• 5 mars 2007

    Les déficits des candidats

    Il est rare de voir les principaux candidats d'accord sur un sujet. Or tous les trois semblent convaincus que la réduction de la dette publique est prioritaire. La Commission européenne, qui s'est érigée en gardien du temple des dettes publiques, doit se frotter les mains, mais est-ce vraiment une des priorités de la France ?

  • 28 février 2007

    Un moratoire sur l'enrichissement nucléaire pour tout le monde !

    Le prochain quinquennat pourrait mettre en œuvre une nouvelle politique de non-prolifération, qui se caractériserait par un changement substantiel dans la hiérarchie de nos priorités.

  • 26 février 2007

    A-t-on encore besoin de la rue de Valois ?

    Un ministère de la Culture est-il encore nécessaire à l'heure de l'Internet ? Il n'est pas illégitime d'en douter. Internet et la culture, ce sont en effet trois révolutions pour le prix d'une.

  • 23 février 2007

    Traitements des fonctionnaires français : la voie de la démoralisation

    Il y a quelques mois Telos publiait un texte de Touria Jaaidane et Robert Gary-Bobo sur les traitements des enseignants.  Nous republions dans le contexte que l'on sait la version intégrale de cette étude.

  • 22 février 2007

    Présidentielles : comment aider vraiment les jeunes ?

    A Villepinte, Ségolène Royal a proposé de créer un droit au premier emploi pour les jeunes, un prêt à taux zéro de 10 000 euros pour les jeunes ayant un projet, un service public de la caution, un service public d'orientation et une allocation d'autonomie pour les étudiants. Mais les modalités de cette proposition n'ont guère été précisées. Nicolas Sarkozy n'a pas fait de propositions de ce type. Il semble considérer que les mesures économiques qu'il préconise suffiront à améliorer rapidement la situation générale de l'emploi, et donc celle des jeunes. Cette vision paraît bien optimiste…

  • 20 février 2007

    Présidentielles : le chiffrage pour les nuls

    Une semaine de débat sur le chiffrage des projets des candidats n'a pas apporté beaucoup de lumière. Il se trouve même des politiques et des économistes pour en contester le principe, au nom de l'idée qu'on ne peut réduire l'ambition présidentielle à la froide logique des comptables. En France ou ailleurs, l'argument a déjà beaucoup servi, généralement comme alibi à des promesses intenables. Pourtant, il n'est pas si difficile de se donner des repères dans la jungle de chiffres. C'est au moins ce que suggère un petit kit de chiffrage pour citoyens désorientés.

  • 15 février 2007

    Royal : demandez le programme !

    Ségolène Royal avait placé la barre très haut. Après un long silence troublé par quelques déclarations approximatives, elle devait délivrer un programme articulé et exhaustif, fidèle aux orientations du PS, inspiré des débats participatifs. Autant dire une mission impossible, tant les contradictions entre ces trois orientations étaient manifestes. Pourtant, à en croire les commentateurs, elle a franchi cette redoutable épreuve avec compétence, émotion et autorité. Ségolène Royal aurait-elle gagné en un discours cette « capacité présidentielle » qui semblait lui faire défaut ? Pour en juger, il faut s'interroger sur le programme, sa réception, et son éventuelle mise en œuvre.

  • 14 février 2007

    Déficits : pour savoir ce que les candidats feraient, regardons ce que leurs prédécesseurs ont fait

    La France est récemment sortie de la procédure de déficit excessif initiée par la Commission européenne en 2003, ce qui a entraîné un concert d’auto-félicitations sur la bonne conduite des finances publiques françaises. Mais la France reste un des cancres européens en la matière. Elle a aujourd’hui le déficit public le plus élevé des pays de la zone euro (2,6% du PIB), après l’Italie, la Grèce et le Portugal. Pour 2007, les analystes projettent généralement que seuls la Grèce et le Portugal feront « pire » que la France en termes de déficit budgétaire.

  • 13 février 2007

    Pendant la campagne ne jouons pas avec les chiffres !

    Trois thèmes économiques semblent émerger des débats électoraux en France : le revenu, l'emploi et les finances publiques. Des sujets que les économistes mettraient au premier plan, comme les engagements sur les retraites non financés ou les dépenses de santé laissent le public plus indifférent, soit qu'il y ait consensus, soit que les principaux candidats ne souhaitent pas s'y appesantir. Mais il ne faut pas faire la fine bouche : les sujets débattus sont des vrais sujets de politique économique, cruciaux pour l'avenir de notre pays, et le débat est plus riche qu'en 2002. Or sa qualité dépend en partie du degré d’accord sur l'état des lieux. De ce point de vue, je crains qu'un débat creux et potentiellement dangereux sur la qualité des statistiques publiques ne rende les choses plus difficiles.

  • 12 février 2007

    Financement des universités : le tabou des frais d'inscription

    S’il est un secteur exposé à la concurrence internationale, c’est bien l’enseignement supérieur et la recherche. Or, la France consacre moins que les autres pays de l’OCDE à l’enseignement supérieur. Pour rejoindre non le groupe de tête, mais simplement la moyenne, il faudrait dégager des moyens supplémentaires à raison de 0,3% du PIB. Cet effort doit être en priorité dirigé vers les universités, parent pauvre de l’enseignement supérieur français. Un financement plus divers et une participation accrue des ménages sont seuls à même de relever ce défi. Une telle réforme n’a rien d’impossible, dès lors qu’on s’attache à comprendre les réalités économiques sur lesquelles se fondent certains tabous politiques

  • 10 février 2007

    Sortir du pessimisme social

    La mondialisation serait le péril principal, et le marché, le diable : la gauche, qui incarna longtemps l'espérance, a-t-elle fini par céder au pessimisme social ? Gérard Grunberg et Zaki Laïdi font la généalogie intellectuelle et politique de cette évolution. À rebours des idées reçues, ils mettent en évidence le fait que le marché peut aussi être mis au service de la lutte contre les inégalités et que la mondialisation constitue une chance pour quelques milliards d'individus de sortir du dénuement. La désignation de Ségolène Royal marque-t-elle une inflexion dans le rapport de la gauche au monde ? S'agit-il d'un tournant qui permettra précisément à la gauche de se doter d'une nouvelle perspective ? C'est à ce dernier point que Gérard Grunberg et Zaki Laïdi consacrent un long développement qui constitue une des toutes premières interprétations du ségolisme. Acheter le livre sur Amazon

  • 4 février 2007

    Messieurs les producteurs de coton : encore un effort!

    Le dossier du coton a pris une place très importante dans les négociations commerciales multilatérales. Le 31 avril 2003, quatre pays producteurs (Bénin, Burkina Faso, Tchad et Mali) avaient déposé une proposition jointe auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour que le soutien domestique donné par les Etats-Unis, l’Union européenne et la Chine à leurs producteurs soit éliminé et pour qu’avant prise d’effet de cette décision, ces pays reçoivent une compensation financière. Cette initiative fut beaucoup commentée, aussi bien par des institutions internationales que par des organisations non gouvernementales. D’aucuns lui attribuent un rôle important dans l’échec de la ministérielle de Cancún.

  • 30 janvier 2007

    Comment remédier à la désorientation des jeunes ?

    Aux yeux de beaucoup de jeunes engagés dans la voie professionnelle à la fin de la troisième, le système d'orientation fonctionne comme un couperet qui intervient trop précocement et de façon souvent arbitraire. Comment choisir un métier à 14 ou 15 ans ? Les jeunes se plaignent du défaut d’informations et de temps dont ils disposeraient pour faire des choix qui engagent toute leur vie. Peut-on imaginer une organisation à la fois plus efficace, plus juste et mieux adaptée à la conception moderne de la jeunesse ?

  • 25 janvier 2007

    Libérer l'université

    L'autonomie des universités n'est pas un luxe car c'est l'avenir de l'institution qui est en jeu. Sur le modèle de la séparation des pouvoirs dans l'organisation de l'Etat, une meilleure gouvernance ouvrirait la voie à une véritable démocratie universitaire, à l'opposé de la caricature qui prévaut actuellement.

  • 22 janvier 2007

    Europe : la Constitution n'est ni le problème ni la solution

    L'Europe politique repose sur un partage des tâches par lequel les Etats attribuent à l'Europe la responsabilité de la modernisation économique tout en se réservant les politiques de solidarité sociale, élément essentiel de la cohésion nationale. Or les chocs référendaires semblent indiquer que les bases politiques qui sous-tendent ce système se sont réduites. Plutôt que de se relancer le débat sur la Constitution, la question est aujourd’hui de rapprocher l'Europe de ses citoyens. Cela exige la définition d'une voie permettant d'afficher ses ambitions en matière sociale et de montrer qu’elle n'entend pas éroder les systèmes nationaux de protection.

  • 17 janvier 2007

    Comment mettre fin au cumul des mandats

    Le cumul doit disparaître mais le moment est venu de préciser lequel, comment, avec quelles conséquences et quel corollaire.

  • 11 janvier 2007

    Le conformisme des protectionnistes

    La question du protectionnisme revient en force dans le débat public. Certains y voient un « protectionnisme électoral » qui « masque l'impuissance du politique » en matière d'emploi, pour reprendre les expressions de Patrick Artus, Elie Cohen et Jean Pisani-Ferry, ou Philippe Martin. D'autres au contraire, comme Emmanuel Todd, privilégient l'invective à la rigueur et prônent un nouveau protectionnisme européen, à partir d’un argumentaire linéaire : la société française devient inégalitaire parce qu'elle est ouverte à tous vents. Pour restaurer la cohésion sociale il faudrait donc rétablir les frontières entre grands ensembles régionaux, l'Union européenne constituant l'un de ces ensembles. Ces « écluses » permettraient de rendre les produits européens compétitifs, de relocaliser en Europe les emplois et d'échapper à la logique déflationniste de la mise en concurrence avec les masses de travailleurs chinois, indiens ou brésiliens.

  • 8 janvier 2007

    Comment changer quelque chose à la politique monétaire ?

    Les déclarations des politiques français de tout bord se sont multipliées au cours du mois de décembre pour fustiger l'euro fort et la rigidité de l'objectif de stabilité des prix de la BCE. Ces déclarations sont généralement accueillies avec un certain dédain par la communauté d'experts en politique monétaire : puisque la BCE est indépendante, les politiques parlent mais le train de la BCE continue son chemin.

  • 5 janvier 2007

    Droit au logement : attention aux fausses bonnes idées

    Le droit au logement opposable est revenu d'actualité. Ses contours sont encore mal définis mais il implique d’imposer à l'Etat ou aux collectivités locales le principe de la loi de juillet 1989 selon laquelle le droit au logement est un droit fondamental. Etre privé d'emploi est terrible, être sans logement est pire. Mais faut-il une loi nouvelle pour remédier à l'exclusion ?

  • 12 décembre 2006

    Soumettre la BCE : une proposition sans avenir, mais pas sans conséquences

    En lançant le 7 décembre qu'il fallait soumettre la Banque centrale européenne « à des décisions politiques, bien sûr celles de l'Eurogroupe, mais aussi celles du Conseil européen », Ségolène Royal a repris, un ton au-dessus, une antienne familière. Déjà, le 22 juin, Nicolas Sarkozy déclarait qu'il était « urgent que soit créé un véritable gouvernement économique de la zone euro et que soient rediscutés le statut et les objectifs de la BCE ». On pourrait multiplier les citations : sur ce sujet, droite et gauche ne se distinguent pas l'une de l'autre.