La stratégie de puissance de la Turquie edit

6 July 2026

La Turquie accueillera les 7 et 8 juillet un sommet de l’OTAN, dont elle est membre depuis 1952. Mais cette continuité masque des évolutions significatives. La nouvelle politique étrangère développée en Turquie depuis l’accession des islamistes au pouvoir en 2002, et qui s’est affirmée à partir de 2015, a opéré une révision de ses relations internationales. Ankara est maintenant d’autant plus confronté aux bouleversement en cours au Moyen-Orient que sa nouvelle politique en a fait sa priorité.

Cette politique, qui  doit beaucoup à Erdoğan dont le mandat présidentiel prend fin en 2028 et qui ne peut en solliciter un nouveau (du moins en principe[1]), va-t-elle se poursuivre après lui ? Il est possible d’identifier des infléchissements qui pourraient à moyen terme la faire évoluer dans ses trois composantes : ses objectifs, sa stratégie d’influence et ses instruments.

Des objectifs très ambitieux

Depuis 2015, la Turquie a réalisé une synthèse entre ses aspirations nationalistes, héritées du régime précédent (en particulier vis-à-vis de la Grèce et de Chypre) et son adhésion à l’islam politique, avec un agenda proche de celui des Frères musulmans. Il en résulte, au moins dans la rhétorique, la recherche d’un nouvel équilibre qu’on pourrait qualifier d’eurasiatique. S’agit-il d’un facteur de stabilisation ou la quête incertaine d’une dangereuse chimère ?

Depuis la fin du 20e siècle, l’islamisme a pris une dimension mondiale qui produit un peu partout ses effets régressifs : en interne, il bloque l’évolution des sociétés et des régimes politiques vers moins d’autoritarisme ; à l’extérieur il multiplie les conflits des musulmans avec les autres religions et aggrave ceux qui divisent déjà les musulmans.

L’idéologie islamiste qui progresse dans le monde entier, grâce à une propagande abondamment financée par les pétromonarchies et amplifiée par les réseaux sociaux, n’a pas cessé de se répandre en Turquie. Depuis deux décennies, les interprétations littéralistes du Coran et de la sharia ont progressivement pris le dessus, favorisant la promotion d’un islam belliqueux et rétrograde. Avec le temps, ce discours s’est imposé : le régime contrôle la presse à 90%, a épuré les écoles, la diplomatie et l’armée, d’où il a chassé des milliers d’officiers après la tentative de coup d’état de 2016.

Cette orientation coïncide avec les convictions personnelles d’Erdoğan, qui en développe la dimension suprémaciste et caresse des rêves de domination mondiale. Il estime que la Turquie doit maintenant prendre la direction, au moins morale, du monde musulman comme au temps des sultans-khalifes ottomans, car les effets leviers de l’islam radical cadrent bien avec les ambitions turques de valorisation de sa position géopolitique.

Ces convictions accordent une place privilégiée à la défense des Palestiniens, érigée depuis longtemps en « cause sacrée » dans le monde arabe et ultérieurement adoptée par les autres pays musulmans. C’était moins évident en Turquie, en raison de l’importance des relations nouées avec Israël depuis 1949. Après la fin de la guerre froide, à la demande de Washington, ce partenariat stratégique s’est intensifié, jusqu’à l’arrivée au pouvoir de l’AKP, qui a d’abord aidé les Frères musulmans côtoyés dans l’opposition. Puis la guerre à Gaza a rapproché Ankara de l’« axe de la résistance » formé par Téhéran et ses vassaux chiites. Certains observateurs se demandent maintenant si la Turquie ne reprendrait pas la place de l’Iran avec des moyens accrus et la capacité de mobiliser le camp sunnite.

Les relations avec Tel-Aviv sont maintenant sur une « collision course » qui pourrait bien tourner à l’affrontement. Erdoğan prononce des discours incendiaires, promet l’intervention de l’armée turque pour « libérer » Jérusalem et détruire Israël, un ministre turc se voit déjà gouverneur de la ville sainte. Cependant, si la rhétorique est belliqueuse, l’activisme pseudo-humanitaire encouragé, la Turquie reste prudente. Mais à travers la Syrie, l’intervention turque pourrait s’étendre à Israël. Pour la première fois, leurs ambitions placent les deux armées en contact direct, au moment où les relations n’ont jamais été aussi mauvaises.

De cette politique, il résulte un activisme[2] brouillon, d’une Turquie multipliant les interventions, avec l’espoir que son positionnement géopolitique avantageux lui permettra d’en recueillir rapidement les bénéfices. Faut-il en attendre des conséquences positives ? D’après Şaban Kardaş, cela n’a conduit qu’à des “major foreign policy costs…. with some over-reaction, inflated rhetoric, inconsistent choices, unsustainable trajectories, or eclectic policies...”[3] En fait, la Turquie est isolée : déjà incomprise en Occident, s’est-elle créée davantage de problèmes en Orient ?

Une stratégie d’influence

Purgée de ses cadres atlantistes, recyclée à l’islamisme et convertie à une politique de puissance, l’armée est-elle en mesure d’accroître son influence ?  À cet effet, le gouvernement turc s’est doté d’une stratégie globale qui le conduit notamment à contrôler sa diaspora et à développer ses services de renseignement.

Suivant les sources, on compte environ 6 millions (2020) de Turcs immigrés en Europe occidentale[4], auxquels il faut ajouter des musulmans balkaniques autochtones en partie considérés comme Turcs, même s’ils n’en pratiquent pas la langue. La communauté la plus nombreuse (plus de 3 millions) réside en Allemagne. Pendant des décennies, ces Euro-Turcs ont été considérés comme des Gastarbeiters, ayant vocation à revenir en Anatolie. Leur administration ne leur offrait que les services des consulats et des imams pour maintenir leurs pratiques religieuses, certains émigrés, kurdes ou alevis (chiites) entretenant des relations assez distantes avec leurs autorités.

Depuis que les islamistes ont pris le contrôle de l’état, la diaspora fait l’objet d’une attention particulière. Dans un discours prononcé à Cologne en 2008, en qualifiant leur assimilation « de crime contre l’humanité », Erdoğan a resserré les liens des émigrés avec la mère-patrie et en a recueilli les bénéfices électoraux. Le  Diyanet, qui contrôle en France une centaine de mosquées, n’a plus seulement une fonction religieuse, mais aussi politique. Les imams s’assurent du loyalisme de leurs ouailles, non seulement à l’état et à la religion, mais aussi au parti au pouvoir, jusqu’à participer à la chasse aux Gülénistes. Ainsi l’AKP s’est-il assuré d’une clientèle dévouée qui vote massivement en sa faveur, au point que les autorités des pays d’accueil s’interrogent sur sa loyauté à leur égard[5]. Sous l’influence des Frères musulmans, les double-nationaux sont encouragés à participer aux élections locales et à attirer d’autres coreligionnaires dans des actions militantes, sous couvert de lutte contre le racisme antimusulman et de défense des Palestiniens[6]. Il en résulte une polarisation de la diaspora qui ne facilite pas son intégration et suscite la méfiance des autres citoyens. Après avoir fait preuve d’une grande tolérance, les autorités des pays d’accueil ont dû prendre des dispositions pour contrôler les activités et surveiller les finances des associations les plus remuantes[7].

Lointain héritier de l’Organisation Spéciale[8] et du MAH (Service de Sécurité national), créé en 1965, le Service de renseignement (MIT) dépend directement de la Présidence. Il est compétent à la fois pour la sécurité intérieure, dont le contre-espionnage et pour les activités à l’étranger. Autrefois très lié à l’armée, à la suite des purges massives opérées depuis 2016, il a été repeuplé par des proches de l’AKP. De gardien de la République, le MIT s’est transformé en serviteur de la majorité islamiste, après avoir lutté contre les réseaux politico maffieux (Ergenekon) et les Gülénistes. Sa modernisation est l’œuvre de son ex-directeur Hakan Fidan (2010-2023), dont la promotion comme ministre des Affaires étrangères atteste du rôle croissant du MIT dans l’organisation de la politique extérieure turque, en liaison avec la multiplication des ingérences et des interventions armées dans son voisinage.

Il opère maintenant à l’échelle mondiale dans l’espionnage économique, la lutte contre les cybermenaces et coopère avec ses homologues, notamment du Qatar, d’Azerbaïdjan et de Russie. Il a développé ses activités en Syrie (aide aux rebelles syriens, puis encadrement des milices pro-turques), en Libye (soutien à la faction au pouvoir à Tripoli), en France (on lui attribue l’assassinat de trois militantes du PKK à Paris en 2013) et à Chypre en favorisant l’élection d’Ersin Tatar, ex-président de Chypre-nord. Le MIT est bien implanté en Allemagne (où il aurait 6000 informateurs) et où il surveille les Turcs de la diaspora, en particulier les Kurdes et les alevis[9].

Hard power et industrie de défense

Plutôt que de faire confiance à ses diplomates, Erdoğan s’est focalisé sur le hard power. Il continue dans cette voie, dans un pragmatisme apparent qui le conduit à exploiter toutes les occasions que lui offre la géopolitique, ce qui accentue sa dimension révisionniste. Plutôt que le « si vis pacem, para bellum », l’observation du réarmement en cours suggère qu’il existe une continuité dans la construction d’un complexe militaro-industriel qui va bien au-delà des besoins de sécurité du quadrilatère anatolien.

La Turquie profite des avantages de l’union douanière avec l’UE et de l’appartenance à l’OTAN pour bénéficier d’échanges de produits manufacturés à double usage. Elle peut payer sa main d’œuvre en livres turques dévaluées par l’inflation, ce qui la rend compétitive vis-à-vis des fabricants d’armes occidentaux. Depuis leurs succès en Libye et au Nagorno-Karabakh, ses armes sont réputées efficaces, notamment les drones.

Les sanctions infligées par Washington[10], qui ont entraîné son exclusion du programme des F-35, ont renforcé sa volonté de se doter d’une industrie d’armement aussi diversifiée que possible. Selon SIPRI[11], quatre firmes turques (ASELSAN, Turkish Aerospace Industries, BAYKAR et ROKETSAN) figurent dans le Top100 des grandes firmes d’armement. À partir de 2020, leurs exportations ont été stimulées par le succès des drones, que la Turquie fournit maintenant à plus de 40 pays. Sur la période 2020-2023, en produisant les 2/3 des drones armés, elle en est devenue la deuxième exportatrice derrière les États-Unis et avant Israël. En 2025, les exportations turques d’armes se sont élevées à 8.3 milliards d’€ (contre 211 M€ en 2002). En janvier 2026, selon BFM business, un contrat de vente à l’Espagne a été signé pour des avions d’entraînement avancé Hürjet d’un montant 2,8 milliards de $. 

Depuis qu’elle se mêle des affaires du Proche Orient, la Turquie, qui se posait en victime du terrorisme, a appris le double jeu. Comme ses voisins, elle cultive des relations plus ou moins intenses avec des factions islamistes qui lui permettent d’avancer ses pions en Syrie, en Libye et en Somalie. Bien que toutes ces activités soient difficiles à identifier, elle est souvent qualifiée de « state sponsor of terrorism », en raison de son soutien à des groupes jihadistes anti-kurdes en Syrie, y compris Daesh, qui a longtemps bénéficié de facilités en Turquie même, par exemple à Yalova[12]. Quant à l’appui au Hamas, il s’est accentué quand ses dirigeants ont commencé à avoir des problèmes avec plusieurs pays arabes et il s’est constamment accru depuis 2023.

Des déclarations d’Erdoğan (en septembre 2019) et de son ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan (en juillet 2025) ont mis en évidence la frustration ressentie en Turquie de ne pas faire partie du club des puissances nucléaires. Les milieux religieux turcs ont fait chorus en affirmant que les pays musulmans étaient en droit de posséder des armes nucléaires, puisqu’Israël en était déjà pourvu. Ce n’est déjà plus de la théorie, puisque le Pakistan est une puissance nucléaire depuis 1987 et a déjà vendu une partie de ses secrets à la Corée du nord.

À ce titre, la recherche par Ankara d’une relation privilégiée avec Islamabad mérite une attention particulière. La Turquie a pris son parti dans le conflit du Kashmir et cherche à développer la coopération militaire avec le Pakistan, éventuellement dans le domaine nucléaire. La Turquie voudrait se glisser dans le partenariat stratégique Islamabad-Riyadh, afin d’y trouver des débouchés pour son industrie militaire en plein essor, ce qui a mécontenté l’Inde qui a refusé à la Turquie l’adhésion aux BRICS. Le Pakistan serait-il en mesure de favoriser une nouvelle prolifération, cette fois en faveur de la Turquie ?

Quelle efficacité accorder à une armée qui se prétend la deuxième de l’OTAN ? Elle n’a pas combattu depuis 1923 et fait maintenant l’objet de sanctions américaines qui affectent une partie de son aviation. Ses F16 sont à réparer, elle a été exclue du programme des F35 et ressent encore l’effet des purges consécutives à la tentative de coup d’État de 2016.

Bien qu’elle n’ait pas de forte tradition maritime, la Turquie s’est aussi lancée dans un investissement  naval massif. Sans remonter aux désastres de Lépante et de Navarin, on se souvient des trois destroyers turcs que son aviation a attaqués le 20 juillet 1974 au large de Chypre (un navire coulé, 54 morts). L’achat d’un porte-hélicoptères espagnol et de sous-marins allemands est-il de nature à modifier le rapport de forces en Méditerranée ? Pour le moment, il a déclenché une course aux armements qui contribue à la tension et pas seulement dans le bassin oriental, puisqu’un incident naval franco-turc est intervenu au large de la Libye en juin 2020.

Les relations avec l’Union européenne

Depuis les début de l’empire ottoman, celui-ci a toujours regardé vers l’ouest. C’est encore le cas de la Turquie actuelle, qui est portée dans la même direction par ses intérêts commerciaux (l’Union douanière avec l’UE), sa diaspora et plusieurs de ses priorités géopolitiques. Et le révisionnisme d’Erdoğan le conduit à s’opposer à ses voisins en mer Égée, en Méditerranée et dans les Balkans. Du point de vue de Bruxelles, qui a suffisamment de problèmes dans ses périphéries, l’orientalisation de la politique étrangère turque serait-elle une bonne affaire en éloignant la Turquie de problèmes controversés ?

En dépit de son activisme au Proche-Orient, dont elle n’a pas recueilli que des avantages, la Turquie doit y composer avec les puissances (les états-Unis et la Russie) et des voisins plus ou moins incommodes (Israël et l’Iran). Par ailleurs, le contexte géopolitique incertain n’offre qu’une marge d’action assez limitée.

Par contre, une confrontation avec l’UE ménage des opportunités, du fait des divisions entre les états-membres, de leur sensibilité au chantage migratoire et éventuellement de nouvelles démonstrations de force dans le bassin oriental, face à Chypre et à la Grèce, que l’UE ne semble pas encore prête à assumer.

Un aspect particulièrement préoccupant est la délimitation unilatérale effectuée par la Turquie en Méditerranée d’une ZEE à sa convenance. À son refus de ratifier l’UNCLOS[13], qui trouve son origine dans le conflit frontalier en mer égée, elle ajoute son appui aux élucubrations de ses amiraux à la retraite, dans la revendication d’un espace maritime de 470000 km². Ce projet de Mavi Vatan (patrie bleue) est en contradiction avec les lois de la mer et inacceptable pour les autres riverains. A cet effet, Ankara a obtenu de Chypre-nord qui ne peut rien lui refuser, puis d’un des gouvernements libyens, une délimitation à sa convenance, suivie d’un accord pour y faire des forages.

Appuyée sur une diplomatie de la canonnière, bousculant les navires de prospection des compagnies opérant dans la légalité, faisant escorter les siens par sa marine de guerre, la Turquie perturbe les recherches de ses voisins. En 2020, quand Washington a renoncé à financer le gazoduc EASTMED, l’impuissance de l’UE lui a fait penser qu’elle avait gagné la partie. En juillet 2024, deux navires de guerre turcs ont harcelé un navire italien, qui travaillait sur la connexion électrique Chypre-Crète-Grèce (900 km). Les autres riverains ont formé un Eastmed Gas Forum et partagé les espaces maritimes en conformité avec la convention UNCLOS. Mais ces agressions n’ont suscité que de timides protestations de l’UE. Complètement isolée, la Turquie n’en a cure, aussi longtemps que des sanctions efficaces ne lui sont pas notifiées. Elle prévoit de faire adopter par son Parlement une loi confirmant sa délimitation de ZEE.

D’autres problèmes peuvent aussi prendre de l’importance. Comme le démarrage des négociation d’adhésion avec l’Ukraine se précise, l’UE va être impliquée dans les problèmes de gestion de la mer Noire. Par ailleurs, après avoir envisagé sans pourvoir y donner suite de se préparer à intégrer la Géorgie, l’UE est sollicitée par l’Arménie. Il n’est pas douteux que son adhésion éventuelle sera une source de difficulté avec la Turquie (et probablement aussi avec la Russie).

Quant au dossier de l’adhésion qu’on rappelle ici pour mémoire, il serait plus clair qu’en conformité avec les rapports annuels de la Commission et du SEAE décrivant une « backsliding Turkey » l’UE annonce officiellement la clôture définitive des « fake negotiations » lancées en 2005, où Ankara n’a fait que « bargaining instead of complying ». Faut-il en faire de même avec l’OTAN ? Un pays hostile peut-il avoir accès aux secrets d’une politique de défense commune ?

La politique étrangère suivie depuis 2015 par la Turquie a contribué à la multiplication des conflits (les anciens et les nouveaux), à la convergence des luttes (par exemple le conflit chypriote qui était trilatéral (Royaume-Uni, Grèce, Turquie) est devenu multilatéral).

La mauvaise qualité des relations de voisinage, une constante de la politique étrangère turque qu’elle ne s’est jamais souciée d’améliorer, est un obstacle déterminant à la stabilisation du bassin oriental de la Méditerranée. Si la Turquie en avait la volonté, elle pourrait obtenir une amélioration, parce qu’une grande partie des problèmes découlent de son attitude.

Sur le fond, il est clair depuis longtemps que cette politique agressive ne correspond nullement aux intérêts d’un pays placé dans une situation géopolitique aussi avantageuse, dont sa politique actuelle ne lui permet pas de tirer parti. Passer du « big stick » au « bon voisinage[14] » serait donc un grand progrès pour tous les riverains, y compris la Turquie.

[1] Voir « Paroles de prison de l’ennemi numéro 1 d’Erdoğan » dans le Magazine du Monde du 16 mai 2026, p.54.

[2] Voir les publications dans TELOS, de Gilles Andréani : Turquie de la puissance centrale au fauteur de trouble (20 novembre 2020) et de Jean-François Drevet : Faut-il s’inquiéter de l’expansionnisme turc ? (4 février 2025) et Turkish Foreign Policy and the EU, Egmont Policy Brief 279 (June 2022).

[3] Şaban Kardaş, Debating the hard power turn in Turkish foreign policy, Southeast European and Black Sea Studies, Volume 25, 2025 - Issue 1: The Militarization of Turkish Foreign Policy? Revisiting the Contours of Hard Power.

[4] Merve Özkaya, La stratégie d’influence de la Turquie en Europe à travers sa diaspora, IEPG, 6 avril 2024), 12p.

[5] Voir les résultats obtenus par Erdoğan en Europe lors de sa réélection en 2023, qui contrastent avec sa performance en Turquie (52%). En suffrages exprimés : Allemagne 67%, Pays-Bas 71%, Belgique 75%, Autriche 74%, France 67% (Turquie 52%), avec des taux de participation d’environ 50%, bien plus faibles qu’en Turquie, où elle a été de 84%.

[6] En France, cet activisme a été mis en évidence par le rapport de la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale n°2235 du 10 décembre 2025, « sur les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste. »

[7] Sinem Adar et autres, The Turkish Diaspora Landscape in Western Europe, publication SWP du 21 mai 2024

[8] Tancrède Josseran, Les Services secrets turcs, de l’Organisation Spéciale au MIT, éditions de l’Institut de Stratégie Comparée, n°105, 2014, pp. 131-144.

[9] Selon le rapport annuel 2024 de son homologue allemand le BfV.

[10] Dans le cadre des sanctions édictées au titre de CAATSA et de la décision d’Erdoğan de se doter du bouclier anti-missiles russe S-400, incompatible avec les normes OTAN.

[11] Lorenzo Scazzato and co, The SIPRI Top 100 Arms-producing and Military service companies, 2024

[12] Turkey’s longstanding tolerance of ISIS and state sponsorship raises fears of more bloodshed, Nordic Monitor du 2 février 2026.

[13] UNCLOS: United Nations Convention on the Law Of the Sea. 169 pays l’ont adoptée. La Turquie est un des rares pays à avoir refusé de la ratifier.

[14] En référence aux politiques suivies par Théodore Roosevelt (1901-1909), puis par son cousin Franklin (1933-1945) vis-à-vis de l’Amérique latine.