Cygnes noirs et tectonique des affaires internationales edit

19 April 2026

L’attaque américano-israélienne déclenchée le 28 février est apparue comme imprévisible. Même si la crise entre Washington et Téhéran relève d’une longue série de tensions, le déclenchement des bombardements ne fut pas le résultat d’une longue escalade. Bien au contraire, l’opération militaire est apparue soudaine alors que quelques jours plus tôt tous les regards étaient tournés vers le Groënland et le Vénézuéla. On estime qu’en 72 heures, la guerre contre l’Iran avait sans doute déjà coûté plus de 4 milliards de dollars. Le coût moyen quotidien serait estimé entre 500 et 1 000 milliards de dollars[1]. Au-delà du coût de l’attaque en elle-même, il y a celui des effets macroéconomiques systémiques : blocage du détroit d’Ormuz et son impact sur le cours du pétrole et les chaînes d’approvisionnement globales, soutenabilité industrielle de l’effort de guerre pour les belligérants mais aussi pour les puissances européennes qui sont amenées à repenser leurs stratégies et capacités navales en méditerranée[2]. L’impact de cet événement aussi soudain qu’inattendu est donc déjà similaire à celui d’une crise financière. La présidence de Donald Trump pour son second mandat à la Maison-Blanche semble coïncider parfaitement avec une démultiplication des « cygnes noirs » pour reprendre le concept forgé par Nassim Nicholas Taleb[3] dans son ouvrage éponyme de 2007. Les décisions prises par l’administration Trump sont autant d’éléments déstabilisateurs mais ne sauraient se limiter à une suite d’éléments sans cohérence. Nous proposons ici de les questionner au regard des régimes internationaux et de la stabilité hégémonique pour en mesurer la portée structurelle sur l’ordre international et la mondialisation.

Désordre mondial

Un constat pour commencer, la présidence de Donald Trump pour son second mandat se singularise par une démultiplication de décisions inattendues, d’aucuns diront erratiques, fortes, d’envergure, en rupture avec les équilibres et logiques en place et dont l’impact pourrait être potentiellement systémique. Pour le dire autrement, un certain nombre de décision ou déclarations prises par l’hôte de la Maison-Blanche s’apparentent à ce que l’on pourrait qualifier de « cygnes noirs », ces événements rarissimes et imprévisibles. Les décisions en question défient la logique des relations diplomatiques et du commerce international. Ce qui frappe dans ces événements est que tous ont peu ou prou en commun d’être subis, inattendus, et d’aller à l’encontre de la forme de logique de l’environnement de l’événement (commerce international, diplomatie, questions de sécurité militaire, etc.) et enfin il s’agit à chaque fois d’événements dont la portée et les conséquences sont potentiellement d’importance tant pour les Etats-Unis que pour le reste du monde. Si on essaie de dresser une liste chronologique des principaux « cygnes noirs » du second mandat trumpien, on peut citer : la hausse généralisée, unilatérale et indistincte des droits de douanes qui ont visé tous les partenaires commerciaux des Etats-Unis. La volonté d’annexer le Groënland, la volonté d’annexer le Canada, la volonté de saisir le canal de Panama, la capture du président vénézuélien dans son propre palais présidentiel à Caracas. Citons enfin les menaces à l’égard des membres de l’OTAN et la participation sous conditions aux accords de défense mutuelle. Le président Trump déclarant ainsi à Davos : «So we want a piece of ice for world protection, and they won’t give it. We’ve never asked for anything else… They have a choice. You can say yes and we will be very appreciative. Or you can say no and we will remember. » (« Nous voulons un morceau de glace pour protéger le monde, et ils ne veulent pas nous le donner… Ils ont le choix : dire oui et nous en serons très reconnaissants. Ou dire non — et nous nous en souviendrons. »)

Dernier événement en date, l’attaque contre l’Iran et les conséquences économiques que cette opération militaire ne manquera pas d’avoir sur les marchés du pétrole, les chaînes d’approvisionnement global et l’économie mondiale d’une manière générale. Ces événements, en soi, peuvent être vus comme des « cygnes noirs » car ils tombent assez bien sous le coup des différents critères caractérisant les cygnes en question d’après Taleb. Mais c’est surtout l’attitude du président Trump qui donne un écho et une importance à ces événements.

Le président américain se fait le chantre d’une approche transactionnelle dans les relations internationales qu’elles soient commerciales, économiques, diplomatiques ou sécuritaires. Mais concrètement, on constate depuis un peu plus d’un an que cette approche se traduit bien souvent par des marchandages avec ses propres alliés comme avec les rivaux stratégiques, et une rupture unilatérale des alliances. On pourrait voir un tournant impérialiste dans la politique étrangère américaine. Sylvie Bermann l’avait déjà évoqué dès février 2025 : « la volonté proclamée de se désengager de toutes les guerres […] ne signifie pas pour autant un isolationnisme complet et n’exclut pas une forme d’impérialisme[4] ».

Pourquoi parler de « cygnes noirs » ? La définition de Taleb est la suivante : « un événement qui présente les trois caractéristiques suivantes. Premièrement, il s’agit d’un cas atypique, car il se situe en dehors du champ des attentes habituelles… Deuxièmement, il a un impact considérable. Troisièmement, malgré son caractère atypique, la nature humaine nous pousse à inventer des explications pour justifier sa survenue. » Un « cygne noir » se caractérise surtout par la manière dont il est appréhendé par ses contemporains. En effet, l’histoire est jalonnée et façonnée par des événements extrêmes et non par une évolution linéaire.

Le fait que Taleb considère les cygnes noirs comme des éléments structurants de nos sociétés pourrait se trouver dans le fait que les cygnes noirs soient des marqueurs de dysfonctionnements des régimes internationaux. L’effet déstabilisant des « cygnes noirs » viendrait selon Taleb d’un certain nombre de biais cognitifs qui faussent nos jugements (bais rétrospectif, illusion de narration, excès de confiance, biais de confirmation). Ainsi il y a un an, Sylvie Bermann relevait déjà ces formes de biais cognitifs de la part des alliés de Washington, chacun s’empressant d’ajuster son comportement en fonction d’une logique préalable : « d’ailleurs les Danois traditionnellement pro-américains se sont empressés d’afficher leur disponibilité à négocier, et l’OTAN a proposé de faire de même pour apaiser les velléités belliqueuses de Donald Trump […]. Le Panama a déjà annoncé qu’il mettrait fin de manière anticipée à l’accord avec la Chine dans le cadre des routes de la soie. Le Canada et le Mexique ont accepté de renforcer le contrôle de leurs frontières en contrepartie d’une pause sur l’augmentation exorbitante des tarifs douaniers ». Ce sont des réponses dans un premier temps c’est-à-dire que les différentes parties prenantes réagissent dans la rationalité t-1 autrement dit celle d’un régime international qui fonctionne _ ou du moins qui fonctionnait dans un passé pas forcément si lointain. Ensuite, la plupart, quand ils ont pu, ont adapté leur réponse et se sont montrés plus agressifs. A cet égard on voit donc la différence entre la réponse en février 2025 (tel qu’évoqué dans l’article de Bermann) et le discours fait par Mark Carney au World Economic Forum la veille de l’allocution de M. Trump, discours dans lequel le premier Ministre canadien acte une indépendance stratégique de son pays vis-à-vis des Etats-Unis «We know the old order is not coming back. Nostalgia is not a strategy. » (« Nous savons que l’ancien ordre ne reviendra pas. La nostalgie n’est pas une stratégie »).

Tous les événements évoqués peuvent être considérés comme des « cygnes noirs » car on voit un refus d’accepter que le régime international n’est plus en adéquation à trois niveaux. Fonctionnel tout d’abord car le mécanisme de résolution des problèmes et de production de biens internationaux publics ne fonctionne plus. Idéel ensuite car les normes et les valeurs du régime international ne sont plus en adéquation avec celle des acteurs à commencer dans le cas présent par l’hégémon américain lui-même. Enfin pour ce qui relève de l’équilibre des puissances, l’hégémon n’a plus d’intérêt à respecter le régime international au regard de son intérêt national. Autrement dit, la multiplication des « cygnes noirs » n’est pas la cause du désordre mondial mais le symptôme d’un rééquilibrage structurel qu’est la fin de régimes de stabilité hégémonique.

Dépasser la crise et penser les mutations systémiques

Si cette succession d’événements ne savait manquer de nous interpeller, la question du rapport de causalité devrait nous éclairer. Pour le dire de manière la plus simple qui soit, ces « cygnes noirs » sont-ils la cause d’un désordre mondial à venir ? Ou bien, sont-ils les symptômes de transformations plus profondes qui dépasseraient les seules décisions erratiques de l’actuel occupant de la maison blanche. Dans la première hypothèse, les décisions de Trump viendraient de lui-seul et elles dérègleraient un système international multilatéral et libéral qui fonctionnait avant son arrivée au pouvoir. Mais si, ce que l’on propose dans ces lignes, on considère que les dysfonctionnements étaient déjà sous-jacents, alors les crises successives devraient être vues à l’aune d’une perspective nouvelle. Il s’agirait de « cygnes noirs », d’événements imprévisibles car les parties prenantes ne voulaient pas voir l’évolution actuelle telle qu’elle est. Si les événements en eux-mêmes furent exceptionnels et imprévisibles (pourquoi le Groënland avant l’Iran ?), la logique qui les sous-tend et amène à ces crises le serait déjà beaucoup moins, ainsi que le laissait déjà entendre Taleb dès 2007.

Pour clarifier cette idée, on proposera un détour par la théorie de la stabilité hégémonique et celle, sous-jacente, des régimes internationaux. Pourquoi à un moment donné, un aspect des relations internationales semble-t-il suivre une forme de régularité et d’ordre ? Pourquoi les différents acteurs (étatiques et non-étatiques) s’accordent-ils pour suivre certaines règles et principes ? À ces questions l’économie politique internationale répond par le concept de régimes internationaux. Un régime, pour reprendre la définition canonique formulée par le politologue américain Stephen Krasner, est « l’ensemble de principes, normes, règles et procédures décisionnelles implicites ou explicites autour desquels convergent les attentes des acteurs dans un domaine donné ». Cette définition souligne que les régimes sont composés de quatre éléments clés : les principes, les normes, les règles et les procédures qui guident les comportements dans les relations internationales. » La mondialisation concourrait donc d’une forme d’ordre international qui s’appuyait sur un faisceau de régimes internationaux. La pax americana différait donc de la pax britannica du XIXe siècle. Les régimes internationaux sont donc des productions historiques qui possèdent une dimension normative et symbolique. Les valeurs de l’ordre portées par la mondialisation n’étaient pas celle de l’ouverture des marchés par la canonnière comme au XIXe siècle. Et pour les théoriciens de la stabilité hégémonique, seule une puissance dominante est en mesure de mettre en place des régimes internationaux et d’assurer leur bon fonctionnement[5]. Cette approche a ceci d’intéressant qu’elle permet de comprendre la création d’une forme d’ordre dans les relations internationales mais aussi la dynamique interne et historique de la mondialisation. L’hégémonie répondant aux attentes des différentes nations, elles vont adhérer aux régimes internationaux. A mesure qu’un régime international est efficace, le coût relatif pour produire un bien international public va être plus important pour l’hégémon. Comme l’analysait Guzzini dès 1998, le déclin de la puissance hégémonique laisse présager le déclin des régimes internationaux[6].

Si importante qu’elle soit, la théorie de la stabilité hégémonique a suscité une importante controverse chez les universitaires[7]. Cette théorie est importante car, si elle est juste, alors on doit conclure que le libre-échange et l’ordre libéral marchand sont dépendants de l’existence d’une puissance hégémonique. En l’absence d’une telle puissance ou dans l’hypothèse où elle verrait sa puissance relative décliner (du fait par exemple du succès des autres nations qui bénéficieraient du cadre stable offert par les différents régimes internationaux), ainsi que l’analysait Stéphane Paquin dès 2008, « l’économie mondiale court le risque de se détériorer, et on peut craindre que le nationalisme économique ne revienne à l’avant-scène et les mesures protectionnistes se multiplient mettant ainsi en péril le système économique international[8] »8. C’est précisément ce qui semble se dessiner avec cette démultiplication des « cygnes noirs » dont le nombre donne à penser qu’ils dépasseront bientôt leurs congénères blancs pour reprendre la formule de Sylvie Bermann.

Lorsque la puissance hégémonique perd de sa puissance, le système international suit avec ce que cela implique en termes de paix et de prospérité. Dans un premier ouvrage paru en 1981, le politologue Robert Gilpin va reprendre les travaux pionniers de Charles Kindlerberger sur la stabilité hégémonique et y ajouter deux éléments (pour être tout à fait précis, il va renforcer un élément déjà présent dans la théorie de Kindleberger et en ajouter un, l’intérêt national). Ainsi, dans War and Change in World Politics, il cherche à expliquer la croissance et le déclin de la puissance hégémonique (1981, pp. 10-11). Gilpin fournit donc une analyse conceptuelle des cycles de puissance hégémonique. Le cycle suit cette logique : « après une période très profitable reliée à la supériorité militaire, économique, technologique et organisationnelle, la puissance hégémonique entre dans une période de déclin. Premièrement, le coût pour maintenir son hégémonie dans le monde croît plus rapidement que les ressources disponibles. De plus, la puissance hégémonique est incapable d’empêcher la diffusion de ses compétences économiques, technologiques et techniques aux autres États. L’hégémon doit également faire face aux demandes croissantes de sa propre population. Avec le temps, ces derniers vont privilégier la consommation sur la production et résister aux changements nécessaires afin d’assurer la prééminence de leur puissance hégémonique sur le système international. De la combinaison de ces facteurs résulte une sévère crise financière[9] ».

Gilpin voyait initialement dans les crises financières comme les signes annonciateurs du déclin hégémonique. L’hégémonie se terminerait par une la guerre car l’hégémon sur le déclin cherchera à réduire sa présence internationales (par exemple en nouant des alliances stratégiques pour ne plus avoir à supporter seul le coût de la sécurité collective. L’attitude de l’administration républicaine actuelle peut ainsi se comprendre à l’aune de cette approche, Trump voulant forcer la main à ses alliés de l’OTAN pour réduire la présence américaine à l’international. Une autre hypothèse fut que l’hégémon attaquât la ou les puissances montantes avant qu’elle se soient trop menaçantes. Là encore, on peut s’interroger sur la guerre commerciale menée par les États-Unis à l’endroit de la Chine.

Quelques années plus tard, en 1987, dans son manuel The Political Economy of International Relations, Gilpin en arrivait à la conclusion que le déclin de l’hégémonie américaine affecterait nécessairement l’ordre libéral international. Comme le résume Paquin, « Dans ce contexte, les Américains sont de plus en plus hésitants à assumer le coût du bien public international car les resquilleurs en profitent pour les concurrencer sur le terrain économique. Puisque la puissance hégémonique est guidée par son intérêt national, il se trans progressivement en hégémon prédateur et une ère de « nouveau mercantilisme » s’ouvre. […] Les conséquences de cette transformation sont fondamentales pour le système international. En premier lieu, elle marque le retour du protectionnisme et de politiques mercantilistes par la puissance hégémonique en déclin. Puisque ce type de comportement ne manquera pas d’être sanctionné par les autres pays du GATT et ou de l’OMC aujourd’hui, la situation risque de se détériorer. Ces transformations posent une sérieuse menace pour le système international des échanges et la survie de l’ordre libéral[10]. »

La multiplication des décisions inattendues, d’ampleur et souvent brutales par Donald Trump semblent donc autant de « cygnes noirs ». Mais Taleb nous apprend qu’il n’y a de « cygnes noirs » que du fait de l’inaptitude des différentes parties prenantes à vouloir voir le monde tel qu’il est. Passé cette première année marquée par les décisions tant spectaculaires que déstabilisantes, on voit que le comportement des différents acteurs (gouvernements membres de l’OTAN, autorités chinoises, marchés) s’adapter de plus en plus. Ce virage stratégique semble laisser augurer deux choses. Sur le plan économique, c’est une page qui se tournant et la fin d’un consensus libéral et globaliste. Sur le plan politique, c’est la fin d’une confiance forte accordée aux Etats-Unis par nombre de pays. La conjonction de ces deux dynamiques laisse augurer une transition de puissance dans les relations internationales dont les conséquences seront politiques, économiques, institutionnelles voire civilisationnelles.

Ainsi, ce que nous interprétons aujourd’hui comme une succession de « cygnes noirs » pourrait bien relever d’un phénomène plus structurel : la fin progressive d’un cycle d’hégémonie. Au regard de l’économie politique internationale, les comportements de l’administration américaine ne doivent pas être lus seulement comme des ruptures tactiques ou des décisions erratiques, mais comme les manifestations d’un phénomène déjà analysé par la théorie de la stabilité hégémonique. Lorsqu’une puissance dominante n’a plus l’intérêt ou la capacité de supporter seule le coût de la production de biens publics internationaux, elle tend à remettre en cause les régimes qu’elle avait contribué à créer. La multiplication des politiques protectionnistes, l’arsenalisation des interdépendances économiques ou encore la remise en cause d’alliances établies peuvent alors être interprétées comme les signes d’une transformation du système international plutôt que comme des anomalies conjoncturelles.

Pour les entreprises et les acteurs économiques, les implications sont considérables. La géopolitique des affaires ne peut plus être pensée dans le cadre relativement stable de la mondialisation libérale qui prévalait depuis la fin de la guerre froide. Les firmes doivent désormais évoluer dans un environnement caractérisé par la fragmentation des régimes économiques internationaux, la politisation croissante des chaînes d’approvisionnement et l’usage stratégique du commerce, de la finance ou de la technologie par les États. Dans ce contexte, l’analyse géopolitique redevient une compétence centrale pour les acteurs économiques : comprendre les rapports de puissance, anticiper les ruptures de régimes et diversifier les dépendances stratégiques devient une condition essentielle de la compétitivité et de la résilience des entreprises.

 

[1] Voir par exemple les estimations réalisées par le Center for Strategic and International Studies $3.7 Billion: Estimated Cost of Epic Fury’s First 100 Hours.

[2] Discours de l’Île Longue : vers la « dissuasion avancée » | Note de la FRS | Fondation pour la Recherche Stratégique | FRS

[3] Nassim Nicholas Taleb, The Black Swan : the impact of the highly improbable, Londres, Penguin, 2010, 1re éd. 2007.

[4] Sylvie Bermann, « Les cygnes noirs se multiplient », Les Echos, 5 février 2025.

[5] Charles Kindleberger, The World in Depression, 1929–1939, Berkeley, University of California Press, 1973; Robert Gilpin, War and Change in World Politics, Cambridge, Cambridge University Press, 1981; The Political Economy of International Relations, Princeton, Princeton University Press, 1987; Global Political Economy: Understanding the International Economic Order, Princeton, Princeton University Press, 2001.

[6] Stefano Guzzini, Realism in International Relations and International Political Economy: The Continuing Story of a Death Foretold, London/ New York, Routledge, 1998, p. 144.

[7] Voir les critiques formulées par Robert Keohane, After Hegemony: Cooperation and Discord in the World Political Economy, Princeton, Princeton University Press, 1984 ou celle de Ned Lebow, « Lost in Transition: A Critical Analysis of Power Transition Theory », International Relations 23(3), 2009.

[8] Stéphane Paquin, La Nouvelle Économie politique internationale : théories et enjeux, Paris, Armand Colin, 2008, p. 79.

[9] Paquin, op. cit., p. 81.

[10] ibid..