Trump, l’Europe et l’Ukraine: vers la fin de l’apaisement? edit

22 October 2026

Depuis le 12 octobre, Trump et ses affidés ont interrompu leurs dernières formes d’aide militaire à l’Ukraine, à savoir l’alerte précoce des tirs de missiles et un accès efficace à Starlink, conclu avec la Russie un accord d’importation de fuel tout en l’exonérant des sanctions américaines les plus récentes, attaqué Zelensky qu’ils ont qualifié d’obstacle à la paix en réclamant son départ,  tout en chantant les louanges de Poutine, déjà invité au G20 de Miami prévu pour décembre prochain.       

Cet enchaînement, qui nous ramène aux pires moments de Trump dans sa relation avec l’Ukraine en guerre, lui a fait franchir un degré nouveau dans le cynisme, l’arrogance et le mensonge-à-vis de ce malheureux pays. C’est un sentiment de révulsion qu’inspirent ici Trump et la violence de ses façons. 

Si, comme nous le pensons depuis longtemps, non seulement il n’y a plus rien à attendre de Trump pour l’Ukraine, mais sa capacité de nuire et sa connivence avec Poutine restent entières, cela pose deux questions : face à lui, y a-t-il encore une Amérique décente qui puisse lui faire obstacle et en laquelle nous puissions espérer ? Pour l’Europe, face à Trump, la stratégie de l’apaisement est-elle encore de mise, alors que Zelensky, cette fois, ne se laisse pas faire et dénonce pour ce qu’elle est – une basse trahison – l’attitude de Trump ?

Avant d’essayer de répondre à ces deux questions, il faut revenir à la séquence incroyable qui mène de l’accord américano-russe sur le fuel le 9 octobre à la suspension du paquet de sanctions américaines (dit « loi Lindsay-Graham ») par Trump le 16 et à leurs suites.

18 septembre : la loi Lindsay Graham sanctionnant l’Iran et la Russie est promulguée par Trump. Ainsi nommée en l’honneur du défunt sénateur républicain partisan de la fermeté face à la Russie, la loi a été adoptée à une majorité écrasante. La plupart des démocrates se sont néanmoins opposés au texte à la chambre, non pour éviter un renforcement des sanctions contre la Russie, mais parce que le texte conférait au président des pouvoirs discrétionnaires dans la fixation et la levée des sanctions, dont ils craignaient qu’il n’use contre les alliés des Etats-Unis.

Début octobre : les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes s’intensifient et répondent manifestement à un plan d’affaiblissement systématique de la production russe de produits raffinés. La hausse des prix du diesel était vivement ressentie dans les Etats agricoles du Midwest comme l’Iowa à quelques semaines des élections de mi-mandat (il n’y a quasiment pas de voitures diesel aux États-Unis ; le sujet est le fuel agricole, ains que les transports et les travaux publics).

9 octobre : Trump annonce un accord avec Poutine selon lequel la Russie livrerait 300 000 tonnes de diesel, puis des volumes supérieurs, en échange d’un allègement des sanctions. Zelensky dénonce cet accord comme « ni juste ni honnête » ; il y voit un « signe de faiblesse » de Trump et un « cadeau d’anniversaire » à Poutine (né un 7 octobre).

10 octobre : Trump attaque vertement Zelensky, le jugeant responsable de la hausse des prix du diesel aux États-Unis, au détriment « de nos fermiers et de nos ranchers »[1]. Il l’enjoint de cesser ses frappes sur les raffineries russes, et ajoute qu’il « est temps pour l’Ukraine d’avoir un nouveau président », reprenant ses accusations anciennes sur le fait que Zelensky a été élu de façon frauduleuse, et a refusé les chances de paix qui s’offraient d’arrêter « une guerre qui n’aurait jamais dû avoir lieu ».

Trump a, du même souffle, critiqué le comité Nobel qui ne lui avait pas attribué le prix Nobel de la Paix, « tache indélébile sur la Norvège et sur ceux qui ont pris cette décision honteuse et humiliante. Le prix Nobel a été pour toujours discrédité par une poignée de gauchistes et d’idéologues. Norvège, nous n’oublierons pas ! » Ce jour-là, des frappes russes tuent une vingtaine de personnes à Zaporidjia.

11 octobre : Trump annonce un « cessez-le-feu énergétique. » Sur son réseau Truth Social, il proclame : « Effectif immédiatement, il y a un CESSEZ-LE-FEU ÉNERGÉTIQUE. Les deux parties sont d’accord. Ne le rompez pas ! » Zelensky déclare, sur le site d’information Axios, qu’il n’est pas au courant de cet accord, mais qu’il s’y ralliera ; il dit observer le cessez-le-feu annoncé par Trump et signale que Moscou a frappé une centrale électrique après son annonce.

12–13 octobre :  Zelensky conditionne l’arrêt des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes à la fin des attaques russes contre les installations énergétiques ukrainiennes, notamment les centrales et relais électriques, systématiquement attaqués par les Russes depuis des semaines.  Il prévient que l’Ukraine « répondra » si la Russie ne respecte pas le cessez-le-feu et se dit sceptique sur la volonté russe de s’y conformer. Il indique aussi que l’Ukraine n’a reçu aucun renseignement de ses partenaires sur des attaques de missiles visant Kiev la nuit précédente. 

14–15 octobre : un conseiller de Zelensky dénonce des restrictions au système Starlink qui « privent l’Ukraine de moyens de défense. » Il est avéré que le système a été mis en mode restreint sur le seul territoire de l’Ukraine, ce qui fait perdre aux Ukrainiens le contrôle de leurs drones de défense au-delà d’une vitesse qu’ils doivent dépasser pour avoir une chance d’intercepter les drones d’attaque russe. (Pour leurs attaques à longue portée, notamment contre les raffineries russes, les Ukrainiens ne dépendent pas des moyens américains et recourent à des systèmes de guidage nationaux ou d’origine européenne.) En revanche, ils dépendent de l’alerte précoce américaine pour la détection des tirs de missiles russes, alerte qui ne leur est plus fournie.  

Elon Musk appelle publiquement Zelensky à « partir ». Le Daily Telegraph révélera le 16 octobre que c’est Musk lui-même qui a eu l’idée de dégrader les capacités de Starlink pour faire plier les Ukrainiens et l’a suggérée à Trump[2]. Les Russes poursuivant leurs frappes contre ses infrastructures énergétiques, l’Ukraine déclare la trêve rompue et reprend ses frappes sur les raffineries russes, Zelensky dit se sentir « trahi » par Trump.

16 octobre :  Trump signe un décret présidentiel suspendant (waiving) les sanctions de la loi Lindsay Graham, pour des motifs « d’intérêt national » non spécifiés. Zelensky, au Conseil européen de Bruxelles, dénonce une décision qui « récompense » Poutine ; « si je ne m’oppose pas à cela, qui le fera ? » dit-il. Il exhorte les Européens à maintenir les sanctions ; ceux-ci l’assurent de leur soutien, comme l’avait fait Andy Burnham le 13 à Londres.

18 octobre :  Zelensky dénonce 76 attaques russes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes en une semaine, cependant que l’’Ukraine lance plus de 1000 drones sur la Russie, mettant le feu à des installations pétrolières à Saint-Pétersbourg.

19 octobre : Trump répète que Zelensky n’a jamais voulu mettre fin à la guerre : « s’il m’avait écouté, il aurait réglé cela il y a longtemps ; il est temps que quelqu’un d’autre négocie à sa place. » Sur NBC, Zelensky réplique que renoncer aux sanctions renforce l’effort de guerre de Poutine, que se ranger du côté de Moscou serait une « erreur historique » pour les Etats-Unis, tout en indiquant que l’alerte précoce et les autres partages de renseignements américains ont repris.

20 octobre : l’Ukraine indique que les capacités Starlink et l’alerte précoce des tirs de missiles russes ont été rétablies par les Américains et Zelensky en remercie les Etats-Unis. Trump redouble de critiques envers lui, et l’accuse à nouveau d’être responsable de la hausse du diesel en l’enjoignant de faire la paix « sinon, cela se passera très mal. »

21 octobre : Wittccoff, le négociateur américain pour le conflit russo-ukrainien arrive à Moscou pour des discussions avec Vladimir Poutine au lendemain d’un entretien « positif » avec Volodymyr Zelensky.

Nouvelle embardée sans lendemain ou tournant stratégique?

Il est difficile de ne voir dans cette séquence d’événements qu’une aberration de plus du président américain. Certes, celui-ci reste prisonnier de ses obsessions (il mérite le prix Nobel, Poutine est davantage prêt à la paix que Zelensky, etc.). En ce sens, on relève la justification futile par Trump de l’accord américano-russe sur le diesel, à savoir la situation des fermiers américains : l’accord, portant sur moins de 1% des quantités échangées sur le marché mondial, n’est susceptible de modifier en rien cette situation. Les décisions de Trump s’inscrivent par ailleurs dans la ligne de sa vindicte contre Zelensky, qui lui fait énumérer au mot près les reproches qu’il dévide incessamment contre lui depuis son algarade du 28 février 2025 dans le bureau ovale, à laquelle il se réfère d’ailleurs avec fierté. Il y a là une marque de perte de jugement, voire de sénilité qui pourrait conduire à minimiser l’événement.

Il y a cependant quelque chose de plus, qui donne au lâchage de l’Ukraine par Trump intervenu en octobre un tour nouveau. Cela tient à quatre points.

Il y a d’abord la violence délibérée consistant à priver l’Ukraine, non des moyens offensifs dont elle use contre les raffineries russes, mais des moyens de se défendre. 

Il y a, ensuite, la mauvaise foi insigne consistant à réclamer de l’Ukraine qu’elle cesse d’attaquer les raffineries russes alors que la principale raffinerie ukrainienne a été mise hors de service par les Russes en 2022, en ignorant la demande de bon sens des Ukrainiens que le cessez-le-feu énergétique soi-disant négocié par Trump porte sur l’ensemble des installations énergétiques des deux pays.

Il y a aussi le déni qui fait dire à Trump qu’il n’a pas réduit les capacités Starlink des Ukrainiens et qu’il « ne pense pas qu’Elon l’a fait » – ce dernier a multiplié les dénégations de son côté – alors qu’on sait grâce au Telegraph qu’ils se sont concertés pour le faire. De son côté le Pentagone a expliqué que la suspension, durant plusieurs jours, de l’alerte précoce des tirs de missiles russes était due à un mal fonctionnement informatique. La livraison des missiles Patriot en provenance des Etats-Unis a pratiquement cessé et l’Ukraine cherche à s’en procurer auprès de pays tiers qui les détiennent déjà ; mais les Etats-Unis n’ont pas délivré, en octobre, les autorisations indispensables à ces transferts, tout en niant s’y opposer.

On dira : ce ne sont que des mensonges de plus de l’administration Trump ! Ne pas assumer ce qu’elle a fait revient à ajouter la lâcheté à l’ignominie ; mais cela peut aussi traduire, de sa part, une détermination perverse vis-à-vis de l’Ukraine : ne pas dire ce qu’on a fait peut être interprété comme une menace silencieuse de recommencer.

Il y a, enfin, le geste hautement favorable à Poutine, même si ses conséquences pratiques sont limitées, qu’est la suspension des sanctions prévues par la loi « Lindsay Graham ». Les Russes ne s’y sont pas trompés, qui ont salué cette suspension comme un « moment historique. »

Zelensky se rebiffe

Face à cela, la réaction de Zelensky a été, pour la première fois, de résister ouvertement à Trump. Il a rendu coup pour coup, prouvé les méfaits américains envers son pays, et dénoncé ouvertement le biais pro-russe du président américain. Il a ainsi cherché à en appeler par-dessus Trump à l’opinion américaine, restée majoritairement favorable à l’Ukraine.

Est-ce un calcul judicieux ? Sur le plan intérieur certainement : la popularité de Zelensky a bondi en dix jours de 43% à 57% à la suite de son différend public avec Trump, alors qu’il est contesté – notamment par Klishko, le maire de Kiev – chez lui. Si Trump voulait l’affaiblir, c’est un échec.

Aux Etats-Unis même, y a-t-il des réserves de bon sens et de décence qui puissent faire payer à Trump un prix pour son lâchage de l’Ukraine et faire obstacle à son instinct qui le porte  – irrémédiablement semble-t-il  –  à épouser la cause de Poutine ?

On relève que, face à un président affaibli, des voix se sont plus spontanément élevées contre lui à cette occasion qu’au début de son deuxième mandat. Six sénateurs ont demandé à l’administration de « faire marche arrière immédiatement » sur le plan diesel.  Deux sénateurs républicains – dont le siège n’est pas renouvelable, il est vrai – ont exprimé leur indignation devant la suspension des sanctions annoncée le 16 octobre. Ce n’est pas le seul signe de désapprobation qui émane du camp républicain : « L’Amérique ne doit pas offrir une bouée de sauvetage à la machine de guerre de Poutine », a dit l’ancien vice-président Mike Pence après l’annonce de l’accord sur le diesel.

Cependant, la cause ukrainienne mobilisera difficilement contre Trump l’opinion américaine : si l’on demande à qui va leurs sympathies, les Américains sont certes une large majorité (57%) à répondre « plutôt à l’Ukraine » qu’à la Russie (4%), mais 39% disent « aucun des deux » ou restent indécis. D’autres questions détermineront l’issue des élections de mi-mandat.

Parmi celles-ci, il y a les sujets de la hausse des prix des produits pétroliers et de la guerre en Iran, celle-ci expliquant celle-là, qui ont ensemble contribué à l’impopularité de Trump : sa tentative misérable de faire de Zelensky un bouc émissaire responsable de la hausse des prix du pétrole ne va pas directement l’affaiblir, mais elle ne va pas tromper les Américains, et la défaite républicaine aux prochaines élections semble de plus en plus probable.

Quelle attitude pour l’Europe?

La seule attitude responsable des Européens dans ces circonstances est de continuer à aider l’Ukraine.  C’est ce qu’ils ont réaffirmé au long de la confrontation entre Zelensky et Trump depuis le 10 octobre et c’est heureux. 

Cela, cependant ne suffit pas : la question se pose de savoir s’ils doivent continuer à ruser avec Trump, à chercher par un mélange de flatterie et d’évitement à modérer ses embardées et à atténuer les conséquences de sa détestation obsessionnelle pour l’Ukraine et de son penchant mystérieux pour Poutine.

Cette attitude a prédominé dans les rapports des Européens avec Trump, en particulier de la part d’Emmanuel Macron qui estimait avoir avec lui un rapport personnel permettant de le canaliser. L’Elysée s’en flattait encore le 20 septembre à la veille de la rencontre les présidents français et américain à New York. Les deux semaines qui viennent de s’écouler montrent néanmoins que cette stratégie a échoué.

Les pays européens n’ont pas été davantage ménagés par Trump que le Canada qui, sous l’égide de Mark Carney, lui a tenu tête avec une fermeté tranquille qui force l’admiration. L’apaisement, peu digne, pouvait se justifier à la rigueur pour protéger l’Ukraine des représailles de Trump. Le Financial Times a rapporté qu’à la veille du Conseil européen des 15-16 octobre, les Européens se proposaient d’inciter Zelensky à la modération envers Trump.  

Cependant, dès lors que Zelensky a lui-même choisi la fermeté et en assume les risques, les Européens n’ont plus cette excuse. Le communiqué du Conseil européen du 16 octobre est heureusement d’une grande fermeté, ne fait aucune allusion au cessez-le-feu énergétique fantôme de Trump et affirme, au rebours de celui-ci, que « l’Union européenne est déterminée à maintenir et à accroître sa pression sur la Russie, y compris au moyen de nouvelles sanctions, pour qu’elle mette un terme à sa guerre d’agression brutale. »

Les Américains ont leurs vulnérabilités : Elon Musk a besoin du marché européen et bien des mesures, silencieuses ou ouvertes, peuvent en restreindre l’accès à ses dépens. Le relai des bases américaines en Europe est indispensable aux Etats-Unis pour se projeter au Moyen-Orient. La vanité de Trump est attachée au succès du G20 de Miami où, grâce à lui, Poutine sera présent et il y a bien des façons de leur gâcher la fête : au degré de détérioration où Trump a porté sa relation avec les Européens, la question de leur présence à Miami peut légitimement se poser. 

Si indifférents que paraissent les Américains à la politique étrangère, ils n’accepteront pas si facilement que leur président s’aliène totalement ses alliés européens, et il aura un prix politique à payer pour cela. On peut penser qu’il a déjà été trop loin lors de la crise qui vient de se dérouler.

A plus long terme, les mécomptes subis par les Ukrainiens sont là pour rappeler aux Européens qu’ils ne peuvent ni modifier ni transférer les armes qu’ils ont achetées aux Américains sans leur autorisation ; qu’ils peuvent s’en voir en pratique dénier l’usage à tout moment ; qu’ils sont dépendants des réseaux numériques américains dont ils peuvent se voir privés aussi arbitrairement que les Ukrainiens l’ont été. Il n’est plus douteux que les Européens doivent s’unir pour s’affranchir de ces contraintes, dont Trump et Musk ont montré que les Etats-Unis n’hésiteraient pas à en faire des instruments de coercition contre eux.

Les gouvernements européens et les instances de l’Union européenne en sont conscients et commencent à agir pour s’affranchir des plus criantes de ces dépendances. Mais ils hésitent encore à admettre pleinement cette réalité, et à en tirer toutes les conséquences, tant pèsent le souvenir des bénéfices que l’Europe a retiré dans le passé de l’alliance avec l’Amérique et les habitudes de l’intégration militaire avec elle.  Il n’en faut pas moins agir, et vite.

Au total, Zelensky a bien posé le problème : il a accusé Trump de se retrouver « du mauvais côté de l’histoire » en soutenant Poutine et en pénalisant l’Ukraine. Il l’a fait sans doute par calcul, pour renforcer sa position à l’intérieur, comme vis-à-vis de Trump, qui aborde affaibli l’échéance des midterms. Il s’est révélé une fois de plus en cette occasion un vrai politique.

Il a sans doute aussi répondu à un instinct où s’est reconnue l’opinion ukrainienne, le souci de sa dignité qui commande de résister à un plus puissant qui abuse de sa supériorité.

Il n’est que temps pour l’Europe, pour les mêmes raisons de raison politique et de souci de sa dignité, de délaisser l’apaisement pour une attitude de résistance et un programme stratégique d’émancipation face à cette puissance déréglée que sont devenus les Etats-Unis avec Trump.

[1] “‘You can do whatever you want to Russia. Don’t hit the refineries because that’s a world problem,’ Trump said. ‘He wants to make problems for the world. He wants to make problems for our farmers, our ranchers with diesel fuel, because Russia supplies a large portion of the diesel fuel around the world. And what does he do? He goes and hits the diesel fuel. He better damn well stop.’” (https://www.politico.com/news/2026/10/10/trump-zelenskyy-russia-ukraine-01115841)

[2] https://www.telegraph.co.uk/world-news/2026/10/16/musk-approached-trump-slow-down-starlink-help-ukraine/