Jean-Noël Ferrié edit

Directeur de recherche au CNRS, PACTE UMR 5194/Université internationale de Rabat Écrivez à Jean-Noël Ferrié
  • 2 mars 2017

    La diplomatie migratoire du Maroc: une alternative à l’Europe

    Le Maroc vient de réintégrer l’Union Africaine qu’il avait quittée en 1984. Ce retour a lieu après qu’une intense activité diplomatique conduite par le roi Mohammed VI en destination de l’Afrique de l’Ouest comme de l’Afrique de l’Est l’a rendu quasiment inéluctable. Un des outils de cette diplomatie est l’accueil décent des migrants subsahariens.

  • 17 octobre 2016

    Election législative du 7 octobre 2016: le bipartisme s’installe dans la vie politique marocaine

    Le Maroc vient de connaître une révolution. Pour la première fois depuis que des élections s’y tiennent, un parti politique remporte d’affilée deux élections législatives et se voit ainsi, pour la deuxième fois successive, attribuer la direction du gouvernement. À ce fait, à lui seul remarquable, s’en ajoute un autre : l’entrée du Maroc dans une dynamique clairement bipartisane. Comparée à ces deux faits majeurs, la consolidation au pouvoir d’un parti que la presse et les commentateurs aiment à présenter comme « islamiste » n’a qu’un intérêt très secondaire.

  • 22 juin 2016

    Débats marocains sur les inégalités devant l’héritage

    On débat de plus en plus, au Maroc, de l’inégalité des femmes et des hommes devant l’héritage. Quelle pourrait être la traduction politique de ce mouvement d’opinion ? La Constitution de 2011 a créé des instances comme le Conseil national des droits de l’homme, qui empêchent les conservateurs de bloquer les débats ou d’imposer qu’ils s’alignent sur la seule référence islamique. Aujourd’hui, au Maroc, les références sont définitivement mixtes. Des avancées libérales sont-elles envisageables à court terme ? C’est une autre histoire.

  • 3 mars 2016

    Éviter le radicalisme: la méthode marocaine

    Dans le traitement de la religion, les politiques publiques marocaines se sont simultanément orientées vers la promotion du pluralisme des références en même temps que vers la préservation d’un ensemble limité de traditions faisant consensus.

  • 23 septembre 2015

    Maroc: les leçons d’une élection

    Le Maroc électoral oscille entre le centrisme modernisateur et le conservatisme. Aucune force politique n’apparaît donc porteuse d’une alternative. La stabilité qui s’ensuit n’est pas sans avantages, mais elle peut être porteuse de déséquilibres.

  • 6 mai 2015

    France-Maroc: une relation familière

    Le refroidissement des relations franco-marocaines a pris fin le 31 janvier dernier. A cette occasion, des « spécialistes » du Maroc appellent à une normalisation de la relation entre les deux pays, souhaitant les sortir de cette « exceptionnalité » qui les qualifierait. Mais faut-il vraiment normaliser cette relation?

  • 13 février 2015

    Le « Printemps arabe » après les élections tunisiennes

    La réitération d’une élection démocratique en Tunisie ne peut pas ne pas évoquer, par contraste, la situation des autres pays touchés par ce que l’on appelait le «  printemps arabe ». Faisons rapidement le tour des pays plus ou moins concernés.

  • 9 septembre 2013

    Égypte: retour sur l'éviction de Morsi

    Le président Morsi n’a pas été renversé à la suite d’un coup d’Etat ourdi solitairement par les militaires afin de préserver leurs seuls intérêts ou, pire encore, de s’arroger le pouvoir. Ce coup est, tout d’abord, et principalement, la conséquence inéluctable d’une série d’erreurs politiques et de fautes démocratiques accumulées par les Frères musulmans.

  • 8 février 2013

    Egypte : la crise est partie pour durer

    Depuis ce qu'il est convenu de nommer la révolution du 25 janvier, l'Egypte n'a connu aucune période de stabilité. Ni la désignation d'un premier Parlement, ni l'élection d'un président issu de l'opposition islamiste, ni l'adoption d'une nouvelle Constitution ne se sont accompagnées de cet apaisement que l'exercice même quelque peu chaotique de la démocratie aurait dû apporter. D'une certaine manière, la révolution n'a pas vraiment eu lieu : l'inquiétude face à la pression des forces libérales a conduit les militaires à contraindre le président Moubarak à partir, mais, ceci concédé, l'Armée a œuvré, en concertation avec les Frères musulmans, à éviter que les choses n'aillent plus loin. Pas davantage que les islamistes, elle n'aime les libéraux.

  • 3 décembre 2012

    Egypte : à quoi joue Morsi ?

    La vie politique égyptienne a connu ces derniers jours un regain de tensions. Le président Mohammed Morsi, tout auréolé du succès de son entremise dans le conflit israélo-palestinien, a fait un coup de force : il s’est arrogé, par une « Déclaration constitutionnelle », le pouvoir d’édicter des lois et des décrets qui échappent à la censure des tribunaux et a interdit à la Haute Cour constitutionnelle de se prononcer sur toute demande relative à la Commission constitutionnelle, alors occupée à rédiger le projet de Constitution. Cette déclaration devrait aussi permettre de juger une nouvelle fois  des responsables du régime précédent, c’est-à-dire de les condamner à des lourdes peines, puisqu’on doute qu’il s’agisse de les rejuger pour les absoudre. Enfin, il a en profité pour limoger à nouveau le Procureur général. C’est la troisième fois, déjà, que le président Morsi tente un coup de force : il y a eu, tout d’abord, la tentative de rétablir le Parlement dissout à la suite d’une décision de la Haute Cour constitutionnelle et, ensuite, le premier limogeage du Procureur général. Chaque fois le président a dû revenir sur ses décisions. Pour l’instant, malgré d’assez importantes manifestations, il n’est pas revenu sur celle-ci. Il n’y a pas intérêt, car il s’agit d’une décision charnière : elle est censée permettre la stabilisation de la vie politique dans un équilibre favorable aux Frères musulmans.

  • 15 octobre 2012

    Egypte : une transition chaotique mais pluraliste

    Cela fait plus d’une centaine de jours que Mohamed Morsi a succédé à Hosni Moubarak comme président constitutionnellement élu. Il ne s’est rien passé de catastrophique ; il ne s’est rien passé de rassurant. Certes, le nouveau président a réussi à écarter le maréchal Tantawi, qui faisait fonction de chef de l’Etat depuis que l’Armée avait pris le pouvoir. On ne connaît pas le détail de cette manœuvre. Sans doute indique-t-elle un accord provisoire avec l’Armée. Elle permet à une génération de cadets, déjà bien avancés en âge, de parvenir au premier plan. Il n’est pas douteux que leur impatience explique, au moins pour une part, la facilité apparente avec laquelle le président Morsi a pu écarter son prédécesseur.

  • 20 juin 2012

    Egypte : que se passe-t-il vraiment ?

    Ce qui se passe en Egypte n’est sans doute pas très clair, mais la plupart des commentaires que l’on pouvait lire dans la presse francophone ne contribuent pas à le clarifier. L’annulation de l’élection de l’Assemblée du Peuple, par la Haute cour constitutionnelle, ne peut en aucun cas être décrite comme « un coup d’Etat institutionnel ». Cette juridiction, exemple d’indépendance sous la présidence de Moubarak, avait déjà, par la passé, annulé une élection législative, et ce toujours à propos du problème épineux des candidats indépendants. Par ailleurs, il était de notoriété publique que la loi électorale n’était pas bien rédigée. Techniquement, le coup d’Etat eût résulté du refus des militaires de donner suite à la décision de la Haute cour constitutionnelle qui s’impose aux pouvoirs publics. Cela dit, elle a constitué une aubaine pour eux. Pourquoi ?

  • 13 avril 2012

    Egypte : obscurs jeux de pouvoir

    L’Egypte se trouve dans une situation compliquée et, à plus d’un titre, intrigante. Les forces armées dirigent le pays. Des élections libres ont cependant eu lieu. Elles ont amené une majorité radicalement islamiste à l’Assemblée du Peuple, composée de Frères musulmans et de Salafistes, les premiers obtenant 47,2% des voix et les seconds 24,7% ; le parti arrivant en tête derrière eux est le Wafd, avec seulement 7,6% des voix. Le jeu des marchandages constitutionnels a commencé.

  • 24 janvier 2012

    Regard froid sur le printemps arabe

    L’année dernière, l’Afrique du Nord et le Proche-Orient étaient agités par ce que l’on a appelé le « Printemps arabe ». On a cru à un jeu de dominos partant de Tunisie, atteignant l’Égypte puis le Bahreïn, le Yémen, la Libye, la Syrie voire, revenant vers l’Ouest, le Maroc. Un an après, la réalité apparaît plus contrastée, plus complexe et, finalement, moins triomphale.

  • 6 décembre 2011

    Égypte : la démocratie électorale fait ce qu’elle peut…

    Aux élections législatives du weekend dernier, les Frères musulmans ont obtenu plus de 36% des voix, les salafistes plus de 24% et le parti islamiste modéré Wasat (Le Centre) un peu plus de 4%. Cela fait 65% des voix en faveur des islamistes. Il n’y avait aucune raison sérieuse pour que l’effervescence libérale de la place Tahrir modifie la sociologie égyptienne. Mais comment comprendre la nouvelle donne politique ?

  • 10 novembre 2011

    Le printemps des islamistes ?

    Le score avantageux des islamistes tunisiens du parti Ennahda, le score probablement semblable des Frères musulmans égyptiens, lors des élections qui débuteront à la fin du mois de novembre, ainsi que le possible bon score des islamistes modérés du PJD marocain, lors des élections du 24 novembre prochain, suggèrent que le Printemps arabe aurait finalement profité aux islamistes. C’est vrai et c’est faux.

  • 28 septembre 2011

    Égypte : les libéraux sont mal partis

    Dans une lettre adressée à Raymond Aron au lendemain des événements de Mai 68, Georges Pompidou expliquait la stratégie qu’il avait suivie : laisser les étudiants réoccuper la Sorbonne, éviter de braquer l’opinion par une répression déterminée et attendre que celle-ci se lasse du désordre, pendant que se faisait le tri entre radicaux et modérés. C’est, pour l’essentiel, la stratégie suivie par les militaires égyptiens, depuis le coup d’État qui les a ramenés sur le devant de la scène.

  • 21 juin 2011

    Maroc : la pratique tranchera

    Le projet constitutionnel présenté par le roi Mohammed VI, le vendredi 17 juin, est indéniablement novateur. Certes il y a dans ce pays une pratique ancienne consistant à inscrire les réorientations sociopolitiques majeures dans une révision de la loi fondamentale. Mais cette fois nous avons affaire à une réorganisation sensible de l’architecture constitutionnelle du régime. Certains se réjouissent déjà de ce texte, d’autres en soulignent les limites. Il n’est guère possible de trancher entre ces deux interprétations, car en définitive c’est la pratique qui fera éclore ou au contraire bloquera les potentialités de ce nouveau texte.

  • 8 juin 2011

    À quoi joue l’armée égyptienne ?

    La mise en avant des crimes attribués à la famille Moubarak peut occuper l’opinion publique un certain temps. C’est probablement le calcul des militaires et de leurs alliés. Mais cette gestion tactique de la révolution égyptienne cache de plus en plus mal l’immobilisme des élites. Que souhaitent les militaires et quelles sont leurs stratégies ?

  • 14 mars 2011

    Égypte : replâtrage ou révolution ?

    Alors que le roi du Maroc vient de proposer une refonte globale de la constitution, les amendements constitutionnels égyptiens paraissent bien modestes. Ils portent sur les conditions de participation à l’élection présidentielle, la limitation de la durée du mandat du chef de l’État – deux fois quatre ans au plus, la réglementation de l’état d’urgence et les modalités de la révision constitutionnelle. Pour l’essentiel, il s’agit des réformes proposées par Hosni Moubarak avant qu’il ne soit forcé de quitter le pouvoir. La temporalité envisagée est également la même que celle qu’il avait avancée : dans les quelques mois qui viennent, une élection présidentielle puis parlementaire.