• Nov. 13, 2013

    L'Ukraine entre l'Europe et Poutine

    Il n’est guère surprenant que la présidence lituanienne porte un très grand intérêt aux voisins orientaux : sa géographie, sa vision du monde et son projet européen l’y conduisent naturellement. Le Sommet de Vilnius de la fin novembre, concernant les « Partenaires orientaux » (Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Géorgie, Moldavie, Ukraine), définira la présence européenne dans la région pour les prochaines années, à travers l’adoption d’accords de libre-échange approfondi et complet. Ce sera notamment le cas pour l’Ukraine, qui représente les trois cinquièmes de la population, de la richesse et de la superficie des pays concernés, ainsi qu’une puissance régionale. C’est certainement également l’Etat le plus courtisé par la Russie de la région, qui ne renoncera pas à avoir une influence prépondérante dans un pays slave orthodoxe.

  • Sept. 16, 2013

    La crise, c’est fini ?

    Le président l’avait annoncé, la croissance est revenue. Si c’était vrai ! Un mois ou deux de bons chiffres – plus précisément, de chiffres moins catastrophiques – ne signalent pas une reprise économique. Il est très prématuré d’annoncer la victoire. Il est toujours aussi crucial d’arrêter le jeu de massacre de l’austérité. La situation est loin d’être claire.

  • July 9, 2013

    Solaire : l’Europe dans le panneau

    La Commission européenne a décidé d’appliquer à terme des droits de douane punitifs de 47,6%, et de 11,8% immédiatement sur les importations de panneaux solaires chinois, dans le cadre d’une procédure antidumping. L’initiative a été publiquement dénoncée par Mme Merkel alors que la Commission a agi dans le cadre de ses compétences, à la demande d’une firme allemande, et alors que l’industrie solaire allemande a été la principale victime du dumping chinois. L’annonce de Karel de Gucht a été saluée par les autorités françaises, qui n’ont pas d’actif significatif à défendre (hors Photowat). Cette décision a déclenché immédiatement des mesures de rétorsion chinoises contre les exportations européennes de vins. Cet épisode peut surprendre à bien des égards.

  • May 28, 2013

    Les Français sont plus germanophiles qu’europhiles

    Les peuples ne sont pas toujours ce que pensent les hommes et femmes politiques. La tentation de la germanophobie à laquelle ont récemment succombé certains d’entre eux le montre clairement. Quelles conclusions en tirer ?

  • May 6, 2013

    La BCE peut plus mais pas tout…

    La BCE vient de baisser ses taux. Mais le mouvement est modeste et les marges de manœuvre quasi inexistantes. Maintenant que la récession est installée en Europe, la BCE doit aller plus loin, bien plus loin.

  • May 2, 2013

    Parti socialiste : la fuite en arrière

    Même pour des observateurs avertis l’évolution actuelle du parti socialiste ne peut que laisser stupéfait. Certes, il y a toujours eu dans ce parti une tendance à l’euroscepticisme contre l’Europe libérale – on disait dans les années soixante-dix l’Europe germano-américaine. Rappelons nous 2004-2005. Mais, depuis l’élection de François Hollande les choses se sont aggravées, aboutissant aujourd’hui à une situation où le Parti socialiste semble avoir abandonné toute ambition sérieuse de soutenir son propre gouvernement dans ses tentatives de réforme.

  • April 30, 2013

    Austérité : les leçons de l’histoire

    Quel est ce pays européen lourdement endetté dont le taux de chômage approchait des 30 % ? Quel est ce pays qui pratiquait alors une sévère politique d’austérité qui fera la fortune d'un parti extrémiste? Est-ce l’Espagne, le Portugal, l’Italie ou la Grèce ? Non, c'est en 1932 l’Allemagne du chancelier Heinrich Brünning, une Allemagne dont le PIB avait diminué de 25% depuis 1929.

  • March 29, 2013

    Chypre : y a-t-il encore une zone euro?

    Alors que les banques chypriotes ont ré-ouvert sous un régime de strict contrôle, deux questions se posent : est-ce que le plan de renflouement de Chypre est le nouveau cadre dans lequel s’inscriraient les renflouements d’autres états de la zone euro ? Est-ce que la zone euro est encore une véritable union monétaire ? La réponse à chacune de ces questions est négative, à mon avis, mais mérite d’importantes qualifications.

  • March 27, 2013

    Il y a le feu dans la maison Europe

    Le Front national a manqué de peu de remporter l’élection législative partielle de la deuxième circonscription de l’Oise. Avec 48,6% des suffrages exprimés au second tour contre 26,6% au premier tour, sa candidate a presque doublé ses voix face à un candidat UMP sortant, passant de 7249 à 13190. Il s’agit là d’un phénomène électoral inédit et de première importance, même si certains voudront se rassurer en constatant que l’abstention a été de près des deux tiers des inscrits et que la personnalité du député sortant était très controversée. Au même moment, le co-président du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, soutenant l’un de ses proches, François Delapierre, qui avait traité « les 17 de l’Eurogroupe » de « salopards », précisant qu’il incluait bien le ministre de l’Economie et des Finances français dans ce nombre, estimait qu’il fallait appeler « un chat un chat et un salopard un salopard ». Surtout il accusait Pierre Moscovici d’avoir « un comportement de quelqu'un qui ne pense plus en français, qui pense dans la langue de la finance internationale ». Un relent des années Trente a alors empuanti notre atmosphère politique.

  • March 24, 2013

    Pourquoi Chypre menace la zone euro

    Cela fait presque deux ans que l’on sait que Chypre se trouve dans une situation intenable. Malgré cela, la mise en œuvre du plan de sauvetage a été marquée par un extraordinaire degré d’improvisation. Les premières décisions ont été si manifestement inappropriées qu’il fallut immédiatement reprendre les discussions. Au passage, la crédibilité de la zone euro, déjà mal en point après tant d’erreurs précédentes, a encore baissé au point que la survie de l’euro devient de plus en plus menacée.

  • March 7, 2013

    Zone euro : l’austérité et la panique

    La politique de la zone euro semble être dictée par les humeurs du marché. La peur et la panique conduisent à une austérité excessive pour le sud, excessive et sans doute vouée à l’échec, sans pour autant permettre une relance dans le nord. La dérive déflationniste qui en résulte a produit une seconde récession après celle due à la crise financière des conséquences peut-être encore plus graves. Il devient évident que l’austérité produit des souffrances inutiles, et les habitants de l’Europe pourraient finir par demander, par millions, d’être libérés du « joug européen ».

  • Jan. 23, 2013

    Pour l’Europe, Obama n’est ni le problème ni la solution

    Il n’est pas aisé d’évaluer les conséquences que le second mandat d’Obama aura sur l’Europe. Ceci pour au moins une raison : depuis 2008, les États-Unis ne sont ni un problème pour l’Europe, ni non plus la solution. Et tout porte à penser que cette réalité se renforcera dans les prochaines années.

  • Jan. 15, 2013

    Le bilan économique de Mario Monti

    Un an après sa prise de fonction, la Présidence du Conseil publiait un propos d’étape privilégiant cinq mots : crédibilité, cohésion, responsabilité, légalité et perspective. La classe politique et la presse italienne et internationale ont marqué l’événement soit pour louer sans réserves les succès du professore, soit pour relativiser son bilan économique. Quelques jours après, le parti fondé par Silvio Berlusconi mettait en cause la majorité. Son leader Angelino Alfano fustigeait la récession,  le chômage, l’augmentation de la fiscalité, la réduction des dépenses publiques et la croissance de la dette… la conjonction de ces reproches ayant eu pour effet d’exaspérer le chef du gouvernement qui répliqua par l’annonce imprévue de sa démission.

  • Jan. 7, 2013

    De la démocratie dans l'eurozone

    Au cours de la crise de l’eurozone, les citoyens  ont été de plus en plus écartés des processus de prise de décision, tandis que les dirigeants du Conseil ont assuré la plupart des choix. Cette altération de l’équilibre « démocratique » de l’UE (qui préconise un équilibre relatif entre les principaux acteurs institutionnels de l’UE) a mis à l’écart le Parlement européen (PE) tout en reléguant la Commission européenne au niveau d’un secrétariat voué à la supervision technocratique de règles automatiques émanant de pactes qui imposent des contraintes destinées à assurer la stabilité fiscale. De plus, les parlements nationaux n’ont eu d’autre rôle à jouer que d’entériner les traités intergouvernementaux au risque, s’ils échouaient, d’être sanctionnés par les marchés ou bien, dans les cas des pays emprunteurs soumis à des restrictions budgétaires de la part de l’eurozone ou du FMI, de ne plus pouvoir se financer.

  • Nov. 21, 2012

    La France est-elle vraiment l’homme malade de l’Europe ?

    L’hebdomadaire The Economist l’a dit, la presse et les milieux économiques allemands en débatent quotidiennement, le FMI s’en inquiète ouvertement. Après l’Espagne ce sera l’Italie, et après l’Italie c’est la France qui entrera en crise de la dette publique. Ce pourrait être alors la fin de l’euro, parce que la France, c’est trop gros, et parce que la France pourrait entraîner l’Allemagne si d’aventure elle essayait de sauver la France. Que penser de cette montée d’angoisse ?

  • Oct. 26, 2012

    Peut-on superviser les banques sans argent ?

    Avec quel budget l’Autorité bancaire européenne (ABE) – European Banking Authority – a-t-elle fonctionné depuis son entrée en fonction en janvier 2011 ? La réponse est : 20 millions d’euros, soit à peu près 8 fois moins, par exemple, que le budget de l’Autorité de contrôle prudentiel française (ACP). Force est de constater que l’ABE n’a guère eu les moyens de sa mise en route alors même qu’il lui fallait asseoir sa crédibilité pour pouvoir incarner le gendarme du secteur bancaire européen. Certes, c’est à la BCE que l’Union européenne s’apprête à confier la surveillance des banques. Or, cette fonction aurait sans doute mieux convenu à l’ABE qu’à la BCE.

  • Oct. 11, 2012

    EADS/BAE : pourquoi Merkel a-t-elle dit non ?

    L’avortement du projet de fusion entre EADS et BAE Systems ne s’explique pas principalement par des facteurs industriels et sociaux. L’échec est essentiellement politique, et la responsabilité en incombe d'abord à l’Allemagne. La décision de Berlin de bloquer le processus de fusion est symptomatique d’un désengagement plus général de l’Allemagne par rapport à la construction européenne entamée il y a plus de soixante ans.

  • Oct. 4, 2012

    EADS-BAE : un projet à revoir

    Pourquoi fusionner deux entreprises qui ne dégageront pas de synergies de coût et vont se heurter à des obstacles réglementaires et politiques considérables ? L’argument de la taille suffit-il ? Croit-on vraiment que la création d’un Boeing européen peut suffire à lever les réelles objections industrielles et financières que soulève ce projet ? L’argument du rééquilibrage du portefeuille d’activités entre militaire et civil, entre marché européen et marché américain, justifie-t-il davantage cette fusion quand on sait que le marché militaire est déclinant des deux côtés de l’Atlantique et que l’accès au marché américain est restreint ?

  • Sept. 14, 2012

    La véritable feuille de route de Harlem Désir

    Au-delà des péripéties de la désignation du futur Premier secrétaire, il faut analyser les vrais enjeux de la passation de pouvoir au Parti socialiste. La principale tâche d’un premier secrétaire, lorsque ce parti est au pouvoir, est non seulement de soutenir la politique du gouvernement mais surtout d’en expliquer et défendre les principales inflexions. Lionel Jospin dut expliquer le tournant de la rigueur en 1983, François Hollande dut soutenir en 2000 l’inversion du calendrier électoral, décidée par Lionel Jospin, qui officialisait la reconnaissance par le Parti socialiste de la primauté de l’élection présidentielle dans la Ve République. Harlem désir va devoir, lui, défendre le tournant européen qui est au fondement des déclarations récentes du président de la République. L’accord de François Hollande avec les dispositions du pacte budgétaire, qui représentent un pas supplémentaire vers un fédéralisme européen, fixe la véritable feuille de route du futur premier secrétaire.

  • Sept. 10, 2012

    BCE : les dessous d’un choix

    Lors de sa réunion du 6 septembre, la BCE a annoncé un programme de soutien inattaquable par les marchés: elle promet des achats de dette illimités si un pays voit ses taux s’envoler. La baisse des taux qui a suivi ces annonces a été spectaculaire. Il y a dans ces nouvelles mesures une certaine ressemblance avec les politiques monétaires des banques centrales américaine et anglaise, qui rachètent depuis longtemps la dette publique de leur pays dans le but de faire baisser les taux, et avec succès. Mais est-ce que la BCE espère piloter les reformes économiques de la zone euro, ou simplement assurer la stabilité de la zone euro?