient ce pays avec la Cour européenne des droits de l’homme est plus discrète. Pourtant, en cette année où l’on fête le 800e anniversaire de l’adoption en 1215 de la Magna Carta, le gouvernement britannique entend remplacer le Human Rights Act de 1998 par une nouvelle British Bill of Rights. Cela peut apparaître un pur jeu de mots et pourtant, ce qui est en cause n’est rien de moins que l’adhésion du Royaume-Uni à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

  • 23 juin 2015

    Pourquoi les jeunes ne se révoltent-ils pas?

    Pourquoi les jeunes ne se révoltent-ils pas ? Si l’on additionne leurs raisons de s’insurger – chômage, précarité de l’emploi, difficulté à se loger, ou à passer le très coûteux permis de conduire – on s’interroge. Deux raisons se confortent mutuellement. Dans une société hyper individualiste, où la sphère politique a perdu son pouvoir de séduction, qui a envie de s’impliquer en politique, à l’exception des quelques-uns qui souhaitent en faire un métier ? En balance, les jeunes ont développé de multiples formes de solidarité et d’activités qui permettent de résister vaillamment au sort qui leur est fait.

  • 22 juin 2015

    Waterloo et nous

    Le gouvernement français n’a pas voulu être représenté à un niveau plus élevé que celui de son ambassadeur aux cérémonies du bicentenaire de la bataille de Waterloo. Jean-Yves le Drian, le ministre de la Défense, quelque peu gêné, a plaidé, pour justifier sa position, que ce n’était « quand même pas une victoire de la France ». Quant à l’ancien ministre Yves Jégo, autre admirateur de l’Empereur, il a estimé qu’un ministre aurait dû être présent « pour montrer qu’on n’a pas oublié et qu’au fond on célébrait la paix ». Ces déclarations contradictoires traduisent la difficulté qu’éprouvent encore aujourd’hui les Français à donner une claire signification à la bataille de Waterloo.

  • 19 juin 2015

    Pour une politique européenne de la donnée

    La Commission européenne a fait du marché unique numérique l’une de ses priorités, avec comme objectif de « supprimer les obstacles pour exploiter pleinement les possibilités offertes par internet ». Fort bien. Mais on peut se demander si les barrières réglementaires dont s’inquiète le Commissaire Günther Oettinger sont vraiment le sujet. Elles n’ont pas empêché les grandes plateformes américaines de prendre des positions quasi-monopolistiques dans la plupart des pays de l’UE. Une politique plus ambitieuse est possible.

  • 18 juin 2015

    Une entente générationnelle pour le statu quo?

    Il est frappant de constater à quel point, en France, les mêmes recettes inefficaces (subvention d’emplois publics ou parapublics) sont utilisées depuis plus de 30 ans pour lutter contre le chômage des jeunes tandis que les réformes qui visent à améliorer le fonctionnement d’un système éducatif peu performant au regard des comparaisons internationales sont presque systématiquement rejetées. Il y a là une énigme: pourquoi s’entête-t-on ainsi dans l’erreur et dans le refus de réformer un système sclérosé?

  • 17 juin 2015

    Sarkozy/Juppé: «À lui le parti, à moi l’opinion!»

    « Il a le parti, moi pour l’instant j’ai l’opinion ! » Le propos d’Alain Juppé comparant sa situation à celle de Nicolas Sarkozy a frappé les esprits. C’est en effet le cœur de beaucoup des batailles présidentielles passées qui se trouve ramassé dans cette formule – batailles qui ont d’ailleurs, faut-il le rappeler, presque toujours tourné en faveur du parti. C’est l’affrontement Mitterrand / Rocard de la pré-présidentielle de 1981. D’une autre façon, c’est la bataille Chirac / Barre de la présidentielle de 1988. C’est bien sûr, et parlant si fort aux deux protagonistes d’aujourd’hui, la guerre Chirac / Balladur de la présidentielle de 1995, qu’a évoquée sans élégance excessive Nicolas Sarkozy pour répondre à son rival.

  • 16 juin 2015

    La candidature Hollande et l’avenir du PS

    Au congrès de Poitiers le PS a donné quitus au duo Hollande-Valls pour continuer à mener jusqu’à la fin du quinquennat la politique sociale-libérale bien tempérée qu’ils ont adoptée. Qu’en sera-t-il ensuite de l’orientation idéologique du PS ? Cela dépend beaucoup du résultat de l’élection présidentielle et de savoir si François Hollande sera ou non candidat.

  • 15 juin 2015

    La victoire des conservateurs et l’avenir de la Grande-Bretagne en Europe

    David Cameron est sorti renforcé des élections. Quelles sont les conséquences de ce résultat sur la relation de la Grande-Bretagne avec les autres pays de l'Union européenne, qui est l'un des deux enjeux cruciaux auxquels est confronté le nouveau gouvernement - l'autre étant celui de la place de l'Écosse au sein du Royaume-Uni ?

  • 11 juin 2015

    Le «No Way» de David Cameron

    Faute d’avoir un réel intérêt à bouleverser l’ordre établi, David Cameron, s’il veut agir en serviteur loyal des intérêts britanniques, est condamné à renverser la vapeur et à changer au plus vite de discours. Incapable d’avoir ce qu’il aimerait, et ne parvenant pas même à s’en faire une idée claire, le Premier ministre britannique doit au plus vite apprendre, et faire apprendre à ces concitoyens, à aimer ce qu’il a.

  • 10 juin 2015

    L’Europe à venir... tarde à venir

    Pour donner toutes ses chances à l'UE et éviter plusieurs « sorties » possibles, il faut un changement radical dans les institutions et les politiques. Cela devrait être le sujet du document des « quatre présidents ». Mais le risque est que les gouvernements nationaux préfèrent ne rien faire, en s’en remettant à la BCE.

  • 9 juin 2015

    Mariage des prêtres: et si on demandait l’avis des économistes?

    Un débat semble s’engager au sein de la hiérarchie catholique : faut-il revenir sur la règle du célibat des prêtres imposée par le concile de Latran en l’an 1139 ? Certains scandales récents et la baisse des vocations obligent à cette réflexion. Un recours à l’économie indique toutefois qu’il s’agit d’une réforme délicate à conduire et qu’elle aurait des conséquences importantes sur le mode d’organisation de l’Église.

  • 8 juin 2015

    Le congrès de Manuel Valls

    Chacun se demandait à quoi pourrait bien servir le congrès socialiste de Poitiers puisque tout était déjà joué avant même qu’il ne soit officiellement ouvert. Manuel Valls a donné sa propre réponse à cette question. Profitant précisément de cette absence d’enjeu, il a créé l’événement: ce congrès serait le sien!

  • 5 juin 2015

    Petites incertitudes italiennes

    Un peu plus d’un an après son arrivée à la Présidence du Conseil, les élections régionales partielles qui se sont déroulées le 31 mai dernier ont peut être marqué le premier coup d’arrêt dans l’ascension politique de Matteo Renzi qui jusqu’ici semblait presque irrésistible.