Au moment où les candidats au baccalauréat du millésime 2008 s’apprêtent à poursuivre des études ou à rechercher un emploi, un examen des données françaises récentes montre quelle est la sanction du retard scolaire sur le marché du travail. Une année de retard par rapport à la norme, quel que soit le niveau de diplôme, se traduit par un salaire inférieur d’à peu près 9% en moyenne, pendant les premières années de carrière. Les effets sur l’insertion dans l’emploi sont encore plus marqués : une année de retard se traduit par une baisse d’environ 19% du taux d’emploi dans les cinq années qui suivent la sortie du système éducatif, soit près de douze mois de chômage de plus. Ces faits méritent un essai d’interprétation. » en lire plus
La valeur qui tisse le lien social, la confiance que l'on accorde à soi et aux autres, s'est comme évanouie chez les jeunes Français. Tel est le constat que tire une étude de comparaison internationale menée par la Fondation pour l'innovation politique sur l'attitude des 16-29 ans face à leur avenir. » en lire plus
Le mouvement étudiant actuel a de quoi interloquer. L’université française est dans un état déplorable, nul ne l’ignore. Dans le classement de Shanghai, la première université française (Paris VI) est 39e, et dans les 100 premières universités mondiales, il n’y a, d’après ce classement, que quatre universités françaises (en comptant l’ENS Ulm). Tout classement peut, bien sûr, être contesté, mais ce résultat indique néanmoins que sur la scène mondiale l’enseignement supérieur à la française a peu de visibilité et peu de reconnaissance. » en lire plus
Alors que l'Université française est, au moins peut-on l'espérer, dans une dynamique de réforme, une mesure très concrète permettrait de cumuler plusieurs avantages. Il s'agit d'augmenter massivement les droits d'inscription pour les étudiants non ressortissants de l'Union européenne. Cette mesure aurait quatre principaux avantages : augmenter les ressources de l'Université française sans alourdir les dépenses publiques ; récupérer une partie de l'épargne excédentaire des pays émergents ; attirer dans nos universités de bons étudiants ; mettre en place une incitation financière à l'offre d'un enseignement universitaire de qualité. » en lire plus
Le nouveau classement international des établissements d’enseignement supérieur établi par l’Ecole des Mines de Paris est pour le moins surprenant. Il est présenté comme un contre-classement de celui dit de Shanghaï, qui fait désormais référence. Jusqu’à maintenant, les critiques émises en France pour contester la mauvaise position des établissements nationaux portaient sur les modalités de prise en compte des performances en matière de recherche, mesurées principalement par le nombre de publications des chercheurs : surreprésentation des revues anglo-saxonnes, mauvais référencement des auteurs ou petite taille des établissements français. L’Ecole des Mines innove en remettant en cause le fondement même du classement. Elle change de thermomètre en adoptant un autre registre que l’activité de recherche, celui du devenir professionnel des anciens étudiants, mesuré à travers le seul critère des formations suivies par les PDG des 500 plus grandes entreprises mondiales en 2006. » en lire plus
Le système d’enseignement supérieur et de recherche français est dans une impasse. En quelques années, un large consensus s'est fait sur le diagnostic. L'heure de la réforme est venue et l'on ne peut que se réjouir de ce que ce soit là une des toutes premières priorités du nouveau gouvernement. Pourtant, à peine dévoilé, le projet semble en péril du fait de réticences nombreuses et des réactions que l'on redoute de la part des étudiants. Il est tentant de mettre en cause une fois de plus le conservatisme de la société française. Mais ce serait se tromper de diagnostic. Si le projet ne suscite pas l'adhésion, c’est qu'il ne répond que de manière très partielle aux défis. Tel quel, quoi qu'en disent des protestataires bien mal inspirés, le changement n'est pas assez radical : « l'autonomie » tant vantée, la taille des conseils, la sélection en master sont des pas importants mais ce ne sont que des moyens. Pour réussir, il faut se donner une ambition plus haute : construire des leaders mondiaux et réussir la démocratisation, deux objectifs qu'il est possible d'atteindre en s'en donnant les moyens.
On peut distinguer deux inspirations de la politique récente de recherche. L'une vise à améliorer la qualité de la recherche par des dispositifs qui ont fait leurs preuves à l'étranger : l'évaluation et l'incitation, pour aider les chercheurs à donner le meilleur d'eux-mêmes. L'autre, plus technocratique, veut améliorer les scores des institutions françaises dans les classements comme celui de Shanghai par de vastes regroupements, ou en décrétant des « centres d'excellence » que des moyens considérables devront conduire au meilleur niveau. Quelle est la meilleure voie ?