Le peuple américain prêt à rejeter Donald Trump edit

22 October 2026

À deux semaines des élections à mi-mandat les Américains rejettent Trump dans une proportion des deux tiers. Sur un point, cependant, ils sont d’accord avec lui : ces élections sont un référendum sur sa personne et que selon les données du récent sondage IPSOS (13 octobre) pour le Washington Post le président devrait perdre largement.

Notons d’abord que la proportion d’électeurs qui déclarent qu’ils voteront certainement ou probablement à ces élections est de 80% (dont 63% sûrs) alors qu’elle n’était à la veille des précédentes midterm de 2022 que de 58% (dont 44% sûrs) Cette forte mobilisation semble devoir profiter au parti démocrate selon les premières observations faites sur le vote par correspondance qui est en cours.  

Les intentions de vote sont passées en une année de 46% à 52% pour les démocrates, alors que sur la même durée les républicains restent stables avec contre 44%. Au même moment lors des précédentes midterms, ces proportions étaient de 48% contre 49%. Cette avance actuelle de huit points paraît donc très significative.

L’ensemble des données du sondage vont dans le même sens, montrant un net rejet de la personne de Donald Trump par l’opinion publique américaine. On observe d’abord que les Américains sont hostiles à la concentration des pouvoirs dans les mains du président. Les deux tiers des personnes interrogées estiment que Trump va au-delà de ce que doit être l’autorité du président et 59% préfèrent que le prochain Congrès soit démocrate pour surveiller le président plutôt que républicain pour le soutenir. Aux précédentes midterms cette réponse n’était choisie que par 45%. Plus généralement, comme le montre le tableau ci-dessous, les Américains estiment que Trump ne défend pas les principes de la démocratie américaine.

Tableau 1. Trump et la démocratie américaine

Les Américains sont également hostiles à la manière dont Trump organise son culte et s’enrichit en profitant de sa position de président. 59% estiment qu’il s’intéresse trop à ses projets de construction à Washington DC et 80% estiment que graver son nom sur le Kennedy Center était inapproprié. 59% pensent qu’il utilise la présidence pour s’enrichir et 74% jugent inapproprié qu’il se serve de l’argent public pour défendre ses politiques. Enfin, l’idée de retransmettre en direct et en continu sur les médias l’exécution du meurtrier Nidal Hassan est rejetée par 80%.

Les Américains rejettent tout autant les options de Trump en matière de politique étrangère. 65% estiment que l’engagement de l’armée armée américaine contre l’Iran a été une faute et 68% critiquent sa relation avec les alliés des États-Unis. Comme le rappelle Gilles Andreani dans son article récent de Telos les Américains sont une large majorité (57%) à répondre que leurs sympathies vont « plutôt à l’Ukraine » qu’à la Russie (4%), 39% disant « aucun des deux » ou restant indécis. Enfin, 58% sont opposés à l’augmentation du soutien militaire à Israël.

Globalement, les deux tiers des Américains désapprouvent l’action de Trump et près des trois-quarts estiment que le pays va dans la mauvaise direction. Ce rejet s’étend au parti républicain lui-même, 55% estiment que ce parti est trop extrême contre 36% s’agissant du parti démocrate. À part l’action concernant la criminalité, le parti démocrate leur paraît plus capable que le parti républicain dans tous les domaines, y compris même celui de l’immigration. Certes, 54% ont une impression défavorable du parti démocrate mais 63% ont cette même impression du parti républicain, proportion qui monte à 69% lorsqu’il s’agit du mouvement MAGA lui-même. S’agissant des prochaines élections, 47% souhaitent que le parti démocrate soit dominant au Congrès contre seulement 35% qui préfèrent une domination du parti républicain.

La vague démocrate est suffisamment haute et le rejet du président suffisamment fort pour assurer une majorité démocrate à la Chambre est assurée, et il n’est pas exclu que le Sénat change lui aussi de couleur, même si beaucoup de sortants républicains sont dans des États très « rouges », habituellement acquis au Grand Old Party. L’épreuve s’annonce donc redoutable pour Trump.